Psychologie, éducation & enseignement spécialisé
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La prévention des inadaptations
et les groupes d’aide psychopédagogique (GAPP)

 

Circulaire n° 76-197 du 25 mai 1976

La circulaire n° 90-082 du 9 avril 1990 se substitue à la présente circulaire pour ce qui concerne l’organisation et le fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires.


B.O. n° 21 du 3 juin 1976 
R.L.R., article 516-1.

(Écoles : bureau DE 11)

Texte adressé aux recteurs et aux inspecteurs d’académie


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La rénovation pédagogique actuellement en cours permet une approche nouvelle du problème de la prévention des inadaptations et de celui de l’adaptation des enfants handicapés en milieu scolaire.

Les classes de perfectionnement, dont la loi du 15 avril 1909 avait prévu la mise en place, ne se sont pas limitées à accueillir des enfants déficients intellectuels légers. Elles ont reçu des enfants en difficulté pour des raisons diverses et ont joué jusqu’à présent un rôle d’une grande utilité. Mais il convient d’aborder une nouvelle étape de l’action de l’école à l’égard de tous les enfants.

Déjà la circulaire n° IV-70-83 du 9 février 1970 avait déterminé des structures diversifiées facilitant la prise en charge des enfants rencontrant des difficultés particulières, temporaires ou durables, à tous les niveaux de leur scolarité, et avait prévu notamment la mise en place de groupes d’aide psychopédagogique (G.A.P.P.).

La présente instruction, qui s’adresse à l’ensemble des enseignants de l’école maternelle et de l’école élémentaire, a pour objet de préciser dans quelles conditions et dans quel esprit doit se faire leur développement.

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Sans renoncer à certaines interventions spécialisées pratiquées par des maîtres formés à ces fins, et justifiées par le recours à une pédagogie convenant pour la scolarisation d’enfants présentant certains handicaps ou déficits caractérisés, on donnera désormais la priorité aux actions de prévention et d’adaptation. Dans cette perspective, on rappellera d’abord que toute pédagogie est adaptation en même temps qu’elle est compensation. La plupart des enfants en difficulté sont des enfants ayant besoin, le plus souvent momentanément, d’une attention particulière. Il faut donc les aider. Aussi se donnera-t-on pour règle générale de les maintenir le plus possible dans le milieu scolaire ordinaire, parmi leurs camarades, l’échec scolaire au sens habituel du terme ne pouvant être considéré comme un critère suffisant.

Mais le maintien en milieu ordinaire ne peut avoir d’efficacité qu’à la double condition qu’il soit voulu par le maître responsable de la classe où devraient être admis ces enfants et que des appuis et des soutiens qualifiés soient apportés à la fois aux enfants en difficulté et aux maîtres qui les prennent en charge. Tel doit être le rôle des G.A.P.P. qui correspondent à une nouvelle phase transitoire dans la transformation de l’école dans son ensemble.

Ils permettent une diminution sensible de la proportion des retards scolaires et des redoublements constatés, ainsi qu’une réduction importante de la demande en matière de placement à l’intérieur des structures scolaires spécialisées.

Les G.A.P.P., instruments de prévention et d’adaptation sont une institution pédagogique spécialisée, travaillant au sein de l’école en liaison permanente avec l’ensemble des maîtres ainsi qu’avec tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont normalement les enfants en charge : les parents, les médecins intervenant au titre de la santé scolaire, les personnels du service social scolaire. Dans le cas des enfants bénéficiant en dehors de l’école de traitements ou d’aides spécifiques divers, par exemple en centre médico-psychopédagogique, les G.A.P.P. se mettront en rapport avec les intervenants. Dans cette perspective, il importe de rappeler que si les G.A.P.P. doivent être implantés par priorité dans les écoles dont la population a plus particulièrement besoin de leur apport, il y a lieu de prendre en considération la demande formulée par les écoles. Le G.A.P.P. ne doit pas seulement être toléré : il doit être un des moyens de favoriser la concertation de tous ceux qui sont intéressés par l’éducation de l’enfant et l’ouverture de l’institution sur son environnement. C’est pourquoi il sera tenu le plus grand compte, dans l’établissement, des priorités des vœux exprimés par les conseils des maîtres ou les conseils d’école.

