La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées
Décret modifiant le code de l’action sociale et des familles (partie réglementaire)

 

Décret n° 2005-1589 du 19 décembre 2005

J.O. n° 295 du 20 décembre 2005 – page 19594 – texte n° 53
Décrets, arrêtés, circulaires - Textes généraux - Ministère de la santé et des solidarités
NOR: SANA0524617D

Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre de la santé et des solidarités, du ministre de l’éducation nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche et du ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement,
Vu le code de l’action sociale et des familles, notamment ses articles L. 146-9 et L. 241-5 à L. 245-11 ;
Vu le code de la sécurité sociale ;
Vu le code du travail ;
Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec l’administration ;
Vu le décret n° 2001-654 du 19 juillet 2001 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les déplacements des personnels des collectivités locales et établissements publics mentionnés à l’article 2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et abrogeant le décret n° 91-573 du 19 juin 1991 ;
Vu la lettre de saisine de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés en date du 2 novembre 2005 ;
Vu l’avis de la Caisse nationale des allocations familiales en date du 22 novembre 2005 ;
Vu l’avis du Conseil national consultatif des personnes handicapées en date du 12 octobre 2005 ;
Le Conseil d’État (section sociale) entendu,
Décrète :

 


Article 1

Après le chapitre Ier du titre IV du livre II du code de l’action sociale et des familles, il est inséré un chapitre Ier bis ainsi rédigé :

« Chapitre Ier bis

« Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées

« Art. R. 241-24. – La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées prévue à l’article L. 241-5 est composée comme suit :

« 1° Quatre représentants du département désignés par le président du conseil général ;

« 2° Quatre représentants de l’État :

« a) Le directeur départemental des affaires sanitaires et sociales ou son représentant ;

« b) Le directeur départemental du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle ou son représentant ;

« c) L’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’éducation nationale ou son représentant ;

« d) Un médecin désigné par le directeur départemental des affaires sanitaires et sociales ;

« 3° Deux représentants des organismes d’assurance maladie et de prestations familiales proposés conjointement par le directeur régional des affaires sanitaires et sociales et le chef du service régional de l’inspection du travail, de l’emploi et de la politique sociale agricoles, parmi les personnes présentées par ces organismes ;

« 4° Deux représentants des organisations syndicales proposés par le directeur départemental du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, d’une part, parmi les personnes présentées par les organisations professionnelles d’employeurs les plus représentatives, d’autre part, parmi les personnes présentées par les organisations syndicales de salariés et de fonctionnaires les plus représentatives ;

« 5° Un représentant des associations de parents d’élèves proposé par l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’éducation nationale, parmi les personnes présentées par ces associations ;

« 6° Sept membres proposés par le directeur départemental des affaires sanitaires et sociales parmi les personnes présentées par les associations de personnes handicapées et de leurs familles ;

« 7° Un membre du conseil départemental consultatif des personnes handicapées désigné par ce conseil ;

« 8° Deux représentants des organismes gestionnaires d’établissements ou de services pour personnes handicapées, dont un sur proposition du directeur départemental des affaires sanitaires et sociales et un sur proposition du président du conseil général.

« Le préfet et le président du conseil général nomment, par arrêté conjoint et pour une durée de quatre ans renouvelable, les membres titulaires, à l’exception des représentants de l’État, ainsi que des suppléants, dans la limite de trois, pour chaque membre titulaire. L’arrêté de nomination est publié au Recueil des actes administratifs du département et au Recueil des actes administratifs de la préfecture.

« Un membre, titulaire ou suppléant, ne peut appartenir ni à l’équipe pluridisciplinaire mentionnée à l’article L. 146-8, ni être nommé à plusieurs titres dans la commission.

« Tout membre démissionnaire ou ayant perdu la qualité à raison de laquelle il a été nommé est remplacé dans les mêmes conditions. Il peut également être mis fin aux fonctions d’un membre, titulaire ou suppléant, et pourvu à son remplacement, à la demande de l’autorité ou de l’organisme qui l’a présenté. Pour ceux des membres dont le mandat a une durée déterminée, le remplaçant est nommé pour la durée du mandat restant à courir.

« Les membres de la commission siègent à titre gratuit. Leurs frais de déplacement sont remboursés par la maison départementale des personnes handicapées, selon les modalités fixées par le décret n° 2001-654 du 19 juillet 2001 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les déplacements des personnels des collectivités locales et établissements publics mentionnés à l’article 2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et abrogeant le décret n° 91-573 du 19 juin 1991.

« Art. R. 241-25. – La commission exécutive de la maison départementale des personnes handicapées peut décider d’organiser la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées en sections locales ou spécialisées, chargées de préparer les décisions de la commission. Ces sections comportent au moins un tiers de représentants des associations de personnes handicapées et de leurs familles.

