Les conditions particulières d’exercice des fonctions
d’instituteurs titulaires remplaçants entraînent des
difficultés de gestion de ces personnels, particulièrement
dans le domaine de leur information, de leur formation, spécialement
lorsqu’il s’agit de jeunes maîtres et de leur emploi.
Bien sûr, la solution des difficiles problèmes posés
par le fonctionnement du système de remplacement est très
largement fonction des réponses qui pourront être
apportées au niveau des moyens et sur le plan des conditions
matérielles faites aux agents qui en ont la charge, mais il
m’a paru nécessaire, sans attendre l’aboutissement des
recherches entamées dans le cadre d’une large concertation,
sur ces divers points, de vous indiquer ce qui me semblait pouvoir
faire l’objet d’améliorations immédiates.
I. Information
La première information dont doit disposer un instituteur
titulaire remplaçant se situe en fait avant sa nomination au
moment de sa participation au mouvement départemental.
Doivent figurer à ce mouvement les postes vacants de titulaires
mobiles comportant des précisions sur la composition des zones
d’interventions localisées et l’implantation des brigades, la
description des contraintes (amplitude des déplacements), des
indications sur la nature du poste (types de remplacements à
effectuer).
La description de ces postes devrait être accompagnée d’une
notice succincte rappelant les différentes indemnités
auxquelles peuvent prétendre les titulaires remplaçants
et indiquant les taux de ces indemnités et des échéances
de leur paiement. Les intéressés doivent en effet être
à même de contrôler les sommes qui leur sont
versées à ce titre, et à cet égard il est
particulièrement souhaitable que des états suffisamment
détaillés des frais remboursés leur soient
fournis au moment de chaque versement.
Après leur nomination, la principale difficulté pour donner aux
instituteurs chargés du remplacement des informations en temps
utile réside dans le fait qu’étant appelés à
de fréquents déplacements ils n’ont connaissance que
tardivement des différents documents qui peuvent leur être
adressés au lieu de leur résidence administrative officielle.
Dans l’attente d’une éventuelle modification des modalités
d’application de la franchise postale qui permettrait d’en faire
bénéficier le courrier échangé entre les
inspections académiques et les instituteurs titulaires mobiles
en dehors du siège de leur résidence administrative,
une solution pourrait être trouvée au problème de
l’information des titulaires mobiles par la remise d’un dossier
minimum, sorte de « vade mecum », au début de
l’année scolaire qui leur ferait connaître le calendrier
des opérations essentielles de gestion (mouvement
départemental – permutations interdépartementales – Loi
Roustan, etc.) ainsi que les dates des différents stages de
formation qui sont susceptibles de les intéresser, le nom et
l’adresse des conseillers pédagogiques adjoints aux
inspecteurs départementaux de l’Education nationale.
Enfin au début de chaque remplacement nouveau qu’effectue un
titulaire mobile, il est indispensable qu’il puisse compter de la
part du directeur d’école ou, lorsque c’est possible, de
l’instituteur qu’il va remplacer sur un minimum d’informations
concernant l’école et la classe où il va exercer et
relatives par exemple aux heures d’entrée et de sortie de
l’école, au fait qu’il y a ou non une cantine et des études
surveillées, aux dates des réunions du conseil des
maîtres et du conseil d’école, à l’emploi du
temps de la classe, au niveau pédagogique de cette classe, aux
manuels scolaires utilisés, etc.
Il va de soi que les différentes informations énumérées
ci-avant ne sont pas exhaustives de ce qui peut utilement être
apporté aux instituteurs titulaires remplaçants pour
leur éviter un isolement d’autant plus durement ressenti qu’il
s’agit souvent de jeunes maîtres.
II. Formation
Dans la mesure où, encore actuellement, une majorité de
titulaires mobiles est constituée de maîtres jeunes,
leur formation revêt une importance toute particulière.
À cet égard, ne serait pas inutile la constitution de dossiers
pédagogiques que vous pourriez faire élaborer en
liaison avec le centre départemental de documentation
pédagogique et l’école normale par exemple et qui
seraient prêtés à chaque nouveau titulaire
remplaçant lors de sa première nomination.
En cours d’année, l’instituteur titulaire mobile doit savoir
qu’il peut solliciter une aide pédagogique auprès de
l’IDEN de la circonscription où il est affecté. Il
appartient en tout état de cause aux conseillers pédagogiques
adjoints aux inspecteurs départementaux de l’Education
nationale de veiller à apporter leur soutien sur le terrain
prioritairement à cette catégorie de personnel ; l’un
d’entre eux pourrait être chargé plus spécialement
de répondre à la demande d’aide des instituteurs
titulaires remplaçants ; dans ce cas, ceux-ci devront en être
avisés.
Les réunions d’animation pédagogique organisées par
les IDEN ne peuvent pas toujours être suivies par tous les
titulaires remplaçants du fait de leurs déplacements.
Ils doivent dont être autorisés à assister à
la réunion d’un autre secteur si celle du secteur où
ils effectuent un remplacement a déjà eu lieu. Cette
autorisation sera donnée par l’IDEN de la circonscription
d’exercice. Il vous appartiendra de décider le cas échéant
de l’organisation de réunions spécifiques aux
personnels de remplacement.
