Sommaire de l’annexe

Présentation
Le chapitre Ier comprend :
- les retards mentaux avec ou sans difficultés du
comportement ;
- les déficiences de la mémoire et de la pensée.
Ces deux points sont organisés en deux sections, l’une
concernant les enfants et adolescents, l’autre les adultes ;
- les épilepsies qui sont traitées dans la troisième section.
Le chapitre II concerne les troubles psychiques.
Il est organisé également en deux sections, l’une
concernant les enfants et adolescents, l’autre les adultes.
L’expert se référera selon sa formation
(neurologue, pédiatre ou psychiatre...) et selon l’affection
que présente la personne handicapée, à l’un
ou l’autre chapitre. Toutefois, pour fixer le taux
d’incapacité, l’expert ne pourra cumuler le taux
obtenu dans le premier chapitre et celui obtenu dans le deuxième
chapitre car si les exemples diffèrent, le lecteur peut
constater que la démarche évaluative est tout à
fait comparable.
En effet, ce qui doit être mesuré ici, ce sont les
incapacités dans la vie familiale, scolaire ou
professionnelle, quel que soit le diagnostic médical qui
conduit à cet état de fait.
Le diagnostic médical est en effet important pour prévoir
l’évolution (donc les éventuelles améliorations
ou aggravations et ainsi les réexamens par les commissions
compétentes) et la nature de la prise en charge, il n’est
en règle générale que d’une utilité
limitée dans la fixation du taux d’incapacité,
sauf à ce qu’à lui seul il témoigne
d’incapacités d’emblée très importantes.
Introduction générale au guide-barème
Introduite par le décret n° 2007-1574 du 6 novembre 2007
Le présent guide-barème a pour objet de permettre la
détermination d’un taux d’incapacité, pour
l’application de la législation applicable en matière
d’avantages sociaux aux personnes atteintes d’un handicap(1)
tel que défini à l’article L. 114 du code
de l’action sociale et des familles “Constitue un
handicap, au sens de la présente loi, toute limitation
d’activité ou restriction de participation à la
vie en société subie dans son environnement par une
personne en raison d’une altération substantielle,
durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions
physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un
polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant”.
Ce guide-barème vise à permettre aux utilisateurs de
fixer le taux d’incapacité d’une personne quel que
soit son âge à partir de l’analyse de ses
déficiences et de leurs conséquences dans sa vie
quotidienne et non sur la seule nature médicale de l’affection
qui en est l’origine.
La détermination du taux d’incapacité s’appuie
sur une analyse des interactions entre trois dimensions :
Déficience : c’est-à-dire toute perte de
substance ou altération d’une structure ou fonction
psychologique, physiologique ou anatomique. La déficience
correspond à l’aspect lésionnel et équivaut,
dans la définition du handicap, à la notion
d’altération de fonction.
Incapacité : c’est-à-dire toute réduction
résultant d’une déficience, partielle ou totale,
de la capacité d’accomplir une activité d’une
façon ou dans les limites considérées comme
normales pour un être humain. L’incapacité
correspond à l’aspect fonctionnel dans toutes ses
composantes physiques ou psychiques et équivaut, dans la
définition du handicap, à la notion de limitation
d’activité,
Désavantage : c’est-à-dire les limitations
(voire l’impossibilité) de l’accomplissement d’un
rôle social normal en rapport avec l’âge, le sexe,
les facteurs sociaux et culturels. Le désavantage (et donc la
situation concrète de handicap) résulte de
l’interaction entre la personne porteuse de déficiences
et/ou d’incapacités et son environnement.
Ces trois dimensions sont étroitement liées, mais, pour
autant, leur intensité respective n’est pas
nécessairement comparable et peut varier considérablement
d’une personne à l’autre, y compris lorsque le
handicap est lié à une même origine ou une même
pathologie. De même, elles peuvent évoluer différemment
dans le temps.
En effet, le diagnostic ne permet pas, à lui seul, une
évaluation du handicap, celui-ci variant avec le stade
évolutif, les thérapeutiques mises en œuvre, en
fonction de l’interaction de la personne avec son
environnement.
Toutefois, les éléments de diagnostic, bien
qu’insuffisants à eux seuls pour rendre compte des
conséquences de l’état de santé dans la
vie quotidienne de la personne, sont néanmoins utiles pour la
connaissance de la situation et permettent notamment d’apporter
des indications sur l’évolutivité et le pronostic
de l’état de la personne.
Le guide-barème comprend huit chapitres, correspondant chacun
à un type de déficiences :
- I. - Déficiences intellectuelles et difficultés de comportement.
- II. - Déficiences du psychisme.
- III. - Déficiences de l’audition.
- IV. - Déficiences du langage et de la parole.
- V. - Déficiences de la vision.
- VI. - Déficiences viscérales et générales.
- VII. - Déficiences de l’appareil locomoteur.
- VIII. - Déficiences esthétiques.
Le guide-barème ne fixe pas de taux d’incapacité
précis. En revanche, le guide-barème indique des
fourchettes de taux d’incapacité, identifiant suivant
les chapitres, trois à cinq degrés de sévérité
(en général 4) :
- forme légère : taux de 1 à 15 % ;
- forme modérée : taux de 20 à 45 % ;
- forme importante : taux de 50 à 75 % ;
- forme sévère ou majeure : taux de 80 à 95 %.
Il convient de rappeler que les seuils de 50 % et de 80 %, s’ils
sont atteints, peuvent ouvrir droit à divers avantages ou
prestations.
Un taux de 50 % correspond à des troubles importants
entraînant une gêne notable dans la vie sociale de la
personne. L’entrave peut soit être concrètement
repérée dans la vie de la personne, soit compensée
afin que cette vie sociale soit préservée, mais au prix
d’efforts importants ou de la mobilisation d’une
compensation spécifique. Toutefois, l’autonomie est
conservée pour les actes élémentaires de la vie
quotidienne.
Un taux d’au moins 80 % correspond à des troubles graves
entraînant une entrave majeure dans la vie quotidienne de la
personne avec une atteinte de son autonomie individuelle. Cette
autonomie individuelle est définie comme l’ensemble des
actions que doit mettre en œuvre une personne, vis-à-vis
d’elle-même, dans la vie quotidienne. Dès lors
qu’elle doit être aidée totalement ou
partiellement, ou surveillée dans leur accomplissement, ou ne
les assure qu’avec les plus grandes difficultés, le taux
de 80 % est atteint. C’est également le cas lorsqu’il
y a déficience sévère avec abolition d’une
fonction.
Les actes de la vie quotidienne, parfois qualifiés
d’élémentaires ou d’essentiels, sont
mentionnés dans les différents chapitres et portent
notamment sur les activités suivantes :
- se comporter de façon logique et sensée ;
- se repérer dans le temps et les lieux ;
- assurer son hygiène corporelle ;
- s’habiller et se déshabiller de façon adaptée ;
- manger des aliments préparés ;
- assumer l’hygiène de l’élimination
urinaire et fécale ;
- effectuer les mouvements (se lever, s’asseoir, se coucher) et
les déplacements (au moins à l’intérieur
d’un logement).
Le taux de 100 % est réservé aux incapacités
totales comme par exemple dans le cas d’un état
végétatif ou d’un coma.
L’approche évaluative en vue de la détermination
du taux d’incapacité doit être :
- individualisée : en effet, certaines déficiences
graves entraînent des incapacités modérées.
À l’inverse, des déficiences modérées
peuvent du fait de l’existence d’autres troubles, par
exemple d’une vulnérabilité psychique notable,
avoir des conséquences lourdes. De même, des déficiences
bien compensées par un traitement (de quelque nature qu’il
soit) peuvent entraîner des désavantages majeurs dans
l’insertion sociale, scolaire ou professionnelle de la
personne, notamment du fait des contraintes liées à ce
traitement ;
- globale : même si le repérage des différentes
déficiences est nécessaire, en revanche pour la
détermination du taux d’incapacité, les taux
mentionnés dans les différents chapitres ne s’ajoutent
pas de façon arithmétique sauf précision
contraire indiquée dans le chapitre correspondant.
Pour ce qui concerne les jeunes, l’analyse doit en outre
prendre en compte les particularités liées au fait que
l’enfance et l’adolescence sont des phases de
développement. C’est ainsi que, dans certains cas, même
si les déficiences n’ont pas encore un impact direct sur
les incapacités ou désavantages immédiats, elles
peuvent entraver le développement à terme. Les mesures
alors mises en œuvre pour éviter une telle évolution
ou permettre l’apprentissage précoce de compensations
diverses peuvent avoir un impact très important sur la vie du
jeune et de son entourage proche (en général familial)
qui peut également supporter des contraintes de ce fait. Il y
aura donc lieu d’en tenir compte dans l’analyse.
Il n’est pas nécessaire que la situation médicale
de la personne soit stabilisée pour déterminer un taux
d’incapacité. La durée prévisible des
conséquences doit cependant être au moins égale à
un an pour déterminer le taux.
(1) Certaines décisions prises par la commission prévue
à l’article L. 241-5 du code de l’action sociale
et des familles, outre la reconnaissance d’un taux d’incapacité
fixé réglementairement, nécessitent que d’autres
conditions soient remplies. Celles-ci font éventuellement
l’objet d’outils d’aide à la décision
différents du présent guide-barème. »
Chapitre Ier
Déficiences intellectuelles et difficultés de comportement
Chez l’enfant comme chez l’adulte, le retard mental peut
être isolé ou associé à des difficultés
du comportement dont les manifestations sont diverses. Il conviendra
de fixer le taux d’incapacité de façon globale,
même si la démarche proposée conduit dans un
premier temps à analyser séparément différents
critères.
Le retard mental apparaît bien souvent dès la prime
enfance, ou dans l’enfance, que la cause ait été
mise en évidence ou non, qu’elle soit génétique,
périnatale, ou autre... Mais la déficience
intellectuelle peut également apparaître plus
tardivement à l’adolescence, voire à l’âge
adulte. C’est notamment le cas pour les traumatismes crâniens.
Enfin, ce chapitre ne saurait exclure les déficiences
intellectuelles de l’adulte vieillissant, qui peuvent
apparaître plus ou moins précocement.
Pour chacune de ces situations, l’expert aura la même
démarche, c’est-à-dire, après avoir fait
un examen lui permettant de porter autant que faire se peut un
diagnostic étiologique, il complétera son analyse par
une recherche des incapacités de la personne en se référant
à une personne du même âge.
En ce qui concerne les très jeunes enfants, dans les premières
années de vie, il s’attachera certes à repérer
les incapacités de l’enfant par rapport à ses
congénères, mais il prendra aussi en compte les
contraintes qui pèsent sur la famille pour favoriser le
développement psychomoteur de cet enfant et permettre sa
socialisation.
Enfin toute évaluation doit être accompagnée d’un
examen somatique permettant de repérer les déficiences
associées notamment auditives, visuelles, motrices... afin de
les prendre en compte.
Section 1
Déficiences intellectuelles et difficultés de
comportement de l’enfant et de l’adolescent
Un guide d’évaluation concernant spécifiquement
la déficience intellectuelle et les difficultés du
comportement de l’enfant et de l’adolescent a été
établi. Il comporte un exposé de repères
méthodologiques simples.
Ce guide ne se substitue pas au travail préalable des
praticiens qui doivent apprécier les mécanismes de la
déficience, les éléments dynamiques interactifs
familiaux et sociaux, les facteurs étiologiques éventuels.
L’ensemble de ce travail évaluatif conduit chaque
praticien à une synthèse lui permettant de proposer un
diagnostic, qui éclaire l’évolutivité, le
pronostic, les possibilités thérapeutiques, la
compétence à l’égard de la scolarité
(éventuellement aménagée ou aidée) et
également la fréquence souhaitable pour le réexamen
des dossiers.
En l’espèce, il s’agit d’apprécier
l’importance des incapacités et le surcroît de
charges éducatives qui y sont liées au moment précis
où est effectuée l’évaluation.
Cependant, la mise en évidence d’une anomalie
chromosomique autosomique (trisomie ou monosomie) de l’enfant
(par exemple dans le cadre des examens médicaux de la première
semaine, du neuvième et du vingt-quatrième mois) signe
d’emblée une déficience intellectuelle plus ou
moins importante, souvent associée à des difficultés
du comportement. Aussi ils justifient, dès le diagnostic posé,
de l’attribution d’un taux égal à 80 %,
quelque soit l’âge de l’enfant.
Les anomalies concernant les chromosomes sexuels peuvent, elles,
s’accompagner, mais de façon inconstante, d’une
déficience mentale. Elles entraînent très souvent
des difficultés du comportement. Aussi elles justifient
l’attribution d’un taux au moins égal à 50 %.
Selon le bilan effectué, ce taux pourra atteindre 80 % dans
certains cas (retard mental avéré, difficultés
du comportement importantes...).
Il importera de tenir compte de la permanence de l’aide
éducative pour maintenir l’autonomie de l’enfant
au niveau acquis et pour réaliser des progrès au-delà.
Ainsi on peut déterminer trois classes de taux d’incapacité :
- taux inférieur à 50 % : incapacité modérée
n’entraînant pas d’entrave notable dans la vie
quotidienne de l’enfant ou de celle de sa famille ;
- taux compris entre 50 % et 80 % : incapacité importante
entraînant une entrave notable dans la vie quotidienne de
l’enfant et de sa famille ;
- taux égal ou supérieur à 80 % : incapacité
majeure, entraînant une entrave majeure dans la vie quotidienne
de l’enfant et de celle de sa famille.
A. Registres d’évaluation
L’incapacité de l’enfant ainsi que le surcroît
de charges éducatives sont appréciés dans chacun
de ces registres.
1. Conscience et capacités intellectuelles
- Conscience de soi : capacité à construire ou à
maintenir une représentation de l’identité du
corps ainsi que sa continuité dans le temps.
- Schéma corporel et capacité d’orientation dans le
temps et l’espace.
- Capacité générale à acquérir des
connaissances et des compétences, appréciation clinique
et psychométrique.
2. Capacité relationnelle et comportement
- Avec les membres de la famille ;
- avec d’autres enfants ou adultes de l’entourage.
On appréciera notamment :
- la capacité à nouer des relations dans des situations
de jeu et d’apprentissage ;
- la capacité d’adaptation au milieu habituel et à
des situations nouvelles.
