Intégrations en classe ordinaire

(option D)
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Céline

Intégrations en classe ordinaire

Message par Céline » 09 nov. 2005 22:24

Bonjour
Malgré la circulaire d'avril 2002 et l'arrivée de la scolarisation des enfants handicapés avec la loi de février 2005, je me retrouve encore face à certains enseignants qui ne considèrent pas les enfants intégrés comme faisant partie de leur classe ou qui ne comprennent pas pourquoi je leur demande une intégration individuelle pour certaines matières alors qu'ils ont été orientés en CLIS et qu'ils ne reviendront pas dans le circuit ordinaire. Je leur explique que mon objectif principal est le développement de compétences transversales... mais ce n'est pas toujours facile, ni accepté... Je me suis battue pendant un an en avançant tout doucement et aujourd'hui, les premiers essais d'intégration individuelle pour des disciplines dites scolaires ou sans intervenants sont de véritables échecs !
On revient en arrière : "je ne veux plus le prendre dans ma classe, je refuse de rencontrer les parents, ce n'est pas mon élève..." Que dire ? Que faire ? Peut-être que si les explications venaient de la hiérarchie, ce serait plus facile ?

Daniel Calin
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Message par Daniel Calin » 09 nov. 2005 23:56

Céline a écrit :Peut-être que si les explications venaient de la hiérarchie, ce serait plus facile ?
Vous répondez vous-même à votre question : bien sûr que c'est à la hiérarchie d'intervenir ! Ce devrait même être aux commissions d'orientation, ancienne ou nouvelle formule, qui ont parfaitement le droit de prescrire des temps d'intégration, et même de les définir. En tous cas, ne restez pas seule avec cela. Ce n'est en aucun cas votre affaire, c'est l'affaire de tous, et c'est "l'institution" qui incarne ce "tous"...
Cordialement,
Daniel Calin

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 10 nov. 2005 20:11

Bonsoir Céline,

L'orientation en CLIS est (était bientôt) proposée par la CCPE, à charge pour elle de coordonner les actions autour des intégrations, y compris, je confirme les propos de Daniel, en prévoyant noir sur blanc dans le PIIS (maintenant PPS), les temps d'intégration dans les classes "ordinaires", voire l'inverse (cf un autre post).

Faites intervenir l'institutionnel, puis l'institution si nécessaire. Et ne baissez pas les bras, votre attente est légitime...
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

Mike
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Message par Mike » 10 nov. 2005 20:16

Ce que j'ai pu constater, c'est que les intégrations sont très positives pour les élèves. Ma classe est extrêmement difficile, certains élèves ont de gros problèmes de comportement (ils ne devraient pas être en CLIS...) et forcément leur comportement influe sur les autres...
J'intègre une élève en CP pour la lecture et l'écriture depuis peu. Cela se passe tres bien. Elle s'y comporte bien et cela rejaillit sur sa conduite en classe.
Sinon, à part l'EPS, je n'ai pas d'autres intégrations non plus... Je suis un peu confronté aux même problèmes que Céline, mais je vais essayer d'insister un peu plus...

Daniel Calin
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Message par Daniel Calin » 13 nov. 2005 19:11

Mike a écrit :certains élèves ont de gros problèmes de comportement (ils ne devraient pas être en CLIS...)
Ça, c'est discutable. Il est vrai que les troubles du comportement correspondent mal à la nouvelle définition de l'option D (troubles importants des fonctions cognitives). Mais ils correspondaient aux définitions antérieures de cette option, et le récent décret sur les ITEP, établissements destinés à accueillir des élèves présentant des troubles du comportement, réservent toujours les postes d'enseignants dans ces établissements à des titulaires de l'option D (CAPA-SH ou 2CA-SH)... De plus, plusieurs départements se sont lancés dans la création de CLIS 1 spécifiquement tournées vers les élèves présentant des troubles du comportement... Avec des maîtres D, bien sûr.

Un des problèmes des CLIS est probablement, justement, qu'elles sont susceptibles d'accueillir un public très varié, y compris des élèves présentant des troubles du comportement. Votre situation est en fait très banale. C'est plus la norme (réglementaire !) qu'une anomalie. Au regard des textes réglementaires, ce sont les CLIS à pathologies homogènes qui sont une anomalie...
Cordialement,
Daniel Calin

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 14 nov. 2005 19:48

Pour compléter le post de Daniel.

On peut faire une tentative de typologie des CLIS D :
1. champ mental
1.1. troubles de la personnalité
1.2. versant déficitaire
2. troubles du comportement

La question reste : faut-il des CLIS monorecrutement ?