« Art. R. 241-26. – Le président, dont le mandat de deux ans est renouvelable deux fois, est élu à bulletins secrets, parmi les membres de la commission ayant voix délibérative, sous réserve de la présence d’au moins 50 % d’entre eux. Au premier tour, son élection est acquise à la majorité des deux tiers des suffrages exprimés. Il est procédé, le cas échéant, à un deuxième tour, où son élection est acquise à la majorité absolue des suffrages exprimés, et à un troisième tour, à la majorité relative des suffrages exprimés.

« À défaut de quorum, l’élection est reportée à quinzaine. Il est procédé au scrutin sans règle de quorum. Le président est élu, au premier tour à la majorité absolue des suffrages exprimés, au second tour à la majorité relative des suffrages exprimés.

« Un vice-président est élu dans les mêmes conditions pour une durée identique. En cas d’organisation de la commission en sections, un deuxième vice-président peut être élu.

« En cas d’empêchement ou d’absence du président, la présidence de la séance est assurée par le vice-président.

« Le procès-verbal de chaque réunion, comprenant un relevé des décisions prises, est signé par le président de séance.

« Art. R. 241-27. – Les membres de la commission ont voix délibérative, à l’exception de ceux mentionnés au 8° de l’article R. 241-14, qui n’ont que voix consultative.

« La commission délibère valablement si le quorum de 50 % de ses membres est atteint. A défaut, elle délibère valablement sans quorum à quinzaine. Ses décisions sont prises à la majorité simple, et, en cas de partage des voix, la voix du président est prépondérante.

« Cependant, lorsque la décision porte sur l’attribution de la prestation de compensation, les voix sont pondérées en fonction de la règle suivante : lorsque le nombre N1 des membres présents de la commission qui représentent le département est inférieur ou égal au nombre N2 des autres membres présents ayant voix délibérative, un coefficient X égal à (N2 + 1)/N1 est appliqué aux voix des représentants du département. Dans cette hypothèse, la voix du président n’est jamais prépondérante.

« Art. R. 241-28. – Conformément aux dispositions prévues au sixième alinéa de l’article L. 241-5, la commission peut décider de constituer une ou plusieurs formations comprenant au minimum trois de ses membres ayant voix délibérative, au nombre desquels figurent au moins un représentant du département et un représentant de l’État, à laquelle elle peut déléguer le pouvoir de prendre en son nom tout ou partie des décisions dans les matières suivantes :

« 1° Renouvellement d’un droit ou d’une prestation dont bénéficie une personne handicapée lorsque son handicap ou sa situation n’a pas évolué de façon significative ;

« 2° Reconnaissance des conditions prévues au 2° de l’article L. 381-1 du code de la sécurité sociale ;

« 3° Attribution de la carte d’invalidité ou de la carte portant la mention "Priorité pour personnes handicapées, mentionnées respectivement aux articles L. 241-3 et L. 241-3-1 du présent code ;

« 4° Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé répondant aux conditions définies par l’article L. 323-10 du code du travail ;

« 5° Situations nécessitant qu’une décision soit prise en urgence.

« Les membres de ces formations peuvent décider de transmettre une demande à la commission plénière.

« Chaque formation rend compte régulièrement à la commission du nombre et du type de décisions prises selon cette procédure simplifiée.

« La commission prévoit, dans sa délibération instituant ces formations, les règles de scrutin qui leur sont applicables, et prévoit, pour les décisions portant sur l’attribution de la prestation de compensation, des règles spécifiques transposant à ces formations les règles prévues au troisième alinéa de l’article R. 241-27.

« Ne peuvent faire l’objet d’une procédure simplifiée, outre les recours gracieux, les demandes de réexamen d’une précédente décision qui n’aurait pas pu être mise en oeuvre pour un motif quelconque.

« Si une personne handicapée ou, s’il y a lieu, son représentant légal, s’oppose à une procédure simplifiée de décision concernant les demandes qu’elle formule, elle en fait expressément mention au moment du dépôt de la demande. La personne est également informée qu’en cas de procédure simplifiée de décision, elle ne sera pas entendue.

« Art. R. 241-29. – La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées se dote d’un règlement intérieur.

« Art. R. 241-30. – La personne handicapée ou, le cas échéant, son représentant légal, est informée, au moins deux semaines à l’avance de la date et du lieu de la séance au cours de laquelle la commission se prononcera sur sa demande, ainsi que de la possibilité de se faire assister ou de se faire représenter par la personne de son choix.

« Art. R. 241-31. – Les décisions de la commission sont motivées. Elles sont prises au nom de la maison départementale des personnes handicapées. Leur durée de validité ne peut être inférieure à un an ni excéder cinq ans, sauf dispositions législatives ou réglementaires spécifiques contraires.

« Art. R. 241-32. – La décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées est notifiée par le président de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, à la personne handicapée ou à son représentant légal, ainsi qu’aux organismes concernés.