3. La communication
Concerne la capacité de l’enfant de produire et
d’émettre des messages ainsi que de recevoir et de
comprendre les messages.
On examinera les points suivants :
- compréhension du langage de l’entourage ;
- capacité d’expression non verbale : mimique,
gestuelle ;
- capacité d’expression orale ;
- capacité concernant l’expression écrite :
écriture, lecture.
4. Conduites et actes élémentaires dans la vie quotidienne
Il s’agit d’apprécier là l’autonomie dans :
- l’alimentation ;
- la toilette ;
- l’acquisition de la propreté ;
- le sommeil.
5. Capacité générale d’autonomie et de socialisation
Dans la vie familiale : participation aux activités
domestiques, interférence avec les activités des autres
membres de la famille.
Hors de la vie familiale :
- capacité de se déplacer (ne vise pas uniquement les
capacités locomotrices, mais exploite aussi la capacité
à se déplacer seul, à prendre les transports en
commun) ;
- capacité d’assurer sa sécurité
personnelle, dans les situations ordinaires de l’existence ;
- possibilité d’intégration dans les lieux
habituels de l’enfance : crèche, halte-garderie,
école, centre aéré, etc.
B. Autres éléments d’appréciation
Complémentaires de l’étude analytique des
incapacités résultant des atteintes des grandes
fonctions psychiques, ils permettent au médecin expert de
porter une appréciation globale, cotée, selon les trois
niveaux de sévérité déterminés
ci-dessus.
- Le diagnostic : il sera indiqué en référence
à une classification des maladies reconnue nationale ou
internationale.
- L’âge où la déficience est intervenue, son
ancienneté, son évolutivité, les possibilités
thérapeutiques, les soins entrepris, leur lourdeur, la
fréquence des éventuelles hospitalisations.
- La présence d’autres atteintes fonctionnelles.
Section 2
Déficiences intellectuelles et difficultés de
comportement de l’adulte
La déficience intellectuelle s’apprécie en
fonction de critères principaux et de critères
secondaires.
Chaque critère situe le niveau du handicap ; il ne
constitue pas, en lui-même, un élément suffisant
pour fixer le taux d’incapacité ; il doit
s’intégrer dans un ensemble symptomatique.
Cependant, la multiplicité des troubles présentés
par le sujet peut constituer un indice de gravité
supplémentaire (situant le taux à l’extrémité
supérieure de la fourchette).
I. - Critères principaux
Les déficiences intellectuelles comprennent celles de
l’intelligence, de la mémoire et de la pensée.
Ces déficiences et les difficultés du comportement qui
l’accompagnent le plus souvent entraînent une altération
de l’autonomie.
Les actes de la vie quotidienne auxquels il sera fait référence,
appréciés en fonction de l’aide et/ou de
l’incitation extérieures, sont :
- la toilette ;
- l’habillement ;
- les courses ;
- la cuisine ;
- les déplacements locaux.
L’autonomie intellectuelle s’appréciera en
fonction des critères qui suivent.
La personne ayant une déficience intellectuelle peut-elle :
- comprendre ?
- se faire comprendre ?
- prendre des initiatives adaptées ?
- mettre à exécution et réaliser ces initiatives ?
- peut-elle ou pourrait-elle gérer seule sa propre existence ?
- peut-elle ou pourrait-elle vivre seule ?
L’acquisition des notions de lecture, de calcul et d’écriture
ainsi que l’insertion socioprofessionnelle possible en milieu
ordinaire ne suffisent pas à déterminer le degré
de déficience globale.
En tout état de cause, le repérage de la déficience
intellectuelle ne saurait s’effectuer uniquement sur des tests
psychométriques et encore moins sur un seul d’entre eux.
L’observation continue, l’usage de plusieurs types de
tests psychométriques (tests verbaux et de performance,
échelles de capacités sociales...) doivent être
conjugués avec des entretiens et des tests de personnalité
dès lors que l’on cherche à faire leur juste
place aux différents axes des fonctions cognitives :
déficiences de logique, mémorisation, perception,
communication, intérêt, attention.
On attribuera un taux inférieur à 50 % lorsque la
personne présente des difficultés de conceptualisation
et d’abstraction mais avec une adaptation possible à la
vie courante sans soutien particulier.
On attribuera un taux compris entre 50 % et 75 % lorsque la personne
est en mesure d’acquérir des aptitudes pratiques de la
vie courante. Son insertion est possible en milieu ordinaire mais sa
personnalité est fragile, instable, en situation de
précarisation permanente, nécessitant un soutien
approprié.
C’est le cas d’une personne ayant un retard mental léger.
On attribuera un taux au moins égal à 80 % lorsque la
personne a besoin d’être sollicitée, aidée
et/ou surveillée. Son insertion socioprofessionnelle est
considérée comme possible en milieu protégé
ou en milieu ordinaire avec des soutiens importants.
C’est le cas d’une personne ayant un retard mental moyen.
On attribuera un taux de plus de 90 % lorsque la personne aurait sa
vie en danger sans l’assistance permanente d’une tierce
personne ; son insertion socioprofessionnelle est considérée
comme quasi impossible, même en milieu protégé ;
son langage et son autonomie sont très faibles.
II. - Critères secondaires
Ils permettent de moduler les taux à l’intérieur
des fourchettes définies par les critères principaux.
On prendra en compte :
- le retentissement relationnel sur la vie sociale, la déficience
pouvant être acceptée par l’entourage ou, à
l’opposé, entraîner un isolement, une
marginalisation ou une dépendance totale ;
- les relations avec le milieu professionnel, depuis la gêne au
travail, mais la personne est tolérée par le milieu
professionnel, jusqu’à l’inaptitude à tout travail.
Section 3
Épilepsie (déficiences liées à l’épilepsie)
Toutes les épilepsies ne sont pas des handicaps. Les
épilepsies dont les crises sont bien contrôlées
par le traitement et sans trouble associé ne constituent pas
un handicap. À l’opposé, toute épilepsie active
constitue un handicap. Ce handicap est en rapport avec :
- les crises (caractérisées par leur fréquence
et leur gravité), le retentissement du traitement, dont les
effets secondaires peuvent être majeurs.
- les déficiences pouvant être associées aux
épilepsies : retard mental, déficience du
psychisme, déficience de l’appareil locomoteur,
déficience du langage et de la parole, déficience
viscérale et générale.
La présente section ne prend en compte que le facteur crise.
Les déficiences en rapport avec les troubles associés
seront appréciées en fonction des sections ou chapitres
spécifiques à chaque déficience. Ils donneront
lieu, le cas échéant, à une majoration des taux
d’incapacité.
Niveau I : déficience légère, 0 à 15 % :
- crise avec chute et/ou perte de connaissance rare (de une à
onze par an) ou absences mensuelles sans retentissement scolaire et
professionnel.
Niveau II : déficience modérée, 20 à 45 % :
- crises avec chutes et/ou perte de connaissance (au moins une par
mois) ou absences (au moins une par semaine), aménagements
scolaires et professionnels mais en milieu normal.
Niveau III : déficience importante, 50 à 75 % :
- crises avec chutes et/ou perte de connaissance (au moins une par
semaine) ou absences (au moins une par jour).
Pas d’insertion scolaire ou professionnelle en milieu normal
possible sauf si accompagnement soutenu.
Niveau IV : déficience sévère, supérieure à 80 % :
- crises avec chutes et/ou perte de connaissance (au moins une par jour).
Pas d’activité scolaire ou professionnelle possible,
même en milieu protégé et/ou perte d’autonomie
psychosociale.
Chapitre II
Déficiences du psychisme
Section 1
Déficiences psychiques de l’enfant et de l’adolescent
Ce guide ne se substitue bien évidemment pas au travail
préalable des praticiens qui doivent apprécier les
mécanismes psycho-pathologiques, les éléments
dynamiques interactifs familiaux et sociaux, les facteurs
étiologiques éventuels. L’ensemble de ce travail
évaluatif conduit chaque praticien à une synthèse
lui permettant de proposer un diagnostic, qui éclaire
l’évolutivité, le pronostic, les possibilités
thérapeutiques et éducatives et également la
fréquence souhaitable pour le réexamen des dossiers.
Dans une approche globale, visant à décrire au mieux la
situation de chaque enfant, les conséquences et limitations
qu’imposent certains processus morbides doivent également
être étudiées, en référence à
l’apport méthodologique de la classification
internationale des handicaps, notamment l’identification de
plans d’expérience de santé et leurs interactions
qui seront précisés par circulaire.
En l’espèce, il s’agit d’apprécier
l’importance des capacités liées aux atteintes
des grandes fonctions neuropsychiques, et le surcroît de
charges éducatives qui y sont liées au moment précis
où est effectuée l’évaluation. Il
importera de tenir compte de la permanence de l’aide éducative
pour maintenir l’autonomie de l’enfant au niveau acquis
et pour réaliser les progrès au-delà.
La démarche consiste à examiner pour chaque enfant, en
référence au développement d’un enfant du
même âge, un ensemble d’items de valeur différente,
qui se situent dans plusieurs registres ; cet ensemble éclairé
par des éléments non chiffrés (le diagnostic,
l’évolutivité) aboutit à un indice
synthétique qui permet d’attribuer à l’enfant
un taux d’incapacité :
- inférieur à 50 % : incapacité modérée,
n’entraînant pas d’entrave notable dans la vie
quotidienne du sujet ou celle de sa famille.
- de 50 à 80 % : incapacité importante, entraînant
une gêne notable dans la vie quotidienne du sujet ou celle de
sa famille.
- égal ou supérieur à 80 % : incapacité
majeure, entraînant une entrave majeure dans la vie quotidienne
du sujet et de celle de sa famille.
L’âge de seize ans est l’âge minimum d’entrée
dans le monde du travail : les incapacités et
désavantages dans le champ professionnel ajoutent une nouvelle
perspective dans la détermination de ce qui est à
compenser. Aussi, suivant les cas, il peut être plus opportun
de se reporter au guide-barème établi pour les
atteintes neuropsychiques des adultes.
A. - Registres d’évaluation
Explorant les incapacités liées aux atteintes des
grandes fonctions neuropsychiques ainsi que le surcroît de
charges éducatives, ces repères donnent lieu à
une appréciation codée (et non cotée).
1. Conscience et capacités intellectuelles
- Conscience de soi : capacité à construire ou à
maintenir une représentation de l’identité du
corps ainsi que sa continuité dans le temps.
- Schéma corporel et capacité d’orientation dans le
temps et l’espace.
- Capacité de discerner les dangers.
- Capacité générale à manifester de la
curiosité et de l’intérêt pour le milieu environnant.
- Capacité à jouer seul de manière créatrice :
activité de faire semblant ou utilisation dans le jeu d’un
objet pour autre chose que sa destination usuelle.
- Capacité générale d’acquérir des
connaissances et des compétences et de les généraliser.
Les capacités intellectuelles seront appréciées
grâce à différents tests cliniques, l’usage
de plusieurs types de tests psychométriques (tests verbaux et
de performance), échelles de capacité sociale...
conjugués avec des entretiens et des tests de la personnalité.
2. Capacité relationnelle et comportement
- Avec les membres de la famille ;
- avec d’autres enfants ou adultes de l’entourage.
On appréciera notamment :
- la capacité à nouer des relations dans des situations
de jeu et d’apprentissage ;
- la capacité d’adaptation au milieu habituel, et à
des situations nouvelles ;
- certaines difficultés particulières de comportement
(stéréotypie, hyperactivité...) qui perturbent
les relations avec l’entourage.
3. La communication
Concerne la capacité de l’enfant de produire et
d’émettre des messages et de recevoir et de comprendre
les messages.
On examinera les points suivants :
- compréhension du langage de l’entourage ;
- capacité d’expression non verbale à des fins de
communication, mimique, gestuelle ;
- capacité d’expression verbale à des fins de
communication : capacité à manifester une
curiosité en posant des questions (non stéréotypées)
et à répondre à des questions de manière
adaptée (faculté de dépasser l’écholalie) ;
- capacité concernant l’expression écrite :
écriture, lecture.
4. Conduites et actes élémentaires dans la vie quotidienne
Il s’agit d’apprécier là l’autonomie
en fonction de l’aide ou de l’incitation extérieure dans :
- l’alimentation ;
- la toilette ;
- l’acquisition de la propreté ;
- le sommeil.
5. Capacité générale d’autonomie et de socialisation
Dans la vie familiale : participation aux activités
domestiques, interférence avec les activités des autres
membres de la famille.
Hors de la vie familiale :
- capacité de se déplacer (ne vise pas uniquement les
capacités locomotrices, mais explore aussi la capacité
à se déplacer seul, à prendre les transports en commun) ;
- capacité d’assurer sa sécurité
personnelle, dans les situations ordinaires de l’existence ;
- capacité d’intégration dans les lieux habituels
de l’enfance : crèche, halte-garderie, école,
centre aéré, etc.
B. - Autres éléments d’appréciation
Complémentaires de l’étude analytique des
incapacités résultant des atteintes des grandes
fonctions psychiques, ils permettent au médecin expert de
porter une appréciation globale, cotée, selon les trois
niveaux de sévérité déterminés ci-dessus.
- Le diagnostic : il sera indiqué en référence
à une classification des maladies reconnue, nationale ou internationale.
- L’âge de survenue des troubles, leur ancienneté,
leur évolutivité.
- Les possibilités thérapeutiques, les soins entrepris,
leur lourdeur, la fréquence des éventuelles hospitalisations.
- La présence d’autres atteintes fonctionnelles.
La multiplicité des troubles ou l’incidence multiple
d’un seul trouble sévère présentés
par le sujet pourra, en elle-même, constituer un indice de
gravité supplémentaire. Pour une personne donnée,
ayant repéré l’ensemble des atteintes qui peuvent
ressortir à des chapitres différents, il importe d’en
apprécier le taux global. Toutefois, on sera attentif à
ne pas cumuler deux items semblables présents dans deux
chapitres différents (cf. le chapitre Déficiences du
langage et de la parole) ou de ne pas cumuler le taux qui résulterait
de l’évaluation portée en référence
au chapitre I, section 1, et celui porté en référence
à cette section.