Est-il si facile d'établir un versant déficitaire "primaire" (n'est-il pas, parfois ? souvent ? le "symptôme d'autre chose") ?
Comment ne pas entrer dans une médicalisation à outrance pour le 2 (Ritaline, etc.) - vue la pression des médecins, des parents, des enseignants, ... ?
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

Invité

Message par Invité » 16 nov. 2005 14:10

On peut intégrer nos élèves dans toute activité qu'ils peuvent pratiquer comme les élèves de leur classe d'âge :
- EPS, assez couramment ;
- éducation artistique (musique, arts visuels) ;
- langues vivantes étrangères, le plus souvent abordées oralement.

Il arrive que les élèves se sentent suffisamment à l'aise dans quelques domaines pour suivre des enseignements (avec quelques adaptations) en classe ordinaire (par exemple, un élève non lecteur suivant parfaitement des cours de géométrie en cycle 3).

Les intégrations sont modulables, le nombre de matières enseignées en classe ordinaire pouvant être augmenté en cas de "déblocages". Les plages horaires peuvent être modifiées en fonction des besoins de l'enseignant de la classe d'accueil, même si un emploi du temps hebdomadaire stable est préférable.

Pas de préjugé sur les classes d'âge. Un enfant d'âge de 6e peut réussir une intégration en CE2. Le niveau et l'intérêt de l'élève priment.

On peut aussi pratiquer des intégrations collectives en mêlant nos élèves avec ceux de classes ordinaires (décloisonnements, projets collectifs...).

Intégrer des élèves en classe ordinaire est plus simple avec les années passées dans l'établissement, davantage lorsqu'on a eu quelques classes ordinaires dans l'école, surtout si l'on a soi-même intégré des élèves de classes spécialisées (CLIS, CLIN et anciennes perf).

Les collègues débutants et inexpérimentés sont les plus ouverts au principe d'intégration. Ils accueillent souvent très bien nos élèves, s'adaptant à l'intégration comme à leur nouvelle classe, et en conservent généralement une bonne impression, ainsi que l'élève intégré.

Les élèves présentant des troubles comportementaux doivent être confiés à des collègues posant un cadre stable.

En cas de refus catégorique et non motivé (par des collègues, voire par la direction d'école), en parler au sécrétaire de CCPE représentant l'IEN ou à l'IEN. Néanmoins, on peut discuter l'opportunité de confier nos élèves à des collègues qui les fuient. Les collègues du RASED peuvent aussi promouvoir les intégrations, même s'ils ne sont pas toujours bien perçus par les adjoints.

La théorie veut que tout collègue (directeur ou adjoint) prenant poste dans une école comprenant une CLIS accepte tacitement la politique d'intégration de cette école (à défaut de la promouvoir). Mais la majorité des collègues ne le savent pas.

L'intégration s'effectue moins facilement lorsque les classes de l'école sont chargées (par exemple, dans l'attente d'une ouverture de classe). Beaucoup de collègues acceptent le principe des intégrations mais les fuient. Je crois qu'ils ont peur de n'être pas à la hauteur. Certains élèves sont aussi réticents, souvent par honte de leurs incapacités ou par peur d'éventuelles moqueries. Ne pas hésiter à mettre des mots là-dessus pour les aider à surmonter leurs craintes, mais ça ne marche pas toujours.

La CLIS dispose-t-elle d'un AVS ? Il peut accompagner les élèves dans leurs classes d'intégrations, animer un petit atelier de travail (sous la responsabilité pédagogique d'un enseignant) et épauler l'enseignant de la classe d'intégration. (Là encore, certains collègues fuient la présence d'un autre adulte dans leur classe.)

Il peut être intéressant de faire une double-inscription de quelques élèves pour l'année suivante, après discussion au sein de la REE, dans l'intérêt de l'élève et pour y préparer les collègues (qui répartissent les effectifs de classe en fonction des intégrations prévues dès le début d'année).

Bon courage.

Franour
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Intégrations

Message par Franour » 19 juin 2006 20:35

Vous avez répondu : il peut être intéressant de faire une double-inscription de quelques élèves pour l'année suivante, après discussion au sein de la REE, dans l'intérêt de l'élève et pour y préparer les collègues (qui répartissent les effectifs de classe en fonction des intégrations prévues dès le début d'année).

Je suis enseignante de CLIS dans une école qui aimerait bien intégrer mes élèves en double inscrption et nous envisageons de fonctionner en CLIS ouverte. Mais le frein est la non comptabilité des élèves de CLIS dans l'effectif total et nous allons subir une fermeture de classe. :( Il faut toujours négocier avec les collègues et je me mets à leur place. On nous dit d'intégrer les élèves mais rien n'est fait pour nous aider (pas d'AVS... élèves qui ne comptent pas, donc considérés comme une surcharge de travail)
Nous essayons de trouver des solutions mais ce n'est pas facile. :?

