Eclaircissement...

Questions concernant la politique générale et l'organisation générale des enseignements spécialisés.
Moii
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Eclaircissement...

Message par Moii » 31 déc. 2006 12:55

Une première chose : la spécificité de l'école maternelle est d'accueillir une population tout venante, donc avec parfois des situations sortant du cadre des variations à la normale.
La deuxième chose : que mettez-vous derrière le terme de handicap ?
Tous les handicaps ne se valent pas.
Je suis directeur d'école maternelle, j'ai pour principe d'accueillir tous les enfants... Il arrive que spontanément des parents viennent me voir pour m'informer que leur enfant porteur d'un handicap va être (ou est) inscrit à l'école, j'organise une équipe afin de l'accueillir dans les meilleures conditions, je m'arrange pour les accueillir lors de leur première scolarisation (afin de n'obliger aucun collègue...). Une autre règle que je pratique, c'est que tous les enfants changent d'enseignant chaque année... Et je demande que les enseignants se portent volontaire pour accueillir les enfants porteurs de handicap ou "difficiles"...

J'essaye d'appliquer à la lettre la loi de février 2005... Et c'est cette loi qui me permet d'avoir des volontaires pour que chaque enfant soit accueilli...

Tous mes collègues sont tenus au courant de la situation année après année la répartition se fait en connaissance de cause...

Évidemment le RASED est informé...

La réponse apportée est toujours la même: "l'enfant est trop petit ou c'est un enfant ayant un handicap reconnu, donc ce n'est pas à nous de le prendre en charge, car il ne faut pas multiplier les intervenants" (aucun intervenant pendant le temps scolaire...). Donc le RASED qui est présent à temps plein dans le groupe scolaire se limite à prendre en charge des enfants de GS, pour la maîtresse E et quelques enfants "difficiles" pour la maîtresse G, la psy se limitant à faire passer des tests de QI...

Je ne sais pas si j'ai tort ou raison, mais j'essaye de changer les choses... Mon souhait, c'est que le RASED agisse en prévention, ce qui ne se fait pas par "manque de temps et de moyens..." (je ne suis pas d'accord !) Que le RASED intervienne en classe le plus possible. C'est difficile...

D'autre part, la psy qui limite son travail à faire passer des tests et à demander des orientations en IME ou autres (...) me semble agir de façon contraire aux textes. Doit-on accueillir tout le monde ou doit-on orienter les enfants différents ou difficiles ? Je veux accueillir tous les enfants, dont les parents souhaitent qu'ils fréquentent l'école du quartier, si l'enfant a des besoins particuliers, c'est à nous de trouver des solutions, évidemment, l'important est que l'enfant soit accueilli, comme tous les enfants dans de bonnes conditions, qu'il soit heureux !

Moi cela me choque de travailler avec une psy qui a pour seul objectif d'orienter les enfants "différents" ou "difficiles" vers des structures spécialisées ! Surtout que, pour moi, il y a abus de pouvoir : elle dit que c'est la meilleure solution pour l'enfant !!!

Sans diagnostic (médical), parce qu'un enseignant ne supporte pas un enfant la solution, est-ce vraiment une demande d'orientation ?

Qui décide? Qui choisit ?

D'autre part ,avec la loi de février 2005, les structures spécialisées ne doivent-elles pas réduire la voilure ?

Est-ce que la seule réponse, c'est une orientation ?

La hiérarchie, comme d'habitude, n'a que trois mots: PAS DE VAGUE...
D'ailleurs, ça énerve un peu, mon attachement aux textes... Mais, comme je le dis aux collègues, DURA LEX SED LEX

clairea
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Message par clairea » 01 janv. 2007 21:49

Je vais essayer de vous répondre ou du moins de vous donner un avis puisque vous me citez dans votre texte.

Il y a plusieurs axes dans votre texte : la mise en cause du rôle du RASED dans l'accueil des enfants en situation de handicap et particulièrement de la psychologue scolaire dont l'action se limite selon vous à du testing et de l'orientation et une volonté affichée de trouver les réponses pour l'accueil de ces enfants dans votre établissement.

Cela ouvre un vaste débat pour un 1 Janvier (meilleurs vœux à tous d'ailleurs) !