Section 2
Déficiences psychiques de l’adulte
La classification internationale des maladies de l’Organisation
mondiale de la santé doit être considérée
par l’expert comme un outil de base. Il s’y reportera
pour la conformité de ses conclusions diagnostiques. Cependant
le diagnostic psychiatrique ne permet pas de mesurer les capacités
d’une personne ou ses incapacités dans la vie familiale
sociale ou professionnelle. Aussi l’expert s’attachera-t-il
à compléter l’examen clinique qui le conduit au
diagnostic par une évaluation psychosociale. Ce n’est
pas la maladie psychiatrique qui donne lieu à l’attribution
d’un taux d’incapacité mais les limites qu’elle
suscite dans la vie quotidienne.
L’évaluation psychosociale s’appuiera sur un
certain nombre de critères qui seront précisés plus loin.
Le taux d’incapacité sera fixé en tenant compte
de ces critères.
Inversement si chaque critère situe le niveau de handicap,
aucun ne constitue en lui-même un élément
suffisant pour fixer le taux d’incapacité : il doit
s’intégrer dans un ensemble symptomatique psychiatrique.
Si les critères ont été énumérés
avec une certaine précision, il ne s’agit pas de
chercher à coter chacun d’entre eux de façon
précise et d’apprécier selon une règle
mathématique le taux global qui en résulte mais cette
énumération permet d’orienter l’expert
lorsqu’il est amené à fixer le taux d’incapacité.
Un seul de ces troubles défini dans ce chapitre peut justifier
à lui seul un taux d’incapacité important dès
lors qu’il grève largement les capacités de la
personne dans sa vie sociofamiliale ou professionnelle.
De la même façon, plusieurs troubles relativement
modérés peuvent, par un effet cumulatif, retentir de
façon importante dans la vie sociofamiliale et professionnelle
et justifier de l’attribution d’un taux important :
la multiplicité des troubles présentés par le
sujet constitue un indice d’incapacité supplémentaire.
Pour chaque critère, les exemples permettent de retrouver
l’expression de telle ou telle affection psychiatrique
Le médecin expert appréciera globalement l’incapacité
en fonction de l’ensemble des troubles psychiques présentés par le sujet.
Il tiendra compte également des déficiences
éventuellement associées : visuelles, auditives,
motrices, viscérales et métaboliques... qui,
lorsqu’elles existent, augmentent le taux d’incapacité.
Enfin, il importera de tenir compte des aménagements parfois
importants que doivent prendre les familles, l’environnement
immédiat, ou le milieu de travail pour garder à la
personne un équilibre précaire, ou une autonomie
fragile ; ainsi une personne dont la vie en milieu ordinaire
n’est possible que grâce à un étayage
important des proches justifie d’un taux au moins égal à 50 %.
Les experts ont également souhaité que les fourchettes
ne commencent qu’à 20 % afin de tenir compte des
variations de la normale. De fait, soit la personne présente
des troubles psychiatriques repérés par un médecin,
alors elle peut justifier d’un taux d’au moins 20 %, soit
elle présente des troubles mineurs qui ne peuvent s’intégrer
dans un ensemble psychiatrique, troubles considérés
comme des variations de la normale, ils ne justifient pas alors de
l’attribution d’un taux.
Ainsi, l’expert déterminera si la personne présente
des troubles psychiques justifiant d’un taux d’incapacité
compris entre 20 et 45 % : la personne présente des
troubles psychiatriques mais qui restent compensés avec ou
sans traitement chimiothérapique ou psychothérapique,
qui permettent une vie familiale et professionnelle assumée seule.
Lorsque l’affection psychiatrique nécessite un
aménagement de la vie familiale ou/et de la vie
professionnelle avec des sollicitations plus ou moins importantes de
l’entourage, le taux attribué sera compris entre 50 % et 75 %.
Enfin, lorsque la personne ne peut vivre ou travailler en milieu
ordinaire que grâce à une sollicitation importante de
l’entourage ou qu’une faible et peu durable activité
spontanée n’est constatée, le taux attribué
sera compris entre 80 % et 95 %.
I. - Principaux critères de déficience pris en compte
- Troubles de la volition.
- Troubles de la pensée.
- Troubles de la perception.
- Troubles de la communication.
- Troubles du comportement.
- Troubles de l’humeur.
- Troubles de la conscience et de la vigilance.
- Troubles intellectuels.
- Troubles de la vie émotionnelle et affective.
- Expression somatique des troubles psychiatriques.
Nota. - Les actes élémentaires de la vie quotidienne
auxquels il sera fait référence dans le texte sont :
- la toilette ;
- l’habillement ;
- les courses ;
- la cuisine ;
- les déplacements locaux ou sur trajet connu.
II. - Critères secondaires
Ils permettent de moduler les taux :
- retentissement relationnel ;
- hospitalisations (récentes, prolongées, répétées) ;
- âge du patient, ancienneté de la maladie ;
- traitement.
I. - Critères principaux de déficience
1. Troubles de la volition
Comprend :
- apragmatisme ;
- négativisme ;
- compulsions obsessionnelles ;
- ambivalence ;
- inhibition.
a) Compensé : vie quotidienne et socioprofessionnelle
assumées seul mais pour le reste activité très
pauvre (taux : 20 à 45 %).
b) Non compensé : autonomie pour les actes de la vie
quotidienne, mais travail en milieu ou en emploi protégé
ou aménagé. Activité quasi inexistante par
ailleurs (taux : 50 à 75 %).
c) Faible ou très faible activité spontanée
durable, clinophilie, ne sort plus, actes élémentaires
sur incitation forte (taux : 80 à 95 %).
2. Troubles de la pensée (cours et contenu)
Comprend :
- idées obsessionnelles ;
- fuite ou incohérence des idées ;
- lenteur de la pensée ;
- radotage ;
- appauvrissement de la pensée ;
- délire.
a) Compensé : compatible avec la vie quotidienne et
l’activité professionnelle malgré des troubles de
la pensée ou de la cohérence du discours (taux :
20 à 45 %).
b) Non compensé : vie quotidienne conservée, gêne
à l’adaptation socioprofessionnelle, troubles notables
du cours de la pensée et de la cohérence du discours
(taux : 50 à 75 %).
c) Troubles graves et fréquents de la pensée
compromettant la communication ; délire envahissant ou
confinant à l’isolement, réduction pouvant aller
jusqu’à la suppression du contact avec la réalité
(taux : 80 à 95 %).
3. Troubles de la perception
Comprend :
- illusions ;
- hallucinations ;
- déréalisation.
a) Compensé : compatible avec la vie quotidienne et
socioprofessionnelle (taux : 20 à 45 %).
b) Non compensé : perturbation dans la vie
socioprofessionnelle mais maintien de la vie quotidienne (taux :
50 à 75 %).
c) Envahissement de la conscience avec ou sans moments de retour dans
la réalité ou entravant la vie quotidienne (taux :
80 à 95 %).
4. Troubles de la communication (langage)
Voir également le chapitre Troubles de la parole (aphasie).
Comprend :
- troubles de la forme, du contenu du langage et de l’expression gestuelle :
- logorrhée ;
- préciosité ;
- coq-à-l’âne ;
- néologismes ;
- écholalie ;
- discordance, parasitisme, mimique, stéréotypies
gestuelles ou déficitaires ;
- troubles fonctionnels :
- bégaiement ;
- mutisme ;
- repli autistique.
a) Troubles de la communication entraînant une gêne dans
la vie quotidienne (taux : 20 à 45 %).
b) Troubles de la communication entraînant des perturbations
dans l’activité socioprofessionnelle (taux : 50 à 75 %).
c) Insuffisance de la communication perturbant ou entravant la vie
quotidienne et la vie socioprofessionnelle ; hermétisme
absolu ou repli autistique total ou aphasie globale ou mutisme total
(taux : 80 à 95 %).
5. Troubles du comportement
- Comprend :
- agressivité ;
- agitation ;
- théâtralisme ;
- automutilation ;
- comportements phobiques ;
- rites obsessionnels ;
- instabilité ;
- timidité.
a) Troubles du comportement contrôlés restant
compatibles avec la vie quotidienne et socioprofessionnelle :
théâtralisme ou irritabilité ou timidité
ou perplexité pathologiques ou hyperactivité
désordonnée (taux : 1 à 45 %).
b) Manifestations mal contrôlées perturbant la vie
socioprofessionnelle : automutilation névrotique,
agressivité, rites ou phobies invalidants, instabilité
(taux : 50 à 75 %).
c) Perturbation ou empêchement du contrôle des actes :
agitation importante ou menaces inquiétantes de passage à
l’acte violent ou rites, phobies envahissant le comportement,
actes de violence majeurs ou agitation extrême ou danger pour
la vie de l’intéressé ou de son entourage (taux :
80 à 95 %).
6. Troubles de l’humeur
Nota. - Ces troubles ne doivent être pris en compte en matière
d’incapacité que lorsqu’ils sont prolongés
(durée supérieure à six mois) ou répétés
(plus de trois accès par an).
a) Troubles dépressifs ou hypomaniaques légers ou
équilibrés ou psychose maniaco-dépressive bien
compensée compatible avec une vie quotidienne et
socioprofessionnelle (taux : 20 à 45 %).
b) Troubles de l’humeur ; états d’excitation
ou dépression franche sans signe mélancolique grave
apportant cependant une perturbation notable dans la vie
professionnelle ; vie quotidienne conservée (taux :
50 à 75 %).
c) État maniaque perturbant ou entravant la vie
socioprofessionnelle ; agitation psychomotrice, pouvant être
dangereuse pour le sujet et son entourage, fuite des idées,
insomnie grave ou état mélancolique : aboulie,
douleur morale, auto-accusation, ralentissement psychomoteur,
entravant la vie quotidienne (taux : 75 à 95 %).
7. Troubles de la conscience et de la vigilance
a) Légère diminution permanente de la vigilance,
n’entravant pas l’insertion sociale et professionnelle
(taux : 20 à 40 %).
b) Troubles de la conscience apportant une gêne notable à
la vie socioprofessionnelle tout en permettant le maintien d’une
vie quotidienne relativement satisfaisante (taux : 50 à 75 %).
- soit dans le cadre de troubles intermittents de la conscience ;
- soit du fait d’une diminution permanente de la vigilance
(obnubilation).
c) Troubles de la conscience perturbant ou entravant la vie
quotidienne et socioprofessionnelle ; la réalisation des
actes élémentaires de la vie sur incitation forte ;
état crépusculaire prolongé (taux : 80 à 95 %).
Nota. - En ce qui concerne l’épilepsie, se reporter au
chapitre Ier, section 3.
8. Troubles intellectuels
A. Séquellaires d’une affection mentale précoce :
a) Personnalité fruste, éventuellement illettrisme,
difficulté de conceptualisation et d’abstraction,
cependant adaptation possible à la vie courante (taux :
20 à 45 %).
b) Insertion socioprofessionnelle possible en milieu ordinaire
(emploi protégé ou aménagé) ; retard
mental léger : il s’appréciera autant en
fonction des acquisitions d’aptitudes pratiques de la vie
courante que des notions de calcul et de lecture complétées
ainsi le cas échéant par une mesure du quotient
intellectuel compris approximativement entre 50 et 70 (taux : 50
à 75 %).
c) Retard mental moyen, apprentissage possible des gestes
élémentaires (hygiène corporelle, alimentation,
habillement), possibilité de communication rudimentaire,
impossibilité d’acquisition des notions élémentaires
d’arithmétique ou de lecture, insertion
socioprofessionnelle possible en milieu protégé, à
titre indicatif quotient intellectuel approximativement compris entre
35 et 49 (taux : 80 à 90 %).
d) Retard mental sévère ou profond, insertion
socioprofessionnelle impossible, langage et autonomie nuls (taux :
+ de 95 %).
B. D’acquisition tardive :
Comprend :
- troubles de la mémoire ;
- troubles de l’attention ;
- troubles du jugement, du calcul mental ;
- troubles de l’orientation temporelle et spatiale.
a) Gêne ne perturbant pas le maintien dans la vie courante
(taux : 20 à 45 %).
b) Dégradation importante d’une fonction ou expression
déficitaire d’un processus psychotique antérieur
apportant une perturbation notable dans la vie socioprofessionnelle
mais respectant les actes élémentaires de la vie
quotidienne (taux : 50 à 75 %).
c) Détérioration importante transitoire ou continue des
facultés intellectuelles avec ou sans atteinte des fonctions
instrumentales de type démence avancée, perturbant ou
entravant la vie quotidienne et socioprofessionnelle (taux : 80
à 90 %).
d) Absence totale d’autonomie, démence complète
(taux : + de 95 %).
9. Troubles de la vie émotionnelle et affective
Comprend :
- anxiété, angoisse ;
- doute ;
- indifférence affective ;
- discordance affective ;
- instabilité affective ;
- troubles du caractère ;
- immaturité affective ;
- timidité.
a) Troubles modérés n’entravant pas la vie
sociale et professionnelle (taux : 1 à 40 %) ;
- anxiété permanente ou crises d’angoisse peu
fréquentes ;
- labilité émotionnelle ;
- irritabilité ;
- timidité ;
- immaturité affective.
b) Troubles non compensés apportant une gêne importante
à la vie socioprofessionnelle, maintien d’une vie
quotidienne possible (taux : 50 à 75 %) ;
- angoisse permanente ou crises de panique répétées
ou importantes difficultés de contrôle émotionnel
(notamment accès fréquents de colère inadaptés,
éreutophobie invalidante) ;
- tendance à la discordance affective (rires immotivés) ;
- pauvreté des affects ;
- doute permanent (folie du doute).
c) Troubles invalidants de l’affectivité perturbant ou
entravant la vie quotidienne et socioprofessionnelle (taux : 80
à 90 %).
d) Troubles affectifs majeurs ne permettant plus aucun contact avec
la réalité (taux : 95 %).
10. Expression somatique des troubles psychiatriques
a) Somatisation à type de plaintes subjectives sans
retentissement notable sur la vie quotidienne et professionnelle
(taux : 20 à 45 %).
b) Somatisation systématisée importante perturbant la
vie socioprofessionnelle et entraînant une demande répétée
de soins (taux : 50 à 75 %).
c) Altération grave et invalidante de l’état
général (par exemple amaigrissement très
important) entravant la vie quotidienne (taux : 85 à 90 %).
d) Altération grave de l’état général
mettant en jeu le pronostic vital (cachexie, escarres étendues,
état grabataire) (taux : + de 95 %).
II. - Critères secondaires
Les critères secondaires permettent de moduler les taux à
l’intérieur des fourchettes définies par les
critères principaux.