Enfin, il n’existe pas pour le moment au niveau de la formation en école
normale des élèves-instituteurs de sensibilisation à
la fonction de remplaçant. D’autre part, la formation continue
exclut les instituteurs sortis de l’école normale depuis moins
de cinq ans. Or, c’est souvent après la première année
de remplacement que l’instituteur titulaire mobile aurait besoin d’un
stage de formation lui permettant à la lumière de sa
propre expérience et dans le cadre d’un réflexion
collective soutenue par la collaboration des professeurs d’école
normale et des IDEN de progresser dans sa propre recherche
pédagogique.
C’est pourquoi, je vous autorise à ne plus appliquer la règle
des cinq ans d’exercice pour l’accès aux stages de formation
continue des instituteurs titulaires remplaçants. Bien
entendu, leur participation à des stages qui pourront, si
nécessaire, être envisagés dès la première
année de fonctions, est subordonnée aux nécessités
du service. Il est donc indispensable que soient retenues des
périodes de l’année où cette participation pose
le moins de problème.
III. Attributions
Depuis les précédentes circulaires concernant l’utilisation
des instituteurs titulaires remplaçants (circulaires
n° 76-182 bis du 13 mai 1976 et n°
78-237 du 24 juillet 1978), l’expérience montre qu’il convient
de modifier le dispositif d’utilisation de ces personnels. La
distribution de l’emploi entre instituteurs des brigades et des zones
d’intervention localisée (ZIL) doit se fonder sur une
distinction entre les longs congés plus particulièrement
réservés aux instituteurs des brigades et les petits
congés couverts en règle générale par
les instituteurs des ZIL.
Aussi les instituteurs affectés aux brigades seront-ils chargés
du remplacement :
- Des décharges de service réglementaire ;
- Des stages de formation annuels, stages de formation continue ;
- Des congés de maternité ou d’adoption ;
- Des congés de longue maladie ;
- De l’aide au personnel de remplacement des ZIL.
Les instituteurs affectés aux zones d’interventions localisées
seront chargés du remplacement :
- Des absences pour participer aux séances des organismes
consultatifs du service ;
- Des congés de maladie et accidents supérieurs à
trois jours ;
- Des stages de courte durée ;
- Des autres absences et en particulier des congés de maternité
et longue maladie lorsque la brigade ne peut y faire face.
Dans le cas où ces instituteurs n’auraient pas à assurer ces
remplacements pour une période déterminée, ils
seront chargés de l’aide pédagogique à l’équipe
éducative dans les écoles du groupe d’intervention.
La distinction entre brigades et ZIL doit permettre d’avoir une
distribution suffisamment claire des moyens, mais elle ne doit pas
être ressentie comme un cloisonnement parfaitement étanche,
et des possibilités d’adaptation du service entre ZIL et
brigade peuvent être recherchées sur le plan local si
les circonstances l’exigent après consultation des organismes
paritaires.
Je vous rappelle en ce qui concerne les personnels qu’il convient de
respecter les contraintes kilométriques prévues pour
l’indemnisation de leurs interventions, à savoir un rayon de
vingt kilomètres autour de la résidence administrative,
sauf circonstances tout à fait exceptionnelles où
l’intérêt du service contraint de faire appel à
des instituteurs d’une ZIL voisine. Cette possibilité doit
être utilisée de façon ponctuelle et ne doit en
aucun cas conduire à une pratique systématique qui
serait considérée comme abusive.
J’appelle enfin votre attention sur le fait que la circulaire de rentrée
(note de service n° 82-021 du 13 janvier 1982, volume V, article 520-1) vous laisse la
possibilité là où des moyens en remplacement le
permettent de mener des expériences sur d’autres modalités
que celles actuellement en vigueur pour assurer le remplacement.
Aussi, je vous informe de la possibilité d’expérimenter pour
le remplacement dans les classes spécialisées, les
écoles nationales de perfectionnement et les écoles
nationales du premier degré l’utilisation d’instituteurs
titulaires mobiles spécialisés en demandant à la
direction des Ecoles, bureau DE 5, la transformation de postes
d’instituteurs titulaires remplaçants en postes d’instituteurs
remplaçants spécialisés.
Ces titulaires remplaçants spécialisés seront
chargés en priorité du remplacement dans l’éducation
spéciale mais pourront être également utilisés,
si besoin est, pour assurer le remplacement des maîtres dans
les classes ordinaires.
Il vous appartient d’organiser en fonction de l’implantation du réseau
scolaire ce dispositif nouveau de remplacement dans le cadre des
structures existantes (brigades ou ZIL).
Toutefois, pour éviter toute difficulté de rémunération
des intéressés, je vous demande de rattacher ces
maîtres à une école ou une classe spécialisée
et de veiller à leur confier au minimum les trois quarts de
leur temps de remplacements dans l’éducation spéciale.
Bien entendu, ce dispositif n’est pas limitatif des expériences que
vous pourriez entreprendre sur le plan local pour améliorer le
système du remplacement.
Je ne verrai que des avantages à ce que les adaptations
départementales du dispositif soient l’objet de consultations
précises avec les remplaçants, les remplacés et
leurs organisations représentatives.
Si des difficultés surgissaient pour l’application de la présente
circulaire, vous voudrez bien m’en saisir (direction des Ecoles,
bureau DE 8).
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