La question de l'orientation, qui décide ?
Je vous rassure, ce n'est pas la psychologue scolaire, ni le directeur d'école, ni même l'inspecteur, cela reste les parents de l'enfant. La mise en place de la MDPH conforte cette réalité.
L'avis de la psychologue, du directeur de l'enseignant, des partenaires extérieurs est requis de façon consultative mais en aucun cas un seul critère (genre QI) suffit à une orientation.

Le rôle des RASED et en particulier de la psychologue vous semble inadéquat dans l'accueil des enfants présentant des besoins spécifiques...
Ma réponse risque de vous surprendre mais je pense que nous devrions avoir tous ce questionnement. Avant de décider quel type d'action doit avoir un membre du RASED, il faut se poser la question de ses possibilités et du but à atteindre avec un effet attendu chez l'enfant.
L'interventionnisme non pensé n'a pour effet que de conforter l'enseignant spécialisé dans un fantasme de toute puissance ou de réparation, cela dans certains cas étaye plus l'adulte que l'enfant. J'y préfère donc l'abstinence.
Je vous propose un exemple :
Vous accueillez dans votre classe un enfant présentant des troubles de la relation (je simplifie), .... vous savez, ce genre de gamin pour qui chaque regard ou main portée sur lui est vécu comme une intrusion mortifiante ... donc vous l'accueillez, vous, enseignant plein de bonnes volontés.
L'enfant va mal, vous le savez, les parents le savent et on décide de réparer l'enfant avec un soupçon d'orthophonie car le langage n'est pas en place, un peu de psychomotricité car il a surement mal construit son schéma corporel, une prise en charge au CMP, c'est la moindre des choses et dans l'école ! nous avons un RASED, la maîtresse G pourrait l'intégrer dans un petit groupe d'enfants pour l'aider à se socialiser, sans parler de l'AVS ... il faut vraiment une AVS.
Sauf que voilà, cet enfant, l'autre lui fait peur et sous prétexte de l'aider on lui en colle des Autres et chacun d'eux lui promet qu'il va progresser, s'il adhère au cadre proposé.
Qui pensez vous que, dans ce cas caricatural, on étaye le plus ? L'enfant ou les adultes qui supportent mal leur impuissance fasse à cet enfant si étrange.
Je vous présente cette situation que j'espère caricaturale, pour vous faire sentir que chaque intervention devrait être pensée et mise en cohérence avec chaque partenaire de la situation de l'enfant.

Le rôle de la psychologue scolaire ? ... surtout pas de prise en charge de l'enfant à mon sens, ses contraintes ne lui permettent pas de faire un suivi clinique de qualité et avec des enfants en situation de handicap, on se doit de ne pas leur proposer des simulacres de soins.
Son meilleur rôle serait, à mon sens, d'écouter les enseignants dans leur rencontre avec ces enfants et de les faire élaborer autour de leur difficulté mais à vrai dire, il a été assez rare dans ma pratique qu'un enseignant accepte ce genre de rencontre car dans tous les cas, cela lui demande un gros investissement psychique, c'est pour le moins insécurisant. C'est un peu ce qui était mis en place sur mon département où des psychologues scolaires bénévoles organisaient des groupes de parole pour les AVS,mais les AVS étaient contraintes de venir, cela pose questions.

Vous avez le sentiment que la psychologue de votre école se contente de faire des bilans, cela me paraît impossible, mais, si tel était le cas, tout comme une évaluation CE2, le test n'a de valeur que de ce qu'on en fera et donc votre psychologue doit avoir beaucoup de travail pour rencontrer chaque famille dont l'enfant a été évalué.
:wink:

L'intervention du RASED en classe ... pourquoi pas mais pour quoi faire ? c'est là vraiment une question incontournable ... mais je laisse à des maîtres E et G le soin de vous répondre plus précisément.

Enfin, vous me semblez d'une grande générosité dans votre souhait d'accueillir chaque enfant, mais je crains qu'en matière de relations humaines et plus particulièrement avec les sujets en souffrance, il faut se garder de volonté radicale, aussi louable soit elle, afin de pouvoir entendre et dire si besoin que cette relation-là, cette fois-ci, cela ne sera pas possible. Soit parce que l'enfant souffre de cette confrontation à la norme (c'est loin d'être facile pour eux, quel que soit le handicap), soit parce que l'adulte ne peut pas et que la souffrance de l'enfant l'atteint trop, soit parce que les conditions institutionnelles ne sont pas suffisantes au "bien être" de cet enfant.