On prendra en compte :
- le retentissement relationnel sur la vie sociale et affective, les
troubles pouvant être bien acceptés par l’entourage
ou, à l’opposé, entraînant un isolement,
une marginalisation ou une dépendance totale ;
- les relations avec le milieu professionnel, depuis la gêne au
travail (mais le sujet est toléré par le milieu
professionnel) à l’inaptitude à tout travail ;
- les hospitalisations, quand elles sont prolongées, fréquentes,
répétées, peuvent constituer un indice de
gravité. A apprécier selon les possibilités
locales de prise en charge ;
- l’âge du patient et l’ancienneté de la maladie :
- adulte jeune : moins de trente ans et maladie récente
évolutive (moins de cinq ans), réévaluation au
minimum tous les deux ans pour tenir compte de l’évolution
du handicap ;
- cas particulier : épisode aigu (exemple : bouffée
délirante), ne baser l’évaluation de l’incapacité
que sur les manifestations résiduelles après
stabilisation ;
- l’importance et la tolérance du traitement.
Remarques :
- le retentissement des divers traitements et thérapies n’est
pas toujours séparable de celui de la pathologie qui les justifie ;
- à prendre en compte lorsque cette thérapeutique
entraîne une gêne à la vie quotidienne ou une
régression ou des effets secondaires pour certains
médicaments.
Chapitre III
Déficiences de l’audition
Pour déterminer le taux d’une déficience
auditive, il doit être tenu compte non seulement de la perte
auditive tonale, qui correspond à la déficience de la
perception acoustique, mais aussi des répercussions de cette
déficience auditive sur le langage (notamment dans les
surdités installées avant l’acquisition du
langage) et sur la qualité de l’expression orale. Il est
donc nécessaire d’établir une notation différente
pour chacune de ces deux fonctions : l’audition (chapitre III)
et le langage (chapitre IV), qui ne peuvent être
confondues dans un barème unique mais qui s’additionnent
arithmétiquement.
La mesure de la déficience auditive est faite sans appareillage.
Le niveau acoustique relatif des deux oreilles est important dans la
réception des signaux. Le tableau ci-joint à double
entrée en tient compte.
Le calcul de la perte moyenne en décibels s’effectue en
décibels selon les recommandations du Bureau international
d’audiophonologie. Il prend pour base l’audiogramme tonal
à 500, 1 000, 2 000 et 4 000 Hz :
pm dB = p dB 500 + p dB 1 000 + P dB 2 000 + P dB 4 000 / 4
Si la mesure séparée de chaque oreille est impossible,
le calcul se fera sur la courbe globale en champ libre et la perte de
chaque oreille sera réputée égale à cette valeur.
Si la mesure n’est faite qu’à partir
d’enregistrements électrophysiologiques, n’apportant
en général d’informations que sur les fréquences
aiguës 2 000 à 4 000 Hz, la perte moyenne sera égale
au seuil enregistré.
I. - Les taux d’incapacité
Pour les surdités bilatérales dépistées
avant l’âge de trois ans, on applique automatiquement le
taux d’incapacité de 80 % compte tenu des troubles du
langage toujours associés.
On évaluera de nouveau la situation dans la quatrième
année pour tenir compte cette fois-ci de l’audiogramme
et des troubles du langage réels.
Au-delà de trois ans les taux d’incapacité sont
fixés ainsi qu’il suit :
| |
20 à 39 dB |
40 à 49 dB |
50 à 59 dB |
60 à 69 dB |
70 à 79 dB |
80 dB et + |
| Moins de 20 dB |
0 |
5 |
10 |
15 |
20 |
20 |
| 20 à 39 dB |
5 |
10 |
15 |
20 |
25 |
30 |
| 40 à 49 dB |
10 |
15 |
25 |
30 |
35 |
40 |
| 50 à 59 dB |
15 |
25 |
35 |
40 |
50 |
55 |
| 60 à 69 dB |
20 |
30 |
40 |
50 |
60 |
70 |
| 70 à 79 dB |
25 |
35 |
50 |
60 |
70 |
75 |
| 80 dB et au-dessus |
30 |
40 |
55 |
70 |
75 |
80 |
II. - Acouphènes/vertiges
L’existence d’acouphènes majore arithmétiquement
le taux d’incapacité lié à la perte
auditive (taux : de 2 à 5 %).
De même l’existence de vertiges majore arithmétiquement
le taux d’incapacité lié à la perte
auditive (taux : de 2 à 5 %).
III. - Handicaps associés
En cas de handicaps associés, les taux d’incapacité
s’additionnent selon les règles habituelles.
Chapitre IV
Déficiences du langage et de la parole
L’appréciation peut être délicate et fera
l’objet, en tant que de besoin, d’un bilan portant sur le
langage oral et/ou écrit.
I. - Déficiences acquises du langage et de la parole (en tant
qu’outil de communication) chez l’enfant, chez l’adulte
après l’acquisition de l’écriture et de la lecture
Le praticien compétent décrira la pathologie du langage
oral et la pathologie du langage écrit. L’appréciation
de la déficience portera sur le caractère informatif du
langage et la spontanéité du discours lors de
conversations et d’épreuves diverses (dénomination,
désignation, répétition, narration, construction
de phrase, copie, dictée, lecture...).
1. Déficience légère du langage et de la parole
(taux : 0 à 15 p. 100)
Les symptômes sont peu gênants, l’examen est normal
ou subnormal.
Exemples : dysorthographie et/ou dyslexie résiduelle et/ou dyscalculie,
dysarthrie mineure, retard simple du langage.
2. Déficience moyenne du langage et de la parole entravant la
communication mais permettant le maintien de l’autonomie dans
la vie quotidienne (taux : 20 à 45 p. 100)
Exemples : troubles de la mélodie, de la prosodie et des
gestes accompagnant l’expression orale : 5 à 20 % ;
association à des troubles du calcul et de la syntaxe :
10 à 40 %.
3. Déficience importante du langage et de la parole (taux :
50 à 75 p. 100)
Les troubles de l’expression orale et/ou écrite sont
importants avec conservation relative de la compréhension.
Exemples :
- dysarthries neurologiques : ces dysarthries, bien que
n’atteignant que l’expression du langage, sans en altérer
le contenu, peuvent rendre la parole parfois très
difficilement compréhensible ;
- langage réduit à des stéréotypies ;
séquelles d’anarthrie sévère.
4. Déficience sévère du langage et de la parole
(taux : 80 à 95 p. 100)
Les troubles de l’expression orale et/ou écrite sont
sévères la rendant incompréhensible ou absente
avec conservation limitée ou nulle de la compréhension.
Exemples :
- aphasie globale ;
- déficits sensoriels spécifiques retentissant sur le
langage écrit et/ou oral (surdité corticale, alexie pure) ;
- en cas d’aphasie sévère et globale le taux est de 95 %.
II. - Troubles du langage et de la parole congénitaux ou
acquis avant ou pendant l’acquisition de l’écriture et de la lecture
On jugera la gravité sur la spontanéité, le
caractère informatif du langage par des épreuves
diverses explorant la phonologie, la compréhension et
l’expression orale et/ou écrite, la rétention, le
vocabulaire, la lecture, l’orthographe, la dénomination,
la désignation, la répétition, la narration
d’histoires connues.
1. Déficience légère
Des déficiences telles qu’une dysarthrie mineure sans
autre trouble neurologique ou un retard simple du langage seront
appréciées à un taux inférieur à 15 %.
2. Déficience moyenne (taux : 20 à 45 p. 100)
Déficiences du langage écrit ou oral perturbant
notablement les apprentissages notamment scolaires mais pas la socialisation.
Exemples :
- alexie, dyslexie, dysorthographie, acalculie, dyscalculie
entraînant une thérapeutique régulière
(d’autant plus efficace que plus précoce) ;
- réduction et imprécision du stock lexical sans
perturbation du langage conversationnel ;
- dyscalculie isolée ou associée à des troubles
globaux des stratégies avec efficience intellectuelle
normale : conséquences comparables à celles des dyslexies ;
- apraxie verbale.
3. Déficience importante (taux : 50 à 75 p. 100)
Troubles importants de l’acquisition du langage oral et écrit
perturbant notablement les apprentissages et retentissant sur la socialisation.
4. Déficience sévère (taux : 80 à 95 p. 100)
Troubles sévères et définitifs de l’acquisition
du langage oral et écrit rendant celui-ci incompréhensible ou absent.
III. - Déficiences vocales
Elles comprennent les laryngectomies.
Nota. - Pour les troubles du comportement ou de la personnalité
à expression vocale voir le chapitre Déficience du psychisme.
On tiendra compte dans tous les cas de l’intelligibilité
de la voix produite, de la possibilité de la conversation en
petit groupe et de la possibilité d’une conversation
téléphonique.
1. Communication pouvant entraîner une gêne dans la vie
relationnelle telle que (taux : 10 à 40 p. 100) :
- troubles qualitatifs de l’émission vocale, touchant de
manière isolée ou associée :
- hauteur ;
- timbre ;
- intensité, quelle que soit la cause (congénitale,
malformative, traumatique, tumorale...), y compris les paralysies laryngées.
- Troubles du débit de l’émission :
- bégaiement ;
- troubles mécaniques, ventilatoires ou paralytiques (par
exemple trachéotomie chronique).
- Déficiences vocales d’origine oropharyngée :
- d’origine vélaire, rhinolalies notamment fentes et
paralysies vélaires ;
- d’origine linguale, notamment paralytique ;
- d’origine malformative ;
- après traumatismes maxillo-faciaux.
2. Absence de voix (taux : 50 à 75 p. 100)
La commission appréciera le caractère définitif
et/ou permanent de l’absence de voix.
Exemples :
- absence de larynx fonctionnel, possibilité de compensation
par rééducation, aides vocales ;
- laryngectomie totale entraînant des troubles sévères
de la communication ;
- laryngectomie partielle et/ou totale avec implantation d’une
prothèse interne ;
- laryngectomie reconstructive.
Comme pour les autres déficiences on prendra également
en compte les retentissements de la maladie causale et de ses
traitements (par exemple conséquences respiratoires,
circulatoires, sensorielles et psychiques).
IV. - Conséquences d’une déficience auditive
congénitale ou acquise
Les données du barème du niveau de parole et de langage
traduisent une difficulté sociale de relation linguistique
dans la langue maternelle. Les conséquences vocales seront
appréciées par rapport à une personne entendante
et non par rapport à une personne sourde même
correctement rééduquée. Elles feront l’objet
d’un bilan de parole ou de langage par un phoniatre ou un
orthophoniste. Si les difficultés d’élocution et
le retard de langage sont la conséquence de la déficience
auditive, on fixera le taux d’incapacité selon quatre
paliers 0, 5, 10 et 15 % définis ainsi que suit et on ajoutera
arithmétiquement ce taux à celui résultant de
l’application du barème du niveau acoustique d’audition
(cf. chapitre II).
0 %. Elocution normale : niveau de langage normal.
5 %. Niveau de langage normal :
- difficultés d’élocution relevant des aspects suivants :
- perturbation du débit et du rythme, difficultés
mélodiques et d’intonation ;
- troubles d’articulation liés à la surdité ;
- troubles de la voix : anomalie de la hauteur, du timbre, de
l’intensité, voix nasonnée.
10 %. Difficultés d’élocution, comme le groupe
précédent.
- Retard de parole et/ou langage avec notamment :
- chute de la fin des mots et difficultés de prononciation des
groupes consonantiques, mots déformés ;
- emploi peu fréquent des mots grammaticaux (articles,
adverbes, conjonctions...), temps des verbes incorrects.
15 %. Difficultés majeures d’élocution, troubles
importants du langage ou absence d’expression acoustique de la
parole, au mieux parole intelligible seulement pour la famille ou les
professionnels de la rééducation.
Chapitre V
Déficiences de la vision
I. - Déficiences de l’acuité visuelle
Les déficiences de l’acuité visuelle s’apprécient
après correction. Ainsi, un trouble de la réfraction,
qui peut être entièrement corrigé par un moyen
optique, ne sera pas considéré comme une déficience
oculaire. Le degré de vision sera estimé en tenant
compte de la correction optique supportable en vision binoculaire.
La mesure de l’acuité visuelle doit tenir compte de
l’acuité visuelle de loin (échelle de Monoyer à
5 mètres) et de l’acuité visuelle de près
(échelle de Parinaud lue à 40 cm).
Plusieurs définitions de la cécité sont
actuellement employées :
- cécité complète : sont atteints de cécité
complète ceux dont la vision est abolie (v = 0) au sens absolu
du terme avec abolition de la perception de la lumière ;
- sont considérés comme atteints de quasi-cécité
ceux dont la vision centrale est égale ou inférieure à
1/20 d’un œil, celle de l’autre étant inférieure
à 1/20, avec déficience des champs visuels
périphériques lorsque le champ visuel n’excède
pas 20° dans le secteur le plus étendu ;
- cécité professionnelle : est considéré
comme atteint de cécité professionnelle celui dont
l’œil le meilleur a une acuité égale au plus à
1/20 avec un rétrécissement du champ visuel inférieur
à 20° dans son secteur le plus étendu.
L’article R. 241-15 du code de l’action sociale et des
familles précise que « la carte d’invalidité
sera surchargée d’une mention « cécité
» pour les personnes dont la vision centrale est nulle ou
inférieure à 1/20 de la normale ».
La carte d’invalidité sera surchargée de la
mention « canne blanche » pour les personnes dont la
vision est au plus égale à un dixième de la normale.
Le tableau de l’acuité visuelle de loin proposé
par les experts tient compte des définitions utilisées
habituellement ainsi que de la réglementation en vigueur.
a) Acuité visuelle de loin ;
« La vision d’un œil est indiquée par une colonne
horizontale, la vision de l’autre par une colonne verticale. Le
point de rencontre donne le taux médical d’incapacité
(tableau ci-après) ».
