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| À propos du rapport de l’INSERM sur le “trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent” |
Sur le site de la Société Psychanalytique de Paris, lire un article de Roger Misès sur le même sujet.
Sur le site personnel de Michel S. Lévy, sur une thématique proche, lire cet article d’une qualité et d’une originalité exceptionnelles : Dyslexie, hyperactivité, dysphasie : pédopsychiatrie ou neuropédiatrie ?.
Retrouvez le Dr Vincent, en librairie, sous sa vraie identité : Stéphanie Becquet, Journal d’un médecin généraliste, Le Cherche-Midi, novembre 2009.
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Bonsoir, Je suis un peu effarée par le nouveau rapport d’experts de l’INSERM(1) de septembre 2005, qui recommande de dépister les troubles du comportement de façon systématique dès l’âge de 36 mois(2). Il propose de former les enseignants au dépistage de ces troubles de façon à augmenter l’efficacité de la procédure. Ceci étant bien entendu fait en vue de prescription éventuelle de Ritaline ou Concerta LP(3) qui sont des dérivés amphétaminiques ou plus trivialement dénommés “pilule d’obéissance”. Je rappelle que les amphétamines coupe-faim et autres ont été retirées du marché il y a plus de 10 ans pour cause de toxicomanie. Nos enfants vont en “bénéficier” pour le grand bénéfice des laboratoires. Va-t-on copier le modèle américain qui a 5 millions d’enfants “traités” à la Ritaline ? Il a été prouvé (dictionnaire Vidal 2005) qu’il existe une accoutumance psychique à ce produit, ce qui répond à la définition de “drogue” ; seulement elle est légale. Elle est prescrite en premier lieu par le spécialiste puis par le médecin traitant qui a obligation de continuer ce traitement sans modification ni changement de posologie. Dans ma pratique, je vois peut-être des enfants en situation de souffrance psychique mais accompagnés la plupart du temps de parents débordés, angoissés, qui ont parfois abdiqué officieusement leur autorité parentale, parfois sous anxiolytiques et je me demande si on ne pourrait pas créer une “école des parents” (une éducation qui apprendrait aux parents à se faire obéir). De plus, parfois l’hyperactivité peut être causée par une carence en fer, en magnésium, trop de sucres raffinés. L’INSERM a créé un nouveau syndrome, le TOP(4) (trouble oppositionnel avec provocation) : ce comportement relève pour ma part d’une construction de l’individu qui ne se fait pas forcément sans souffrance parentale ou infantile. Qui n’a pas subi une magnifique colère de la part de son petit amour adoré ? De plus les leaders que je connais (avocats, ingénieurs, maires, médecins, etc.) n’ont pas été des modèles de sagesse. Autrefois la solution était “le bonnet d’âne et au coin”. Pour ma part, un enfant trop sage me fait peur et je serais désespérée que mon fils ne me “pimente” pas la vie. Veut-on un monde à la Huxley ? On y arrive doucement, mais je ne suis pas sûre d’apprécier celui-ci. Dr Vincent
NotesNotes ajoutées par Daniel Calin (1) L’INSERM
est l’Institut National de la Santé et de la Recherche
Médicale. Institution a priori vénérable, jusqu’à
ce qu’y soit installée, il y a quelques années, une mafia neurocomportementaliste
qui depuis commet régulièrement des “rapports d’experts” qui tentent,
avec un succès regrettable, d’imposer en France cette idéologie calamiteuse comme
la norme scientifique. (2) En réalité, les Recommandations de ces experts décidément très en verve vont beaucoup plus loin. Je cite, in extenso : Les examens de santé en France se déroulent depuis la grossesse jusqu’à l’adolescence avec des bilans systématiques pour l’enfant (8e jour, 9 mois, 24 mois, 5-6 ans). Ces examens devraient permettre de repérer des signes d’appel de trouble des conduites chez les enfants et également d’identifier des facteurs de risque familiaux ou environnementaux très précocement, voire dès la grossesse (page 46). Ce rapport évoque d’ailleurs (page 2), sans prendre clairement ses distances, la théorie du criminel-né élaborée par Lombroso au 19ème siècle. On n’arrête pas le progrès ! (3) Voir, sur ma page Humeurs, les textes consacrés à cette drogue officielle : Ne bourrez pas les enfants de psychotropes !, Hyperactivité et Ritalin et Ritalin(e) (bis). Toujours sur cette page, voir aussi un texte qui concerne les questions de fond soulevées par cette médicalisation de tous les malaises : Sociétés et troubles psychiques. (4) C’est faire beaucoup trop d’honneur à la mafia neurocomportementaliste de l’INSERM que d’imaginer qu’elle ait pu inventer quoi que ce soit. Elle ne fait là, comme d’habitude, que relayer en France les “inventions” de la psychiatrie américaine. “Trouble Oppositionnel avec Provocation” (TOP) n’est que la traduction française de “Oppositional Defiant Disorder” (ODD). Ce “désordre” est une invention de l’American Psychiatric Association, créatrice du DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual – Revision 4). Le TOP/ODD porte le code 313.81 dans ce manuel de diagnostic psychiatrique. Voir, en anglais, la mise en ligne du DSM-IV. Voir aussi la traduction française de la définiton du TOP/ODD. On ne rit pas, s’il vous plaît, c’est de la psychiatrie scientifique ! |
Le Dr Vincent remercie ses lecteurs de bien vouloir lui adresser leurs remarques et commentaires.
Écrire à Daniel Calin, en précisant “Pour le Dr Vincent” :
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