L’un des aspects les plus importants de la tâche des membres du G.A.P.P. est l’observation des enfants au travail en classe (observation de groupe, observations individuelles complétées par les examens qu’il semble alors nécessaire de pratiquer). Les membres du G.A.P.P. confrontent le résultat de leurs observations avec celles du maître de la classe et recherchent avec lui des solutions possibles dans le cadre de cette classe. Ces solutions sont ensuite examinées, en concertation, par les maîtres réunis en conseil des maîtres. Au moins une réunion de conseil sera consacrée, chaque trimestre, à cet examen dont l’objectif premier est de rechercher ce qui peut être fait en classe pour l’enfant considéré et, le cas échéant, les soutiens individuels ou les prises en charge qui apparaissent nécessaires. Ainsi, la mission des G.A.P.P., en liaison permanente avec les maîtres chargés de classe, le médecin de santé scolaire et les travailleurs sociaux, est de rechercher une solution qui peut être :

Il convient de préciser certaines règles relatives à la mise en place des Groupes d’aide psycho­pédagogique.

L’équipe du G.A.P.P., se compose de trois instituteurs spécialisés : un psychologue scolaire, un maître chargé des réadaptations psychopédagogiques, un maître chargé des réadaptations psychomotrices.

Les équipes qui comprennent seulement un psychologue et un maître chargé de réadaptations devront dès que possible être complétées et cette « normalisation » doit être prioritaire par rapport à la constitution de nouveaux G.A.P.P..

Dès maintenant, chaque fois que ce sera possible, tous les psychologues et tous les rééducateurs en fonctions dans un département seront ainsi réunis en équipe. Toutefois, cette disposition ne s’applique pas aux personnels travaillant à temps complet dans des unités d’enseignement et de recherche, des centres de formation ou des centres médico-psychopédagogiques.

Provisoirement, il pourra encore être demandé aux psychologues scolaires de pratiquer, à la demande des commissions d’éducation spéciale, l’examen psychologique d’enfants fréquentant des écoles non desservies par un G.A.P.P.. Cette activité ne pourra dépasser un tiers de l’horaire hebdomadaire du psychologue scolaire.

Le G.A.P.P. exerce son action en direction des maîtres des écoles publiques de son secteur, et en direction de l’ensemble des élèves de ces écoles. Il prend en charge un secteur d’environ 1 000 élèves. Le décompte de cet effectif est fait obligatoirement à partir de l’école maternelle, avec addition des élèves des écoles élémentaires voisines.

Ce secteur comprend également les classes, sections et établissements d’adaptation ou d’éducation spéciale fonctionnant dans les écoles desservies ou à proximité. Il s’étend enfin, en accord avec les commissions d’éducation spéciale et en liaison avec le Centre national de télé-enseignement, aux enfants à qui un handicap temporaire ou durable interdit la fréquentation de l’école ou d’un établissement d’éducation spéciale. Dans le cas où ce secteur inclut un établissement ou une section d’éducation spécialisée, ou dessert une population rencontrant dans son ensemble des difficultés particulières, l’effectif pris en charge peut être sensiblement inférieur à 1 000 élèves.

Le G.A.P.P. est rattaché administrativement à une des écoles dans lesquelles il est habilité à intervenir. Dans chacune d’entre elles, il dispose des locaux nécessaires à son action.

Il est placé sous l’autorité de l’I.D.E.N. (de la circonscription maternelle ou primaire) dont dépend l’école à laquelle il est rattaché. Comme son secteur inclut le plus souvent une école maternelle et une ou plusieurs écoles élémentaires, il peut exercer ses fonctions dans des classes dépendant de plusieurs I.D.E.N. C’est une concertation réunissant les I.D.E.N. et l’inspecteur spécialisé qui permet de résoudre les problèmes susceptibles de se poser et qui détermine l’esprit et les modalités du travail demandé au G.A.P.P..

En particulier, le rôle de l’I.D.E.N. spécialisé sera de veiller aux conditions de mise en place du G.A.P.P. et de lui apporter un soutien par des interventions et des conseils techniques.

J’attache la plus grande importance à la mise en œuvre méthodique des présentes instructions qui seront complétées par des directives techniques relatives aux moyens, aux démarches et aux méthodes caractérisant la fonction de chacun des membres du G.A.P.P..


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Dernière révision : mardi 30 septembre 2014 – 17:40:00
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