Hollande à l’épreuve de Merkel
12 mai 2012Jamais, probablement, une présidence ne jouera aussi vite son destin. Mardi prochain, le 15 mai 2012, François Hollande deviendra officiellement Président de la République française. Le même jour, il s’envolera pour Berlin afin de rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel, lourdement conservatrice et qui avait tout fait pour empêcher son élection (voir mon billet du 4 mars 2012, Sarkozy, candidat officiel de la Kommandantur germano-européenne). Elle et ses sbires n’ont cessé, ces derniers jours, de claironner leur opposition frontale à toute remise en cause de la politique austéritaire qui accable les peuples d’Europe, donc à la seule promesse électorale vraiment significative de François Hollande. Ainsi, au soir même de l’intronisation de notre nouveau Président, nous saurons s’il tient ou non sa promesse électorale cardinale, s’il se couche ou non devant les « marchés financiers » dont Merkel est la parfaite incarnation.
Qui vivra verra.
Pour ma part, je ne parierais pas un kopeck sur la fidélité de Hollande à ses engagements. Partie prenante de toutes les trahisons de la gauche gouvernante, on voit mal pourquoi il adopterait maintenant une autre politique. Et puis deux faits récents plaident en faveur de la soumission maintenue de Hollande aux puissances financières. Le premier est de notoriété publique : juste après avoir déclaré que la finance était son ennemie, il a couru à la City présenter ses excuses pour une telle outrecuidance. Le second n’a pas été assez souligné. Le Premier Mai, au lieu d’être aux côtés des manifestations organisées par les syndicats, très suivies cette année, Hollande est allé rendre hommage à Pierre Bérégovoy, lequel a été, quand il était ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie dans le gouvernement de Michel Rocard, de mai 1988 à mai 1991, le maître d’œuvre de la libéralisation des marchés financiers dont nous payons maintenant les conséquences.
Seule note d’espoir, la montée de la contestation à l’encontre de la politique austéritaire de la Kommandantur germano-européenne, en particulier la rébellion maintenant ouverte du peuple grec. Reste à savoir si François Hollande aura l’intelligence et le courage de se faire le leader de ce mouvement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce serait là une divine surprise.
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