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| Au petit peuple des RASED... |
Voir sur ce site les autres textes de Jacky Poulain.
Sur l’entreprise actuelle de destruction des RASED, voir la rubrique Actualités de la page consacrée aux RASED.
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Récapituler...« Nous marchons, vous marchez,
ils s’en foutent... » Nous ne sommes et ne serons jamais déçus qu’à hauteur de nos illusions. « L’école de la République est en danger. Jamais un gouvernement n’avait osé porté des coups aussi sévères contre elle au point de l’ébranler dans ses fondements. Une école est en train de disparaître sous nos yeux » Ces derniers mois, notre colère fut grande, passée l’incrédulité,
les manifestations imposantes...
Nous signons, vous signez, ils s’en foutent... La nature et le degré des mobilisations furent extrêmement variables selon le sujet,
le moment, le milieu concernés.
La radicalisation des actions massives n’a jamais pu atteindre le niveau des attaques répétées, diversifiées contre l’école et les RASED en particulier. Au pouvoir politique de jouer alors la montre, le pourrissement en lâchant 2 ou 3 leurres (ah, la fumeuse « sédentarisation » des 1500 !) Le bras de fer a tourné court, lentement mais sûrement :
Nous tournons, vous tournez, ils s’en foutent... Ces cortèges imposants, ces pétitions record (on rappellera ici que la pétition « RASED » a rassemblé le double de celle initiée autour de « pas de zéro de conduite... » !) pas plus que les actions symboliques (ces « rondes des obstinés... ») n’auront fait reculer d’un pouce Darcos/ Fillon/ Sarkozy... Darcos dont on redira ici les accointances avec l’idéologie de la droite extrême. Qu’on relise donc « Main basse sur l’école publique »
(Khaldi et Fitoussi), où l’on démontre en quoi le ministre de l’Education
« entend saper les bases de l’école publique républicaine et
pousser peu à peu les classes moyennes et supérieures vers le
privé », allant puiser ses idées dans un vivier idéologiquement
marqué, empruntant aussi bien au Club de l’Horloge (extrême-droite)
qu’à l’Opus Dei... C’est dire le progressiste qui sommeille vraiment
très, très profondément chez notre ministre... Ces quelques rappels pour redire – mais est-ce vraiment utile ? – qu’un projet éminemment politique est à l’œuvre, sous forme de rouleau compresseur, alliant les milieux ultra-conservateurs à l’aile la plus libérale de la droite. Quelques symboles forts sont venus malgré tout maintenir une flamme vacillante dans ce
crépuscule annoncé. Tenant un peu la bougie, Alain Refalo, professeur des écoles, invité le 17 mai au Plateau des Glières en Haute-Savoie, où se tenait un rassemblement « Paroles de résistance », auteur de la lettre « Je refuse d’obéir » : « Il est des moments dans une existence où le silence devient complicité avec l’injustice. Il est des moments où obéir passivement et appliquer les lois et les décrets sans discernement constituent un reniement profond des valeurs qui nous animent. Il est des moments où la désobéissance devient inéluctable... Il nous est rappelé que nous devons être des fonctionnaires obéissants, nous avons fait le choix d’être des fonctionnaires responsables, lucides, comptables de nos actes. Nous savons, même si comparaison n’est pas raison, que l’obéissance inconditionnelle aux ordres des supérieurs peut aboutir aux pires situations d’injustice. Ce qui veut dire qu’un fonctionnaire doit être un homme avant d’être un sujet, un homme qui obéit aux exigences de sa raison et de sa conscience avant de se soumettre aux ordres et injonctions de l’Etat. » Voilà très clairement posée la question de l’avenir, en particulier
celui de nos convictions ! Refalo, encore : « (... ) Sans l’espérance d’un a-venir, nous sommes condamnés de façon certaine à subir un aujourd’hui qui prépare des lendemains qui déchantent ! Nous n’avons plus le choix. Aurons-nous l’audace de résister aux forces conservatrices qui véhiculent l’idée d’une éducation soumise à la loi du marché ? Aurons-nous l’audace de refuser une école de la discrimination, de la compétition et de la sélection ? »
Ne pas capituler.« Ce n’est qu’un combat, continuons le début »... En retournant plaisamment le slogan, l’humoriste invitait ainsi non pas à freiner nos ardeurs militantes, mais sans doute plutôt à en limiter l’emballement aveugle (ces « Tous ensemble, Tous ensemble !!! » enfiévrés..., ces forêts de drapeaux fièrement brandis les jours de défilés..., mais ces gueules de bois terribles, les lendemains qui déchantent...). Il va s’agir pour tous d’organiser, de structurer cette résistance qu’on appellera ici – faute de mieux – « citoyenne » : les « fronts » ne manquent pas, malheureusement ! L’extrême-droite française ne renierait pas un certain nombre des orientations
politiques du pouvoir actuel : on s’accorde à le reconnaître pour la Justice,
l’Immigration, le Tout-sécuritaire,... on oublie peut-être un peu vite que le
raisonnement peut s’appliquer aussi à l’école ! Nous n’en sommes sans doute pas là ; mais les dérives de cette droite au pouvoir incitent (au minimum !) à la vigilance de chacun car « la puissance du totalitarisme n’est que la somme exacte de nos lâchetés particulières » (id.). Là où nous serons, où que nous soyons. Jacky Poulain |
Jacky Poulain remercie ses lecteurs de bien vouloir lui adresser leurs remarques et commentaires.
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