Diminution de l’acuité visuelle de loin des deux yeux (échelle de Monoyer à 5 mètres) :
| |
10/10 |
9/10 |
8/10 |
7/10 |
6/10 |
5/10 |
4/10 |
3/10 |
2/10 |
1/10 |
1/20 |
inférieur à 1/20 |
Cécité totale |
| 10/10 |
0 |
0 |
0 |
1 |
2 |
3 |
4 |
7 |
12 |
16 |
20 |
23 |
25 |
| 9/10 |
0 |
0 |
0 |
2 |
3 |
4 |
5 |
8 |
14 |
18 |
21 |
24 |
26 |
| 8/10 |
0 |
0 |
0 |
3 |
4 |
5 |
6 |
9 |
15 |
20 |
23 |
25 |
28 |
| 7/10 |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
10 |
16 |
22 |
25 |
28 |
30 |
| 6/10 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
9 |
12 |
18 |
25 |
29 |
32 |
35 |
| 5/10 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
10 |
15 |
20 |
25 |
30 |
35 |
40 |
50 |
| 4/10 |
4 |
5 |
6 |
7 |
9 |
15 |
30 |
35 |
40 |
45 |
50 |
55 |
60 |
| 3/10 |
7 |
8 |
9 |
10 |
12 |
20 |
35 |
50 |
55 |
60 |
65 |
68 |
70 |
| 2/10 |
12 |
14 |
15 |
16 |
18 |
25 |
40 |
55 |
70 |
72 |
75 |
80 |
82 |
| 1/10 |
16 |
18 |
20 |
22 |
25 |
30 |
45 |
60 |
72 |
80 |
82 |
83 |
84 |
| 1/20 |
20 |
21 |
23 |
25 |
29 |
35 |
50 |
65 |
75 |
82 |
85 |
87 |
88 |
| inférieur à 1/20 |
23 |
24 |
25 |
28 |
32 |
40 |
55 |
68 |
80 |
83 |
87 |
90 |
92 |
| Cécité totale |
25 |
26 |
28 |
30 |
35 |
50 |
60 |
70 |
82 |
84 |
88 |
92 |
95 |
b) L’acuité visuelle de près :
L’acuité visuelle de près est appréciée
par l’échelle de Parinaud lue à 40 centimètres
après juste correction de la presbytie si nécessaire :
Diminution de l’acuité visuelle de près des deux yeux :
| |
P1,5 |
P2 |
P3 |
P4 |
P5 |
P6 |
P8 |
P10 |
P20 |
<P20 |
0 |
| P1,5 |
0 |
0 |
2 |
3 |
6 |
8 |
10 |
16 |
20 |
23 |
25 |
| P2 |
0 |
0 |
4 |
5 |
8 |
10 |
14 |
18 |
22 |
25 |
28 |
| P3 |
2 |
4 |
8 |
9 |
12 |
16 |
20 |
25 |
28 |
32 |
35 |
| P4 |
3 |
5 |
9 |
11 |
15 |
20 |
25 |
30 |
36 |
40 |
42 |
| P5 |
6 |
8 |
12 |
15 |
20 |
25 |
30 |
36 |
42 |
46 |
50 |
| P6 |
8 |
10 |
16 |
20 |
26 |
30 |
32 |
42 |
46 |
50 |
55 |
| P8 |
10 |
14 |
20 |
25 |
30 |
32 |
40 |
52 |
58 |
62 |
65 |
| P10 |
16 |
18 |
25 |
30 |
36 |
42 |
52 |
65 |
70 |
72 |
76 |
| P20 |
20 |
22 |
28 |
36 |
42 |
46 |
58 |
70 |
75 |
80 |
85 |
| <P20 |
23 |
25 |
32 |
40 |
46 |
50 |
62 |
72 |
80 |
85 |
90 |
| 0 |
25 |
28 |
35 |
42 |
50 |
55 |
65 |
76 |
85 |
90 |
95 |
S’il existe un rapport étroit entre vision de loin et
vision de près de sorte que, si l’une est altérée,
l’autre l’est dans les mêmes proportions, le
tableau qui évalue le déficit en fonction de la seule
vision de loin est alors suffisant.
Dans les autres cas, il existe une dissociation entre la vision de
loin et celle de près. Il conviendra alors d’adopter la
moyenne arithmétique entre les deux taux calculés grâce
à l’échelle de Monoyer et grâce à
l’échelle de Parinaud.
II. - Autres déficiences de la fonction et de l’appareil oculaire
1. Déficiences du champ visuel
L’estimation fonctionnelle des séquelles doit
privilégier le repérage des altérations
détectables dans le champ visuel binoculaire et non plus selon
la méthode classique d’étude du champ visuel de
chaque œil.
Le champ visuel binoculaire est apprécié à la
coupole de Goldman avec le test III/4 sans dissociation des deux yeux.
La figure 1 présente le champ normal binoculaire sans
dissociation des deux yeux avec les taux affectés pour chaque
demi-quadrant, en tenant compte de l’excentricité et de
son champ de réception spatial. En comparant le champ
binoculaire normal et le champ binoculaire de la personne handicapée,
il est possible de déterminer le taux d’incapacité.
Chaque point correspond à une lacune non perçue. Le
taux d’incapacité est égal à l’addition
des points de la figure 1. Les taux affectant le champ visuel central
sont précisés par la figure 2 (En bas à droite de l’image ci-dessous).
Figure 1

Si une évaluation à la coupole de Goldman n’est
pas disponible, le médecin expert aura recours à la
méthode classique, en étudiant le champ visuel de
chaque œil. Les altérations du champ visuel repérés
selon cette méthode donnent alors les taux d’incapacité
suivants :
a) Hémianopsies :
- hémianopsie complète (taux : 42 %).
- Sans épargne maculaire le taux d’incapacité se
confond avec la baisse de vision ;
- avec épargne maculaire.
- Hémianopsie incomplète : en fonction du schéma
concernant le champ visuel.
- Hémianopsie altitudinale totale :
- supérieure (taux : jusqu’à 26 p. 100) ;
- inférieure (taux : jusqu’à 60 p. 100).
- Double hémianopsie latérale complète ou
bitemporale (taux : jusqu’à 85 p. 100).
- Hémianopsie binasale : en fonction du schéma et de
la vision centrale.
b. - Quadranopsie :
- supérieure (taux : jusqu’à
13 p. 100) ;
- inférieure (taux : jusqu’à 30 p. 100).
c. - Déficit non systématisé :
- Suivant le taux affecté par le schéma.
d. - Rétrécissement concentrique :
D’évaluation toujours très difficile en raison de
l’intervention de facteurs extrinsèques. A n’évaluer
qu’après de multiples épreuves de contrôle
avec, si nécessaire, mise en œuvre de nouvelles techniques
électrophysiologiques.
En cas de certitude absolue :
- De 60° à 30° (taux : 0 à 5 p. 100) ;
- De 30° à 20° (taux : 16 p. 100) ;
- De 20° à 10O° (taux : 32 p. 100) ;
- Inférieure à 10° (taux : de 70 à 80 p. 100).
e. - Scotomes centraux et paracentraux :
En cas de perte de la vision centrale : utiliser le barème
d’acuité visuelle (3 A et 3 B).
Les scotomes paracentraux et juxtacentraux justifient un taux de 5 à
20 p. 100 en fonction de leur étendue précisée à
la grille d’Amsler en vision binoculaire, et de leur
retentissement sur la lecture de près.
2. Déficiences de l’oculomotricité
a. - Vision binoculaire et décompensation (taux : 1 à
5 p. 100) ;
b. - Séquelles de paralysie oculo-motrices :
- Diplopie en haut (taux : 3 à 10 p. 100) ;
- Diplopie en bas (taux : 15 à 25 p. 100) ;
- Diplopie latérale (taux : 10 à 15 p. 100).
c. - Paralysies de fonction du regard :
- Paralysie vers le haut (taux : 3 à 5 p. 100) ;
- Paralysie vers le bas (taux : 15 à 25 p. 100) ;
- Paralysie latérale (taux : 10 à 12 p. 100) ;
- Paralysie de la convergence (taux : 10 à 15 p. 100).
d. - Déficiences de la motricité intrinsèque
avant apparition de la presbytie :
- Paralysie de l’accomodation uni ou bilatérale (taux :
10 p. 100) ;
- Mydriase aréactive (taux : 5 p. 100).
3. Autres troubles neuro-ophtalmologiques
a. - Troubles de la reconnaissance visuelle :
L’agnosie visuelle sera évaluée selon
l’importance du déficit (espace, formes, couleurs...) en
fonction du retentissement sur la vie quotidienne. L’appréciation
nécessitera un avis spécialisé complémentaire.
Les troubles ne devront pas être appréciés de
façon isolée ;
b. - Ces indications sont valables pour le syndrome de Balint
(trouble de la stratégie du regard), pour la perte des
mouvements de poursuite.
4. Aphakies
Au taux obtenu lors de la mesure de l’acuité visuelle,
s’ajoutera arithmétiquement :
a. - Prothèse optique réalisée par lunettes,
lentilles de contact ou implants oculaires.
En cas d’aphakie unilatérale :
- si l’acuité de l’œil opéré demeure
inférieure à celle de l’œil non opéré
(taux : 8 à 10 p. 100) ;
- dans le cas inverse (taux : 10 à 12 p. 100) ;
- en cas d’aphakie bilatérale le taux de l’incapacité
de base sera de 15 p. 100.
b. - Compensation optique assurée par un cristallin
artificiel : le taux sera de 5 p. 100 pour tenir compte de la
perte unilatérale d’accomodation.
5. Annexes de l’œil
Larmoiement, photophobie, ectropion, entropion.
Prothèse oculaire mal supportée (taux : 1 à 5 p. 100).
Le médecin devra compléter l’examen
ophtalmologique d’un examen clinique complet à la
recherche de troubles associés, notamment chez l’enfant
où la déficience de la vision peut s’accompagner
d’un retard mental, de troubles psychiques, ou d’autres
déficiences (motrices, viscérales...).
Le taux d’incapacité final sera apprécié
selon les méthodes habituelles.
Chapitre VI
Déficiences viscérales et générales
Modifié par le décret n° 2007-1574 du 6 novembre 2007
Introduction
Pour ce chapitre plus particulièrement, il convient de
rappeler que l’évaluation des taux d’incapacité
est fondée sur l’importance des déficiences,
incapacités fonctionnelles et désavantages en
découlant, subis par la personne, et non seulement sur la
nature des affections médicales dont elle est atteinte.
Une première section indique les différents types de
déficiences traitées par le présent chapitre.
Les exemples, qu’ils soient par pathologie, sur la base de
résultats d’examens complémentaires ou en
fonction de modalités thérapeutiques particulières,
s’avèrent très rapidement dépassés
compte tenu de l’évolution des techniques médicales.
C’est pourquoi ce chapitre en contient peu.
La deuxième section apporte des indications sur des éléments,
autres que les déficiences, à prendre en compte pour
déterminer le taux d’incapacité. Il s’agit,
d’une part, des symptômes susceptibles d’entraîner
ou de majorer les incapacités ou désavantages, d’autre
part, des incapacités et enfin des contraintes dans la vie quotidienne.
En effet, dans de nombreux cas d’affection chronique, plutôt
que leur retentissement direct en termes de déficiences ou
d’incapacités, ce sont leurs conséquences en
matière de vie quotidienne qui devront être prises en
compte : l’évolution des traitements médicaux
ou des techniques de compensation conduit souvent à juguler le
processus pathologique à l’œuvre, et éventuellement
à faire disparaître les déficiences (exemple des
thérapies anti-VIH qui cherchent à améliorer les
fonctions immunitaires), ou à les compenser (exemple de
l’insuline injectée pour pallier la déficience
endocrinienne du pancréas). C’est parfois au prix
d’effets secondaires provoquant d’autres déficiences
ou de contraintes lourdes dans la vie quotidienne compromettant
l’insertion sociale, scolaire ou professionnelle des personnes.
Concernant les enfants et adolescents, il convient de tenir compte
également des contraintes assumées par l’entourage
familial, pour préserver au maximum la présence de
l’enfant dans son milieu de vie naturel et éviter
hospitalisations ou institutionnalisations considérées
comme non souhaitables dans l’intérêt de l’enfant.
Une partie de cette section leur est donc particulièrement consacrée.
La troisième section aborde la gradation des fourchettes de
taux d’incapacité, basée sur l’analyse des
incapacités ainsi que des désavantages et contraintes
constatés. Il convient, comme dans les autres chapitres,
d’être particulièrement attentif aux critères
permettant de déterminer les taux seuils de 50 et 80 %.
En fonction de leur importance, les conséquences des
déficiences viscérales et générales
peuvent être évaluées selon une échelle
divisée en quatre classes, réparties de la manière suivante :
- Troubles légers entraînant une gêne, quelques
interdits rares ou des troubles subjectifs sans incapacité
réelle dans la vie sociale, scolaire, professionnelle ou quotidienne.
- Troubles d’importance moyenne entraînant des interdits
et quelques signes objectivables d’incapacité
fonctionnelle, permettant cependant le maintien de l’autonomie
et de l’insertion du sujet dans la vie sociale, scolaire,
professionnelle ou quotidienne.
- Troubles importants obligeant à des aménagements
notables de la vie quotidienne, qui se trouve alors limitée au
logement ou à l’environnement immédiat ou
nécessite des aides ou efforts particuliers pour maintenir une
vie sociale, scolaire, professionnelle ou quotidienne dans les
limites de la normale. L’autonomie est cependant conservée
sans effort majeur pour les actions relevant de l’autonomie
individuelle telles que définies dans l’introduction du
présent guide-barème. Ce niveau de troubles définit
l’obtention d’un taux au moins égal à 50 %.
- Troubles graves ou majeurs entraînant la réduction de
l’autonomie individuelle. Le seuil de 80 % est ainsi atteint.
Dans les cas fréquents d’une déficience viscérale
ou générale associée à d’autres
déficiences (psychiques, visuelles, motrices...) secondaires
ou non par rapport à l’affection à l’origine
de la déficience principale, il conviendra de se reporter aux
chapitres correspondant à chacune des déficiences
concernées. C’est le cas par exemple pour une déficience
endocrinienne liée à un diabète, qui peut
s’accompagner de déficiences visuelles, motrices, etc.,
en cas de lésions oculaires, d’amputation, etc.,
survenant au cours de cette affection.