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Re: Intégrations

Message par * » 28 juin 2006 20:38

Franour a écrit :Mais le frein est la non comptabilité des élèves de CLIS dans l'effectif total et nous allons subir une fermeture de classe.
Nos élèves doublement inscrits (4 des 12 élèves de la CLIS de mon école en 2005-2006) sont comptabilisés dans les effectifs de classe et dans l'effectif total.

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Message par Franour » 29 juin 2006 22:16

La circulaire du 30 avril 2002 spécifie bien : "L'effectif des élèves de CLIS est comptabilisé séparément de l'effectif des autres classes de l'école en ce qui concerne les mesures de carte scolaire." Une CLIS dans l'école n'empêche pas une fermeture de classe et il est bien difficile d'intégrer dans des classes surchargées après une fermeture.
Y aurait-il du nouveau de ce côté-là ?

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Message par * » 05 juil. 2006 09:33

Franour a écrit :La circulaire du 30 avril 2002 spécifie bien : "L'effectif des élèves de CLIS est comptabilisé séparément de l'effectif des autres classes de l'école en ce qui concerne les mesures de carte scolaire." Une CLIS dans l'école n'empêche pas une fermeture de classe et il est bien difficile d'intégrer dans des classes surchargées après une fermeture.
Y aurait-il du nouveau de ce côté-là ?
Sur notre école, les élèves de CLIS non doublement inscrits dans les classes banales ne sont pas comptabilisés dans les effectifs d'école. Ceux qui sont doublement inscrits le sont.

Les doubles inscriptions sont décidées en REE et reçoivent l'aval de notre psychologue scolaire, de notre secrétaire de CCPE/référent handicap, de notre directeur d'école et des parents des élèves concernés.

Je ne sais si on peut considérer cela comme une entorse à la législation en vigueur ou, au contraire, comme une liberté tolérée par cette législation.

Franour
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Message par Franour » 31 août 2006 20:44

Il semble que dans notre académie ce ne soit pas possible, hélas, de comptabiliser les élèves de CLIS dans l'effectif total de l'école même en "double inscription"...

tututu
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Votre avis

Message par tututu » 27 nov. 2006 07:31

Bonjour à tous,
Je voulais juste avoir votre avis sur l'intégration des enfants issus des CLIS D. Je travaille dans une école qui comprend une CLIS D.
Je dis un grand OUI à l'intégration de ces enfants dans les classes. Néanmoins, je tenais à vous relater mon expérience. Dans mon établissement, les élèves de la CLIS sont intégrés entre 95 et 100 % du temps scolaire dans les classes ordinaires. Les enfants dans les classes sont très souvent en grande difficulté. Mais les parents, que je comprends parfaitement, préfèrent les voir dans les classes ordinaires depuis qu'il leur a été dit qu'une CLIS était un ghetto.
J'en suis à me poser la question sur l'intérêt de cette CLIS et de l'enseignant.
La CLIS comprend au maximum un enfant dans la journée, mais très souvent il n'y a aucun élève.
Je souhaiterais avoir votre avis sur cette situation.

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Message par Franour » 03 déc. 2006 20:51

Dans certaines CLIS, ce serait l'idéal d'intégrer les élèves à temps complet dans les classes ordinaires. Tout dépend du profil des élèves, de l'équipe et du projet. L'enseignant spécialisé suivrait les élèves dans les classes pour aider à leur intégration et les sortirait régulièrement en petit groupe en séances d'apprentissages ou en remédiations. En somme, comme en UPI. Dans CLIS, il y a le mot classe et n'est-ce pas justement un frein à l'intégration ? Pourquoi pas dispositif d'intégration scolaire ?
Certaines CLIS fonctionnent-elles de cette façon ? J'aimerais pouvoir échanger avec des enseignants de CLIS qui travaillent ainsi...

tututu
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Message par tututu » 03 déc. 2006 22:38

"L'enseignant spécialisé suivrait les élèves dans les classes pour aider à leur intégration et les sortirait régulièrement en petit groupe en séances d'apprentissages ou en remédiations. Certaines CLIS fonctionnent-elles de cette façon ?"
Oui, cette CLIS fonctionne avec une intégration totale. Par contre, pour la remédiation... et les petits groupes, nous n'avons pas cette chance.

En fait , l'enseignant s'occupe uniquement de l'intégration des enfants dans les classes en début d'année.

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