En espérant vous avoir en partie répondu,

Clairea

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 02 janv. 2007 09:48

Bonjour,

Claire répond, comme c'est naturel, sur l'aspect "psy" de votre post.

J'essaie quant à moi de rebondir sur deux autres aspects : celui du RASED, celui de la scolarisation de l'élève avec handicap.

Concernant le RASED : ah ! cette tenace tendance des directeurs d'école à... diriger (j'ai moi-même eu cette tendance quand j'étais directeur) ! Ça va venir, ne vous inquiétez pas, les projets sont ficelés et seront mis en œuvre quelque soit le prochain hôte de l'Élysée... En attendant, le RASED est un dispositif de circonscription, placé sous l'autorité et la responsabilité de l'IEN, même si une partie est attachée à un seul groupe scolaire (et ça fait bigrement penser aux anciens GAPP). Votre souhait, légitime, de plus de prévention, de plus d'intervention en classe, se heurte à ce premier point (quelles priorités l'IEN a-t-il fixées au RASED ?). Il se heurte aussi au légitime espace de liberté et de décision (sans lequel il n'y a pas de responsabilité, voir Lévinas) dans lequel le RASED fixe ses propres priorités en fonction de l'existant et ses modalités d'intervention.
Que tous les RASED n'aient pas encore bien intégré les circulaires de 2002, j'en suis convaincu. Qu'un passage en force leur permette de franchir le pas, j'en doute fort...

Concernant le handicap : je travaille avec 6 psys scolaires. Chacun a ses conceptions et ses manières de faire. Aucun n'est un chantre de l'orientation à tout va. Celui que vous décrivez existe sans doute (vous l'avez rencontré...).
Au-delà de cette caricature, vous défendez avec vigueur la scolarisation de tous dans son école de référence. Vous êtes dans les clous de la loi de 2005. Mais votre tâche, en tant que directeur, c'est de transformer l'inscription (faite en mairie) en admission, c'est-à-dire de rendre possible la scolarisation (et c'est ce que vous vous employez à faire avec les dispositifs que vous décrivez).
Mais ce n'est pas à vous de juger des modalités de cette scolarisation ni d'en décider. Vous participez, avec d'autres, à la collecte des éléments d'information qui permettront à l'équipe pluridisciplinaire d'évaluation de la MDPH de décider des éléments du PPS que le référent aura à charge "de mettre en musique" - référent bien absent de vos descriptions...

Attention ! Vous êtes en première ligne parce que vous avez les gamins ET parce que vous avez les parents. De ce fait, vous ne pouvez pas sereinement mettre la distance nécessaire à la triangulation de la situation, triangulation indispensable, là comme ailleurs, pour que du sens partagé advienne. Dans le cas de la grande difficulté, le RASED est l'un des sommets du triangle ; dans les situations de handicap, c'est au référent qu'échoie ce rôle.
Sauf à partir du principe qu'ils sont tous défaillants (sauf vous), je crois que c'est du respect de ce dispositif et de sa mise à l'épreuve, que des réponses pensées pour l'enfant et ses besoins (et qui ne sont pas congruents à une scolarisation pure et dure) seront trouvées.

Pour ce qui est de la "réduction de voilure" des structures spécialisées, il y a deux réponses : la première, qui m'est propre, consiste à penser que ce n'est pas nécessairement une réponse adéquate - j'ai plutôt le sentiment qu'elles sont en nombre insuffisant, au moins pour les SESSAD. La seconde dépend des expériences de chacun : sur mon département, le nombre des CLIS et des UPI va en augmentant (mais nous avions un sacré retard).

Pour terminer ce long premier message de l'année (que je souhaite pleine à chacun de projets professionnels pensés, construits et menés au bénéfice des gamins extra-ordinaires qui nous sont confiés), une dernière parenthèse : je crois que la loi de 2005 a quelques chances d'être appliquée si on la met en oeuvre selon la lettre, mais aussi selon l'esprit : offrir à chacun la scolarisation dont il a besoin ET dans de bonnes conditions... (j'ai bien écrit "bonnes" et non pas "les meilleures possibles", ce comparatif ne garantissant pas qu'elles soient "suffisamment bonnes" - merci Winicott - ce qui est, me semble-t-il, l'objectif).
Modifié en dernier par Pascal Ourghanlian le 03 janv. 2007 17:44, modifié 1 fois.
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

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Message par Moii » 02 janv. 2007 11:56