Section 1
Les déficiences viscérales et générales
I. - Déficiences des fonctions cardio-respiratoires
I-1. Déficience de la fonction myocardique
Quelle qu’en soit l’étiologie, y compris génétique
ou iatrogène, le niveau de retentissement est en général
bien corrélé au niveau de la déficience
elle-même en terme d’insuffisance cardiaque. Celle-ci est
en pratique facilement objectivable par des examens paracliniques qui
permettent une mesure de la fonction (échographie,
scintigraphie...). Il ne faut cependant pas négliger l’analyse
de facteurs associés intrinsèques telle l’obésité,
ou environnementaux telles les conditions géographiques ou
climatiques, qui en majorent l’impact sur les capacités
réelles de la personne. Une déficience de la fonction
myocardique peut :
- n’avoir aucune conséquence quand elle est bien
contrôlée par un traitement peu contraignant (cf. infra
section 2) ;
- avoir un niveau de contrainte important en matière de régime
ou d’activité, quand l’état clinique est
très instable et que le moindre écart est suivi d’une
décompensation ;
- entraîner un confinement au domicile, voire au lit ou au
fauteuil, avec dyspnée au moindre effort entravant toute
activité dans les stades ultimes d’évolution.
La fréquence des décompensations et l’analyse de
leurs conséquences dans la vie de la personne sont donc les
principaux éléments à explorer.
Il convient également de prendre en compte la dimension
évolutive souvent inéluctable des pathologies à
l’origine de cette déficience (évolution
spontanée ou liée à un traitement).
I-2. Déficience de la fonction coronaire
La déficience de l’irrigation du muscle cardiaque
entraîne par elle-même des contraintes et limites en
particulier à l’effort. Elle peut de plus avoir à
terme des conséquences sur la fonction myocardique, qui seront
à analyser en fonction de leur retentissement propre (cf. supra).
La fréquence des crises malgré le traitement et les
recommandations en matière d’activité qui en
découlent devront être analysées au vu de leurs
conséquences sur la vie quotidienne et la socialisation de la personne.
I-3. Déficiences de la régulation du rythme cardiaque
Leurs conséquences dans la vie de la personne sont variables
compte tenu des traitements et appareillages. Il conviendra d’évaluer
soigneusement, d’une part, les incapacités révélées
par certaines situations limitant l’activité (comme la
confrontation à des facteurs d’environnement) et,
d’autre part, les conséquences des traitements.
I-4. Déficiences vasculaires périphériques
d’origine artérielle, veineuse ou lymphatique
Leur retentissement sur la station debout et les capacités de
déplacement de la personne devra être pris en compte de
façon similaire au retentissement des déficiences
motrices, les incapacités en résultant étant de
même nature.
Elles peuvent également occasionner des déficiences
esthétiques ou des fonctions cutanées qui seront à
prendre en compte en référence au chapitre concerné.
I-5. Déficiences respiratoires
Quelle qu’en soit l’étiologie, le niveau de
retentissement est en général bien corrélé
au niveau de la déficience elle-même en terme
d’insuffisance respiratoire. Celle-ci est objectivable par des
examens paracliniques, mais il est nécessaire de prendre en
compte des situations où le niveau des performances en
situation d’examen est différent de celui constaté
dans les situations de vie quotidienne. Ainsi, des incapacités
révélées par certaines situations (confrontation
à des éléments d’environnement tels que la
pollution ou les allergènes, sensibilité accrue aux
agents infectieux...) se rencontrent fréquemment avec ce type
de déficiences.
Les incapacités concernant la locomotion sont également
souvent présentes.
Par ailleurs, ce type de déficience peut nécessiter des
traitements répétés, contraignants, qu’il
est nécessaire de prendre en compte (cf. infra section 2).
Enfin, la dimension de l’évolutivité souvent
inéluctable doit être prise en compte, pouvant conduire
jusqu’au confinement au domicile, voire au lit ou au fauteuil,
avec dyspnée au moindre effort entravant toute activité.
I-7. Déficiences de la délivrance d’oxygène aux tissus
Quels qu’en soient la cause et le niveau d’atteinte au
cours de la chaîne du transport de l’oxygène (y
compris hématologique : cf. infra 6.1), les conséquences
atteignent potentiellement tous les tissus et organes. A ce titre,
elles ont un retentissement en termes d’incapacité et de
désavantage qu’il conviendra d’analyser en
référence aux différents chapitres concernés
de façon globale.
II. - Déficiences de la fonction de digestion
Les éléments suivants, permettant d’évaluer
le retentissement fonctionnel des déficiences de l’appareil
digestif, sont à rechercher particulièrement :
- Les troubles de la prise alimentaire, parmi lesquels notamment :
- gêne à la prise alimentaire (impossibilité de
prise des aliments solides ou liquides, défaut de
salivation...) ;
- troubles de l’appétit ;
- fausses routes ;
- nécessité d’une alimentation artificielle
entérale ou parentérale ;
- nausées, vomissements.
- Les troubles du transit, parmi lesquels notamment :
- diarrhée, malgré le traitement ;
- constipation ayant un retentissement important dans la vie quotidienne.
- Les troubles sphinctériens, parmi lesquels notamment :
- incontinence fécale partielle ou totale ;
- stomies et leur retentissement dans la vie quotidienne.
L’altération de l’état général
et les signes fonctionnels digestifs pouvant être paroxystiques
ou continus, tels notamment les douleurs, l’asthénie et
l’amaigrissement.
III. - Déficiences de la fonction hépatique
La fonction hépatique est une fonction biologique complexe,
dont l’altération peut donner lieu à des
retentissements variés, comme par exemple :
- sur l’hémostase ;
- sur les fonctions supérieures ;
- sur le comportement (anxiété, sommeil, irritabilité...) ;
- sur l’état général (fatigue, amaigrissement...).
Il convient donc de ne pas se limiter à la mesure biologique
de la fonction hépatique, qui ne reflète pas les
conséquences de la perturbation sur la vie quotidienne de la
personne, et d’apprécier les déficiences qui en
découlent conformément aux différents chapitres concernés.
Comme pour les autres déficiences viscérales, et compte
tenu de l’importance vitale de la fonction hépatique,
ses altérations peuvent faire l’objet de traitements
agressifs ou très particuliers comme la transplantation d’organe.
Les conséquences de ces traitements dans la vie de la personne
sont éventuellement beaucoup plus importantes que l’atteinte
elle-même à la fonction, mais ces traitements visent à
éviter une évolution ultérieure vers des
complications graves, voire le décès.
Il est donc essentiel d’apprécier le retentissement du
traitement suivi et les contraintes qu’il occasionne sur
l’autonomie individuelle ainsi que sur l’insertion
sociale et professionnelle.
IV. - Déficiences des fonctions rénales et urinaires
On peut distinguer plusieurs types de déficiences :
- liées aux fonctions d’épuration :
filtration et excrétion ;
- liées aux fonctions d’élimination ;
- liées aux fonctions endocriniennes assurées par le rein.
Ces différents types de déficiences peuvent être
diversement associés et les traitements sont également
variés.
IV-1. Déficience des fonctions d’épuration :
filtration et excrétion
Les traitements et mesures hygiéno-diététiques
éventuels mis en place pour retarder l’évolution
de cette déficience sont en général
contraignants ou provoquent par eux-mêmes la survenue d’autres
déficiences qui seront à prendre en compte en référence
aux chapitres concernés.
À un stade plus avancé, la survie de la personne dépend
de traitements extrêmement contraignants et entraînant
des incapacités qui peuvent être importantes, notamment
les incapacités révélées par certaines
situations. Ces incapacités et contraintes seront à
apprécier en s’appuyant sur la section 2 du présent
chapitre. Le retentissement des déficiences associées,
notamment endocriniennes et psychiques, sera pris en compte également
en référence aux chapitres concernés.
IV-2. Déficience de la fonction d’élimination
En dehors de son retentissement à terme sur la précédente,
elle fait souvent l’objet de traitements, chirurgicaux ou
d’autres types, dont il sera nécessaire d’apprécier
les conséquences en termes de contraintes ultérieures
pour la vie quotidienne de la personne. Le retentissement de la
nécessité d’une élimination par
appareillage temporaire ou définitif sera notamment évalué.
IV-3. Déficiences des fonctions endocriniennes rénales
Elles sont fréquemment associées à la déficience
des fonctions de filtration et devront être prises en compte
conformément au chapitre concerné.
V. - Déficiences d’origine endocrinienne, métabolique et enzymatique
Quelle qu’en soit l’étiologie, une déficience
d’origine endocrinienne, métabolique ou enzymatique sera
appréciée selon l’intensité de la gêne
fonctionnelle (réduction des capacités de déplacement,
de l’activité...), mais également, et parfois
exclusivement, selon le poids des contraintes médicales, en
général de longue durée, imposées par le
traitement. En effet, les processus pathologiques et les déficiences
sont souvent bien contrôlés, mais au prix de prises
médicamenteuses répétées, d’effets
secondaires et d’interdictions et entraves diverses. Ces
éléments sont alors en eux-mêmes constitutifs du
handicap, la prise en charge médicale ayant réduit les
déficiences d’origine et éloigné un
pronostic fatal à plus ou moins long terme.
Il sera donc nécessaire non seulement d’apprécier
l’importance du désordre métabolique (en s’aidant
des résultats d’examen paraclinique) mais également
d’analyser soigneusement les conséquences, qui ne sont
pas forcément corrélées à l’importance
du trouble et qui peuvent être variables dans le temps,
notamment en fonction de l’évolution des thérapeutiques
proposées par les professionnels de santé.
V-1. Déficience de la régulation glycémique
Chez les adultes, dès lors que la personne est correctement
éduquée et gère elle-même son traitement
et son alimentation, seuls les cas compliqués, à
l’équilibre instable impliquant de fréquentes
hospitalisations et une surveillance particulièrement
rapprochée, entraînent des contraintes d’un niveau important.
Chez les enfants ou les adolescents en début de traitement, il
existe des enjeux majeurs en terme de prévention des
complications et d’un surhandicap à terme. Dans certains
cas, l’éducation devant conduire le jeune vers
l’autonomie dans la gestion de son problème de santé
peut nécessiter la mise en place de moyens particuliers qui
sont alors assimilés à une éducation spéciale.
Il convient donc d’en peser soigneusement le retentissement
dans la vie quotidienne et les contraintes entraînées
pour la famille. Dans quelques cas, notamment pour les très
jeunes enfants, elles seront lourdes et durables et devront être
prises en compte. Elles seront cependant généralement
temporaires et la situation devra être réévaluée
périodiquement.
Dans tous les cas, des déficiences associées peuvent
survenir au cours de l’évolution, dont les conséquences
seront à apprécier en référence aux
chapitres concernés du guide barème.
V-2. Déficience de la régulation pondérale
En cas de surpoids majeur, cette déficience peut entraîner
des incapacités, notamment en matière de locomotion
(posture, utilisation du corps, changement de position) ou de
manipulation, et une réduction importante et durable des
activités. Le traitement diététique est
également contraignant, mais en général
compatible avec une vie sociale normale.
La cachexie entraîne également par elle-même,
quels qu’en soient les causes et le pronostic, des incapacités
en matière de locomotion et une réduction durable des
activités.
Ces problèmes de santé peuvent entraîner ou être
associés à des déficiences d’autre nature
(motrice, psychique, viscérales...) qui devront également
être évaluées.
V-3. Déficience de la taille
Ces déficiences ont des conséquences fonctionnelles en
général liées à l’environnement :
la situation de chaque personne devra donc être évaluée
en tenant compte de la possibilité de mobiliser des
adaptations permettant des activités et une insertion sociale
satisfaisantes. Il conviendra de tenir compte des capacités de
déplacement et d’éventuelles déficiences associées.
V-4. Autres déficiences endocriniennes ou enzymatiques
Elles sont très variées, leurs diagnostics et
traitements sont particulièrement susceptibles d’évolution.
Il convient donc, pour chaque situation particulière,
d’évaluer soigneusement le retentissement, en tenant
compte notamment :
- des incapacités révélées par certaines
situations : interdiction d’exposition à des
facteurs d’environnement particuliers (physique, alimentaire,
toxique, médicamenteux...) ;
- d’incapacités variables dans le temps ;
- des contraintes entraînées dans la vie courante du
fait de ces facteurs, d’un régime alimentaire
particulier, d’une adaptation nécessaire du milieu
scolaire ou professionnel, ou des traitements ou appareillages.
VI. - Déficiences des fonctions immuno-hématologiques
Les fonctions hématologiques sont diverses ainsi que les
causes de leurs atteintes.
Comme pour les autres déficiences viscérales, et compte
tenu de l’importance vitale de ces fonctions, leurs altérations
peuvent faire l’objet de traitements contraignants, agressifs,
ou très particuliers comme la greffe de cellules, dont les
conséquences dans la vie de la personne sont éventuellement
beaucoup plus importantes que l’atteinte elle-même, mais
qui visent à éviter une évolution ultérieure
vers des complications graves, voire le décès.
Il est donc essentiel d’apprécier le retentissement du
traitement suivi et des contraintes qu’il entraîne sur
l’insertion sociale et professionnelle et l’autonomie individuelle.
D’autre part, les atteintes liées à ces
déficiences peuvent être associées ou entraîner
des déficiences très variées d’autres
types, dont les conséquences devront être prises en
compte, en référence au chapitre concerné, dans
l’analyse globale de la situation de la personne.
On peut ainsi distinguer trois types de déficiences qui
peuvent être associées entre elles lorsque la totalité
des fonctions hématologiques est touchée :
VI-1. Déficiences des fonctions de délivrance de
l’oxygène aux tissus
Elles peuvent occasionner un retentissement important sur l’état
général, comparable à certaines déficiences
cardiaques et respiratoires : la fatigabilité, la
mauvaise tolérance à l’effort sont les
principales conséquences à rechercher.
VI-2. Déficiences des fonctions immunitaires
Quelle qu’en soit l’origine, elles induisent une fatigue
quasi constante, des incapacités révélées
par certaines situations, notamment la vulnérabilité
accrue aux agents infectieux, et des contraintes médicales, en
général de longue durée, imposées par les traitements.
VI-3. Déficiences de l’hémostase
Quand il s’agit de déficiences prolongées, elles
peuvent induire des déficiences motrices par atteinte répétée
des articulations, dont il est nécessaire de tenir compte.
Pour les trois types de déficiences mentionnées
ci-dessus, les processus pathologiques et les déficiences sont
parfois bien contrôlés, mais au prix de contraintes
potentiellement lourdes. Les traitements sont souvent générateurs
d’effets secondaires, prises médicamenteuses répétées,
interdictions et entraves diverses. Ces éléments sont
alors en eux-mêmes constitutifs du handicap.