« Art. R. 241-33. – Le silence gardé pendant plus de quatre mois par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées à partir du dépôt de la demande mentionné à l’article R. 146-25 auprès de la maison départementale des personnes handicapées vaut décision de rejet.

« Art. R. 241-34. – La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées transmet chaque année un rapport d’activité portant sur son fonctionnement et sur l’exercice de ses missions à la commission exécutive de la maison départementale des personnes handicapées au préfet, au président du conseil général, au conseil départemental consultatif des personnes handicapées et à la commission exécutive de la maison départementale des personnes handicapées. »

Article 2

I. – Le code de l’action sociale et des familles est modifié ainsi qu’il suit :

1° Le chapitre II du titre IV du livre II est intitulé : « Chapitre II : Enfance et adolescence handicapées », sa section 1 est intitulée : « Section 1 : Scolarité et accompagnement des enfants et des adolescents handicapés », et les sous-sections 1 et 2 de cette section, comprenant les articles R. 242-1 à R. 242-13, sont abrogées ;

2° Au 1° du II de l’article R. 314-105, au premier alinéa de l’article R. 314-121 et au dernier alinéa de l’article R. 314-122, les mots : « commission départementale de l’éducation spéciale » sont remplacés par les mots : « commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées » ;

3° Le I de l’article R. 314-147 est remplacé par les dispositions suivantes :

« I. – Les dispositions de l’article R. 314-122 sont applicables aux adultes. »

4° À l’article R. 344-1, les mots : « commission technique d’orientation et de reclassement professionnel » sont remplacés par les mots : « commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées ».

II. – Le code de la sécurité sociale est modifié ainsi qu’il suit :

1° Au troisième alinéa de l’article R. 143-7, les mots : « de l’article L. 323-11 du code du travail et de l’article L. 242-8 du code de l’action sociale et des familles. » sont remplacés par les mots : « du premier alinéa de l’article L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles. » ;

2° Au c du 3° et au 4° de l’article R. 143-15, les mots : « contestations prévues au dernier alinéa du I de l’article L. 323-11 du code du travail et à l’article L. 242-8 du code de l’action sociale et des familles » sont remplacés par les mots : « contestations prévues au premier alinéa de l’article L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles. » ;

3° La section 7 du chapitre IV du titre IV du livre Ier est intitulée : « Section 7 : Contentieux des décisions mentionnées au premier alinéa de l’article L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles », et son article R. 144-20 est remplacé par les dispositions suivantes :

« Art. R. 144-9. – Les recours prévus au premier alinéa de l’article L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles sont soumis aux dispositions des articles R. 143-3, R. 143-3-1 et R. 143-6 à R. 143-14.

« Le défendeur dans ces instances est la maison départementale des personnes handicapées dans laquelle est situé le siège de la commission dont la décision est contestée. »

4° Au b du 4° de l’article R. 742-12, les mots : « commission de l’éducation spéciale ou de la commission technique d’orientation et de reclassement professionnel instituées par la loi n° 75-534 du 30 juin 1975. » sont remplacés par les mots : « commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées mentionnée à l’article L. 146-9 du code de l’action sociale et des familles. »

III. – Dans la sous-section 1 de la section 2 du chapitre III du titre II du livre III du code du travail, les articles R. 323-32 et R. 323-33 sont abrogés.

Article 3

I. – La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de chaque département est compétente pour examiner les demandes présentées antérieurement à sa mise en place à la commission départementale de l’éducation spéciale ou à la commission technique d’orientation et de reclassement professionnel qui n’ont pas donné lieu à une décision de ces dernières commissions.

II. – Durant l’année 2006, le délai fixé à l’article R. 241-33 est porté à six mois.

III. – Jusqu’à la mise en place de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, les décisions autres que l’attribution de la prestation de compensation mentionnée à l’article L. 245-1 du code de l’action sociale et des familles sont prises par la commission départementale de l’éducation spéciale ou par la commission technique d’orientation et de reclassement professionnel, en application des dispositions qui régissaient ces deux dernières commissions avant l’entrée en vigueur du présent décret.

Article 4

Le ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, le ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement, le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, le ministre de la santé et des solidarités, le ministre de l’agriculture et de la pêche, le ministre délégué aux collectivités territoriales et le ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 19 décembre 2005.

Par le Premier ministre :
Dominique de Villepin
Le ministre de la santé et des solidarités,
Xavier Bertrand
Le ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire,
Nicolas Sarkozy
Le ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement,
Jean-Louis Borloo
Le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche,
Gilles de Robien
Le ministre de l’agriculture et de la pêche,
Dominique Bussereau
Le ministre délégué aux collectivités territoriales,
Brice Hortefeux
Le ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille,
Philippe Bas

 

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Daniel Calin © Tous droits réservés Dernière révision : samedi 22 décembre 2007 – 12:00:00