Enfin, ces déficiences, parce qu’elles peuvent engager
le pronostic vital, induisent des incapacités révélées
par certaines situations, et notamment la restriction de certaines
activités potentiellement à risque, qui devra être analysée.
VII. - Déficiences des fonctions cutanées et troubles des phanères
La peau est un organe particulier, qui représente un élément
majeur dans la vie sociale. Ses atteintes peuvent donc avoir un
retentissement direct à ce niveau, avec l’induction
d’autres déficiences surajoutées,
particulièrement psychiques, esthétiques ou motrices,
qu’il faudra prendre en compte en référence à
d’autres chapitres du guide barème.
La douleur ou le prurit, ainsi que des incapacités variées,
peuvent retentir fortement sur la vie familiale, sociale, scolaire ou
professionnelle ou l’autonomie individuelle de la personne.
Par ailleurs, quand une superficie importante de la peau est
atteinte, les contraintes des traitements peuvent s’en trouver
considérablement alourdies et il convient donc d’être
particulièrement attentif à ce point dans l’évaluation
des conséquences au quotidien pour la personne.
De la même façon que pour les autres déficiences
de ce chapitre, il est nécessaire d’apprécier
globalement leur retentissement ainsi que celui des déficiences
qui leurs sont éventuellement associées.
VIII. - Déficiences génitales, sexuelles et de la reproduction
Ces déficiences peuvent avoir des conséquences dans
plusieurs domaines (physique, psychique...) variables selon les
individus, qui seront donc à évaluer en se référant
à chacun de ces chapitres.
Elles peuvent avoir en elles-mêmes un retentissement direct sur
la vie courante et l’intégration sociale des personnes,
en particulier du fait des conséquences liées
éventuellement aux traitements entrepris. Cependant, ces
contraintes ne sont pas en règle générale
permanentes et les traitements de ces déficiences ne sont pas
à poursuivre dans le cas où ils sont mal tolérés,
en raison de leur caractère non vital, contrairement à
la plupart des déficiences listées ci-dessus.
Section 2
Eléments à prendre en compte dans l’évaluation
de la situation de la personne
Les désavantages cités dans ce chapitre procèdent
des incapacités et des contraintes, mais peuvent être
majorés par certains symptômes ou des effets secondaires
des traitements, qui sont à prendre en compte dès lors
qu’ils évoluent au long cours.
I. - Symptômes à rechercher, susceptibles d’entraîner
ou de majorer des incapacités et désavantages
Enumérés de façon non exhaustive dans cette
section, les symptômes doivent être recherchés
soigneusement, afin de mesurer leur impact.
Ils résultent de l’affection causale ou sont induits par
les traitements et sont susceptibles d’aggraver l’entrave
à la vie sociale, scolaire, professionnelle ou quotidienne,
par exemple :
- la douleur physique ou morale ;
- l’asthénie, la fatigabilité, la lenteur ;
- les insomnies, l’hypersomnie ;
- la vulnérabilité psychique ;
- les nausées ;
- la diarrhée, les flatulences, la constipation ;
- l’amaigrissement ;
- l’obésité ;
- les oedèmes ;
- la dyspnée ;
- la toux et l’expectoration ;
- les troubles de la croissance staturo-pondérale ;
- le prurit.
II. - Les incapacités
Les déficiences viscérales et générales
peuvent occasionner des incapacités de toutes sortes.
Il convient de rappeler qu’il est nécessaire d’avoir
une approche globale de la situation de la personne et de s’assurer
qu’elle ne présente pas d’autres déficiences
ayant leurs propres conséquences en matière
d’incapacité. En particulier, un éventuel
retentissement des déficiences viscérales et générales
sur la sphère psychique devra être systématiquement
évalué.
Dans ce chapitre, on portera une attention particulière mais
non exclusive à trois types d’incapacité les plus
fréquents :
II-1. Incapacités concernant la locomotion
Les déficiences viscérales et générales
ont souvent un impact non sur la capacité de se déplacer,
mais plutôt sur la qualité du déplacement :
en particulier, son maintien à son niveau optimal est souvent
très entravé, de façon plus ou moins
intermittente, par la fatigue, la douleur, la dyspnée ou la
fonte musculaire par exemple. Il doit donc être porté
une attention particulière aux capacités concrètes
et à leur variabilité dans le temps.
II-2. Incapacités concernant les soins corporels
La toilette comme l’habillage, ou la prise d’aliments,
peuvent être rendus difficiles. Il est important de savoir si
l’aide d’une tierce personne est nécessaire pour
réaliser ces actes et la lourdeur de cette aide : doit-on
aider dans l’installation et la préparation du geste, ou
faire le geste complètement ou partiellement à la place
de la personne ?
L’élimination fécale ou urinaire : est-elle
contrôlée ou non ? Nécessite-t-elle des
protections ou appareillages ? Ceux-ci doivent-ils être
disponibles en permanence ? Entraînent-ils des tâches
supplémentaires ?
II-3. Incapacités révélées par certaines situations
Le risque vital, l’évolutivité, des changements
itératifs de thérapies, ainsi que des incapacités
fluctuantes en fonction du temps ou du traitement, peuvent interdire
la réalisation de certaines activités.
La diminution de la résistance physique ou psychique,
l’incapacité de maintenir une position ou de supporter
le rythme d’une activité peuvent en restreindre la
qualité ou la durée.
De même, l’exposition non supportée à
certains facteurs d’environnement : froid, chaleur,
intempéries, poussière, agents chimiques, humidité,
luminosité, agents infectieux.
III. - Les contraintes
Elles sont liées à l’affection causale elle-même
ou à la nécessité d’un traitement qui peut
être curatif ou n’agir que sur la compensation de la
déficience. Ce qui en fait un élément
constitutif de handicap est en général la nécessité
de maintenir cette contrainte de manière prolongée,
nécessitant des réaménagements parfois majeurs
de la vie de la personne et susceptibles d’entraver gravement
son insertion sociale et son indépendance personnelle.
Tous les éléments listés ci-dessous de façon
non exhaustive doivent s’analyser conjointement, car, dans de
nombreux cas, ils se conjuguent et s’aggravent mutuellement :
- contrainte géographique : nécessité de se
maintenir en permanence à proximité d’un
dispositif de soin ou d’assistance ;
- contraintes liées à la nécessité de
présence, voire à la dépendance éventuellement
vitale, d’un appareillage complexe, nécessitant un
apprentissage particulier, ou des aménagements de l’habitat ;
- contraintes liées au mode d’administration du
traitement à des impératifs dans les horaires, les
dosages, la voie d’administration (injection, perfusion,
aérosols...) ;
- contrainte de répétition : un traitement
complexe à assurer de manière quotidienne ou
pluriquotidienne constitue une entrave très importante ;
- contrainte liée au temps consacré au traitement :
plus celui-ci est important, plus il empiète sur l’insertion
et l’autonomie de la personne, qui est rendue ainsi
indisponible pour les autres activités ;
- contrainte de présence ou d’assistance d’un
tiers : le recours nécessaire à un tiers est d’une
lourdeur proportionnelle à la quantité de temps et à
la technicité que ce tiers doit déployer pour la personne ;
- contraintes d’apprentissage de techniques particulières ou de soins ;
- contraintes liées aux interactions médicamenteuses
pouvant conduire à ne pas compenser certaines déficiences ;
- contraintes alimentaires : régime avec éviction
totale ou partielle de certains aliments, nécessité de
se procurer des produits particuliers, nécessité de
fractionnement ou d’horaires atypiques des prises
alimentaires ;
- contraintes liées à la charge affective des troubles.
IV. - Situation des enfants ou adolescents
Les conséquences des déficiences viscérales et
générales dans la vie des enfants ou adolescents
doivent être analysées en référence à :
- l’état normal de dépendance à sa famille
d’un enfant ou adolescent sans déficience ;
- la particularité des enfants et adolescents d’être
en phase de développement aussi bien physique que psychique ;
- la nécessité à cette période de la vie
de faire des apprentissages, de toute nature, dans des délais
et à un âge donné.
Il conviendra donc d’être particulièrement
attentif pour eux aux éléments suivants :
- contraintes supplémentaires liées aux déficiences,
incapacités et traitements pour la famille ;
- contraintes éducatives supplémentaires liées
(en particulier chez le grand enfant et l’adolescent) à
la nécessité de le rendre autonome vis-à-vis de
ses troubles et de leur prise en charge ;
- entraves à l’apprentissage normal de l’autonomie,
et aux acquisitions de toute nature, ainsi que les contraintes qui en
découlent pour la famille afin d’en minimiser l’impact
sur l’avenir de l’enfant ou adolescent.
Section 3
Guide pratique pour la détermination du taux d’incapacité
On donne ci-après un certain nombre de repères qui,
pour chacun d’entre eux, constitue un critère suffisant
pour l’attribution d’un taux compris dans la fourchette
considérée. Toutefois, ces listes ne sont pas
exhaustives et il revient à la commission d’apprécier
par analogie avec ces exemples les cas particuliers qui lui sont soumis.
I. - Troubles légers entraînant une gêne, quelques
interdits rares ou des troubles subjectifs sans incapacité
réelle constatée dans la vie sociale, scolaire,
professionnelle ou quotidienne (taux de 0 à 15 %)
- Gestion autonome des contraintes et compensation des déficiences
par la personne elle-même éventuellement à l’aide
d’un appareillage.
- Traitement au long cours ou suivi médical n’entravant
pas l’intégration scolaire, la vie sociale, familiale, professionnelle.
- Régime n’entravant pas la prise de repas à
l’extérieur, moyennant quelques aménagements
mineurs et ne nécessitant pas la présence d’un tiers.
II. - Troubles d’importance moyenne entraînant des
interdits et quelques signes objectivables d’incapacité
fonctionnelle permettant cependant le maintien de l’autonomie
individuelle et de l’insertion dans une vie sociale, scolaire
ou professionnelle dans les limites de la normale (taux 20 à 45 %)
- Incapacités compensables au moyen d’appareillages ou
aides techniques, gérés par la personne elle-même,
n’entravant pas la vie sociale, familiale, professionnelle ou
l’intégration scolaire.
- Traitements assumés par la personne elle-même moyennant
un apprentissage, sans asservissement à une machine fixe ou
peu mobile, et sans contrainte de durée rendant la personne
indisponible pour d’autres activités de la vie sociale,
scolaire ou professionnelle.
- Rééducations n’entravant pas l’intégration
scolaire, la vie sociale, familiale, professionnelle.
- Régime permettant la prise de repas à l’extérieur,
moyennant des aménagements importants, ou l’apport de
nutriments mais ne nécessitant pas la présence d’un tiers.
- Pour les enfants, contraintes éducatives restant en rapport
avec l’âge, ou limitées à une aide
supplémentaire compatible avec la vie familiale, sociale ou
professionnelle habituelle de la personne qui l’apporte.
III. - Troubles importants obligeant à des aménagements
notables de la vie quotidienne et nécessitant des aides ou
efforts particuliers pour l’insertion ou le maintien dans une
vie sociale, scolaire ou professionnelle dans les limites de la
normale. L’autonomie est cependant conservée pour les
actes relevant de l’autonomie individuelle (taux 50 à 75 %)
- Incapacités contrôlables au moyen d’appareillages
ou d’aides techniques permettant le maintien de l’autonomie individuelle.
- Contraintes telles que définies à la section 2 du
présent chapitre nécessitant le recours à une
aide apportée par un tiers pour assurer le maintien d’une
activité sociale et familiale.
- Contraintes liées à la nécessité de
traitements, rééducations, utilisation d’appareillage
ou de machine permettant, au prix d’aménagements, le
maintien d’une activité sociale et familiale, mais se
révélant un obstacle à la vie professionnelle en
milieu ordinaire non aménagé ou à l’intégration
scolaire en classe ordinaire.
- Contraintes liées à l’acquisition et à la
mise en œuvre par la personne elle-même ou son entourage de
compétences nécessaires à l’utilisation et
la maintenance d’équipements techniques.
- Régime ne permettant la prise de repas à l’extérieur
que moyennant des aménagements lourds ou non compatible avec
le rythme de vie des individus de même classe d’âge
sans déficience.
- Troubles et symptômes fréquents ou mal contrôlés,
et entraînant des limitations importantes pour la vie sociale,
y compris la nécessité d’aide pour des tâches
ménagères, mais n’entraînant pas le
confinement au domicile, ni la nécessité d’une
assistance ou surveillance quotidienne par une tierce personne.
IV. - Troubles graves ou majeurs entraînant la réduction
de l’autonomie individuelle
Le seuil de 80 % est ainsi atteint :
Un taux égal ou supérieur à 80 % correspond à
la réduction de l’autonomie individuelle de la personne
telle que définie à l’introduction du présent
guide barème. Cette réduction de l’autonomie peut
être liée à une ou plusieurs incapacités
telles que définies à la section 2 du présent
chapitre, y compris si elles surviennent du fait de troubles et
symptômes de survenue fréquente ou mal contrôlés,
éventuellement en lien avec les conséquences d’un
traitement. Ce taux peut également correspondre à une
déficience sévère avec abolition totale d’une fonction.
Deux cas de figure peuvent se présenter et donner lieu à
l’attribution d’un taux de 80 % :
- les incapacités sont difficilement ou non compensées
par des appareillages, aides techniques ou traitements ;
- les incapacités ne sont compensées, y compris par une
aide humaine, qu’au prix de contraintes importantes telles que
décrites à la section 2 du présent chapitre.
Seul un état végétatif chronique autorise
l’attribution d’un taux d’incapacité de 100 %.
Chapitre VII
Déficiences de l’appareil locomoteur
Règles générales
1. Évaluer les déficiences motrices
Pour déterminer le taux d’une déficience motrice,
il faut considérer la lésion (déficience) et son
retentissement (incapacités) et non pas l’étiologie ;
celle-ci (malformation, accident, maladie, etc.) peut en effet être
différente (ou multiple) pour une même déficience.
La ou (les) déficience(s) doivent être suffisamment
durable(s) pour retentir sur la vie sociale et professionnelle, mais
elles peuvent encore être évolutives au moment de
l’évaluation. Dans tous les cas, l’expert apprécie
la situation au moment de l’examen.
2. Déficiences associées
Sauf pour les troubles sensitifs, dont l’existence amènera
à majorer de 5 % à 15 % les taux dans le cadre du
chapitre : Déficiences motrices ou paralytiques, on devra
systématiquement évaluer et cumuler les déficiences
associées aux déficiences motrices (en particulier dans
les pathologies complexes et/ou disséminées telles que
accidents vasculaires, tétraplégie, sclérose en plaques...).
Pour mémoire les déficiences associées aux
déficiences motrices les plus fréquentes sont :
- génito-sexuelles et sphinctériennes (chapitre VI,
sections 3 et 4) ;
- respiratoires (chapitre VI, section 2) ;
- du langage et de la parole (chapitre IV) ;
- de la fonction d’alimentation (déglutition..., chapitre
VI, section 3) ;
- sensorielles (appareil oculaire, chapitre V ; ou auditif,
chapitre III) ;
- comitiales (chapitre Ier, section 3) ;
- cardio-vasculaires (pour les myopathies par exemple..., chapitre VI,
section 1) ;
- intellectuelles et/ou psychiques (chapitres Ier et II) ;
- neurovégétatives (dysrégulation thermique,
hypotention artérielle orthostatique) en fonction de leur
intensité et de leur retentissement.
Il faudra également tenir compte des symptômes tels que
douleur, ou fatigabilité (propres à certaines
affections) en majorant le taux d’incapacité en fonction
de leur retentissement fonctionnel.
3. Appareillage
Les taux d’incapacité sont appréciés avant
appareillage car les fourchettes proposées prennent déjà
en compte les progrès réalisés dans le domaine
médical et prothétique.
Toutefois l’expert sera amené à utiliser la
partie haute de la fourchette indicative ou à majorer les taux
lorsque l’appareil est mal supporté (douleurs,
excoriations fréquentes), ne peut être utilisé
que de façon intermittente ou dans certaines conditions
seulement, ainsi que dans les cas où la prise en charge au
titre légal n’est pas totale.
4. Retentissement socioprofessionnel : Actes essentiels et courants
Le retentissement sur la vie sociale, professionnelle et domestique
doit constituer une référence constante pour l’expert ;
toute(s) déficience(s) entraînant la dépendance
d’un tiers pour la réalisation d’un ou plusieurs
actes essentiels de la vie doit être considérée(s)
comme une déficience sévère (supérieure
ou égale à 80 %).
Ces actes essentiels sont notamment :
- les transferts (lever et coucher ; w.-c. ; bain ou douche) ;
- la toilette du corps et les soins d’apparence ;
- l’habillage/déshabillage et la mise en place des
éventuels appareillages ;
- la prise des repas ;
- les déplacements (marche ou fauteuil roulant).
La perte de la marche constitue de fait un critère de sévérité
de déficience ; mais lorsque la marche, ou la
déambulation, est possible, il faut apprécier le
périmètre de la marche et les aides nécessaires.
Nota. - Le chapitre 7 : Déficience de l’appareil
locomoteur, est divisé en cinq sous-chapitres qui ne
s’excluent pas, et l’expert s’attachera à
apprécier chaque type de déficience séparément
(ex. : tenue de la tête, paralysie des membres).
I. - Déficiences de la tête
Nota. - Voir règles générales en tête de
chapitre 7 pour :
- déficiences associées ;
- appareillage ;
- retentissement socioprofessionnel ;
- actes essentiels et courants.
On prendra en compte la possibilité de tenue de la tête
(déficit moteur, mouvements anormaux...), le retentissement
sur la mastication, la retenue de salive et les douleurs associées.
Le taux variera à l’intérieur de la fourchette en
fonction de l’importance de chaque élément et de
leur éventuelle association.
Les troubles de l’élocution seront appréciés
au chapitre 4 ; les problèmes oculaires au chapitre 5 ;
les autres troubles de la fonction d’alimentation au chapitre
5, section 3. Le retentissement sur la marche sera appréciée
séparément, sauf si les déficiences de la tête
sont isolées et perturbent la déambulation (déficience importante).
1. Déficience légère (taux : 1 à 20 p. 100)
Troubles discrets sans retentissement notable sur l’alimentation,
le port de tête, la retenue de salive...
2. Déficience modérée (taux : 20 à 40 p. 100)
Troubles modérés mais gênant l’alimentation,
le port de tête, la retenue de la salive...
3. Déficience importante (taux : 50 à 70 p. 100)
Troubles gênant de façon importante ou empêchant
un des éléments retenus.
Exemple :
- alimentation liquide car mastication impossible ; tenue de
tête impossible... (si dépendance d’un tiers : 80 %).
II. - Déficiences du tronc
Nota. - Voir règles généralement tête de
chapitre VII pour :
- déficiences associées ;
- appareillages ;
- retentissement socioprofessionnel ;
- actes essentiels et courants.
Les déficiences du tronc comprennent, quelle qu’en soit
l’étiologie (neurologique, rhumatismale, orthopédique,
etc.) les déficiences motrices du tronc, les troubles de la
statique et du tonus, les déviations du rachis, les
déficiences discales et vertébrales... Le
retentissement tiendra compte des douleurs, de la raideur, de la
déviation-déformation, de l’étendue des lésions.
Le retentissement cardio-respiratoire éventuel sera apprécié
à part (chapitre VI, section 1 et/ou 2) ; le
retentissement sur la marche sera apprécié séparément
sauf si les déficiences du tronc sont isolées
(retentissement sur la marche = déficience importante ou
sévère).
1. Déficience légère (taux : 1 à 20 p. 100)
Sans retentissement sur la vie sociale, professionnelle et domestique
ou sur la réalisation des actes essentiels de la vie courante.
Exemple :
- lombalgies simples, déviation minime.
2. Déficience modérée (taux : 20 à 40 p. 100)
Ayant un retentissement modéré sur la vie sociale,
professionnelle ou domestique ou gênant la réalisation
des actes essentiels de la vie courante.
Exemple :
- lombalgies chroniques ou lombo-sciatalgies gênantes (port de
charges) sans raideur importante ou sans retentissement professionnel
notable, déviation modérée.
3. Déficience importante (taux : 50 à 75 p. 100)
Ayant un retentissement important sur la vie sociale, professionnelle
et domestique ou limitant la réalisation de certains actes
essentiels de la vie courante.
Exemple :
- raideur et/ou déviation importante, ou reclassement
professionnel nécessaire.
4. Déficience sévère (taux : 80 à 85 p. 100)
Rendant les déplacements très difficiles ou impossibles
ou empêchant la réalisation d’un ou plusieurs actes essentiels.
III. - Déficiences mécaniques des membres
Nota. - Voir règles générales en tête de
chapitre VII pour :
- déficiences associées ;
- appareillage ;
- retentissement socioprofessionnel ;
- actes essentiels et courants.
Comprend : les raideurs, ankyloses, rétractions (dont
cicatricielles), laxités, quelle qu’en soit l’étiologie.
On tiendra compte du membre dominant ou non en cas d’atteinte
unilatérale.
Le retentissement sera tout particulièrement apprécié
par les difficultés voire l’impossibilité de
réaliser seul les actes essentiels de la vie.
1. Déficience légère (taux : 1 à 20 p. 100)
Sans retentissement sur la vie sociale, professionnelle et
domestique, sur la réalisation des actes de la vie courante.
Exemple :
- raideur des doigts (selon degré, doigt et mouvement), du
poignet, de la prono-supination ; certaines raideurs légères
de l’épaule, de la cheville, du genou, ou de la hanche.
2. Déficience modérée (taux : 20 à 40 p. 100)
Gênant la réalisation de certaines activités de
la vie courante, ou ayant un retentissement modéré sur
la vie sociale, professionnelle et domestique.
Exemple :
- certaines raideurs du coude, de l’épaule, du poignet,
du genou (en particulier avec déviation gênante), de la
hanche, de la cheville et du pied (déformation majeure
appareillée par chaussure orthopédique : 40 %).
3. Déficience importante (taux : 50 à 75 p. 100)
Limitant la réalisation des activités de la vie
courante ou ayant un retentissement important sur la vie sociale,
professionnelle ou domestique.
Exemple :
- enraidissement complet de l’épaule, de la main et du
poignet, du genou ou d’une hanche.
4. Déficience sévère (taux : 80 à 90 p. 100)
Rendant les déplacements très difficiles ou impossibles
ou empêchant certaines activités de la vie courante ou
empêchant la réalisation d’un ou plusieurs actes essentiels.
Exemple : blocage de plusieurs grosses articulations.
IV. - Déficiences motrices ou paralytiques des membres
Nota. - Voir règles générales en tête de
chapitre 7 pour :
- déficiences associées ;
- appareillage ;
- retentissement socioprofessionnel ;
- actes essentiels et courants.
Les déficiences motrices ou paralytiques comprennent, quelle
que soit l’étiologie, tous les troubles moteurs, qu’ils
soient d’origine centrale et/ou périphériques :
paralysie, troubles de la commande, incoordination (dont
cérébelleuse), dyskinésie volitionnelle
d’attitude, tremblements, mouvements anormaux
(chorée-athétose), troubles du tonus,
spasticité/contractures, déficit musculaire...).
Les troubles sensitifs associés superficiels ou profonds
(hypoesthésies, anesthésies, dysesthésies...) et
« assimilés » (astéréognosies)
feront majorer les taux en fonction de leur importance et de leur
localisation (mains par exemple) mais peuvent être pris en
compte à part entière s’ils sont isolés ou
prédominants.
Exemple : certains syndromes de la queue-de-cheval, neuropathie sensitive.
1. Déficience légère (taux : 1 à 20 p. 100)
Sans retentissement sur la vie sociale, professionnelle et domestique
ou sur la réalisation des actes de la vie courante.
Exemple :
- tremblement de repos, certains troubles sensitifs isolés.
2. Déficience modérée (taux : 20 à 40 p. 100)
Gênant la réalisation de certaines activités de
la vie courante ou ayant un retentissement modéré sur
la vie sociale, professionnelle et domestique.
Exemple :
- paralysie d’un nerf périphérique du membre
supérieur, hémiplégie fruste, trouble de
l’équilibre ou incoordination modérée,
paralysie du sciatique poplité externe...
3. Déficience importante (taux : 50 à 75 p. 100)
Limitant la réalisation de certaines activités de la
vie courante ou ayant un retentissement important sur la vie sociale,
professionnelle et domestique.
Exemple :
- athétose importante, paralysie complète du plexus
brachial, hémiplégie ou paraplégie motrice
incomplète permettant une marche satisfaisante et
indépendante.
4. Déficience sévère (taux : 80 à 90 p. 100)
Rendant les déplacements très difficiles ou impossibles
ou empêchant certaines activités de la vie courante ou
empêchant la réalisation d’un ou plusieurs actes
essentiels.
Exemple :
- para ou tétraplégie complète sur le plan
moteur, hémiplégie massive, athétose sévère,
grands syndromes cérébelleux des quatre membres.
V. - Déficiences par altération des membres
Nota. - Voir règles générales en tête de
chapitre 7 pour :
- déficiences associées ;
- appareillage ;
- retentissement socioprofessionnel ;
- actes essentiels dépendant d’un tiers.
Inclus : amputation, raccourcissement ; dans le cas d’une
lésion acquise, on prendra en compte l’atteinte du
membre dominant, appréciée plus favorablement que celle
de l’autre membre.
1. Déficience légère (taux : 1 à 20 p. 100)
Sans retentissement sur la vie sociale, professionnelle et domestique
ou sur la réalisation des actes de la vie courante.
Exemple :
- amputations partielles ou isolées des doigts ou des orteils,
raccourcissement minime...
2. Déficience modérée (taux : 20 à 40 p. 100)
Gênant la réalisation de certaines activités de
la vie courante ou ayant un retentissement modéré sur
la vie sociale, professionnelle ou domestique.
Exemple :
- amputation d’un pouce, ou du gros orteil ou de plusieurs
doigts ou orteils, de l’avant-pied, raccourcissement gênant
(boiterie).
3. Déficience importante (taux : 50 à 75 p. 100)
Limitant la réalisation de certaines activités de la
vie courante ou ayant un retentissement important sur la vie sociale
professionnelle ou domestique.
Exemple :
- amputation de jambe ou de cuisse (appareillée), ou de
l’avant-bras, du coude ou de l’épaule, unilatérale
côté non dominant.
4. Déficience sévère (taux : 80 à 90 p. 100)
Rendant les déplacements très difficiles ou impossibles
ou empêchant la réalisation d’un ou plusieursactes essentiels.
Exemple :
- désarticulation de hanche, d’épaule ou du coude
dominant ; ou amputation bilatérale des membres
supérieurs.
Chapitre VIII
Déficiences esthétiques
Ce chapitre vise à prendre en compte les problèmes
d’adaptation sociale rencontrés par les sujets souffrant
d’anomalies majeures de leur apparence physique, à
l’exclusion de l’incapacité fonctionnelle qui
pourrait être associée.
Lorsque ces problèmes morphologiques s’accompagnent
d’incapacité fonctionnelle, il conviendra de se reporter
au chapitre correspondant à la fonction intéressée :
Exemples :
- amputation : voir déficiences motrices ;
- énucléation : voir déficiences visuelles.
1. Déficience esthétique légère (taux : 1 à 10 p. 100)
Entraînant une gêne et quelques interdits rares mais pas
de retentissement notable dans la vie sociale ou professionnelle habituelle.
Exemples :
- séquelles de brûlure ou cicatrices étendues
respectant globalement les parties habituellement découvertes
du corps (main, face, cou).
2. Déficience esthétique moyenne (taux : 15 à 35 p. 100)
Pouvant avoir un retentissement sur la vie sociale et professionnelle
du sujet et pouvant entraîner des interdits multiples
(relations publiques).
Exemple :
- séquelles de brûlure ou cicatrices étendues
atteignant les parties découvertes, en respectant globalement
la morphologie générale et la mimique faciale.
3. Déficience esthétique importante (taux : 50 à 60 p. 100)
Entravant considérablement toute la vie sociale pour le sujet.
Exemple :
- séquelles de brûlures ou cicatrices de la face
entraînant une défiguration complète par atteinte
majeure de la morphologie et des orifices, et apportant des troubles
notables à la mimique faciale (paupières
essentiellement puis bouche, nez).
4. Déficience esthétique sévère (taux : 65 à 85 p. 100)
Exemple :
- défiguration complète interdisant toute vie sociale et professionnelle.
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