Merci pour vos réponses et je vous souhaite une bonne année.
L'avis de la psychologue, du directeur de l'enseignant, des partenaires extérieurs est requis de façon consultative mais en aucun cas un seul critère ( genre QI) suffit à une orientation.
Tout à fait d'accord, MAIS l'avis de la psy a une très grande importance... Les parents souvent démunis croient bien agir en suivant les conseils... Mais si le législateur a toujours voulu que les décisions soient prises par les parents ce n'est pas pour rien. J'essaye d'être le plus humble possible et d'informer les parents pour qu'ils puissent agir, prendre les meilleures décisions pour l'enfant...
Demander aux parents qu'ils saisissent la MDPH pour que le cas de leur enfant soit étudié est déjà une orientation... Bien sûr ce n'est pas le directeur, la psy ou autres qui a pris la décision mais une demande d'orientation a été envoyé...
Ce qui me dérange c'est l'hypocrisie... L'école ne remplie pas son rôle!
Ma réponse risque de vous surprendre mais je pense que nous devrions avoir tous ce questionnement. Avant de décider quel type d'action doit avoir un membre du RASED, il faut se poser la question de ses possibilités et du but à atteindre avec un effet attendu chez l'enfant.
L'interventionnisme non pensé n'a pour effet que de conforter l'enseignant spécialisé dans un fantasme de toute puissance ou de réparation, cela dans certains cas étaye plus l'adulte que l'enfant. J'y préfère donc l'abstinence.
Exact! "l'interventionnisme non pensé n'a pour effet que de conforter l'enseignant spécialisé dans un fantasme de toute puissance" Et je demande aux enseignants de travailler avec les membres du RASED et non pas de se contenter de leur demander de prendre tel ou tel enfant ! (Problème du directeur : je ne suis pas une autorité, mais je dois gérer le fonctionnement, chacune de mes propositions est accueillie comme un ordre ! Alors que je me bats pour faire comprendre à tous mes collègues que je ne suis pas leur supérieur hiérarchique - c'est l'IEN - mais mes exigences dérangent... Je demande aux membres du RASED de ne pas prendre en charge les enfants dont les dossiers ont été mal remplie ! Et surtout que chacun se limite à ses domaines de compétences ! L'enseignant de la classe est la personne de référence.)
Je vous présente cette situation que j espère caricaturale, pour vous faire sentir que chaque intervention devrait être pensée et mise en cohérence avec chaque partenaire de la situation de l'enfant.
Je suis encore une fois d'accord avec vous. D'où ma demande, dans certain cas, d'une intervention en classe des maîtres G ou E...
Son meilleur rôle serait à mon sens, d'écouter les enseignants dans leur rencontre avec ces enfants et de les faire élaborer autour de leur difficulté mais à vrai dire, il a été assez rare dans ma pratique qu'un enseignant accepte ce genre de rencontre car dans tous les cas, cela lui demande un gros investissement psychique, c'est pour le moins insécurisant
Toujours d'accord avec vous : c'est ce que j'ai demandé à la psy en lui expliquant que l'enseignant en avait besoin... Mais la réponse apportée c'est une demande d'orientation pour l'enfant ! (Cela me dérange car c'est aux enseignants de s'adapter à chaque situation !)
Vous avez le sentiment que la psychologue de votre école se contente de faire des bilans, cela me paraît impossible
Je vous confirme que les interventions de la psy dans mon école se limitent à cela ! Ce qui me trouble le plus c'est qu' un de ses critères (pour se rassurer ?) c'est de dire "La mère (ou le père) était aussi en IME"...
Enfin, vous me semblez d'une grande générosité dans votre souhait d'accueillir chaque enfant
Ce n'est pas de la générosité, c'est la loi !
il faut se garder de volonté radicale
Toujours d'accord...

Les personnes différentes existent ! Et ce n'est pas en les cachant que l'on trouvera une solution...
soit parce que l'adulte ne peut pas
Mais l'adulte se doit de fournir l'effort pour accueillir chacun... On ne doit pas choisir ! (Ne frôle-t-on pas l'eugénisme ?). Une personne, parce qu'elle serait "différente", devrait être exclue, séparée, isolée ?
Et d'ailleurs qu'est-ce que la différence ?

Désolé si je semble être agressif mais ce n'est pas du tout mon intention. Merci encore d'avoir pris le temps de me répondre.

Moii
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Message par Moii » 02 janv. 2007 16:52

ah ! cette tenace tendance des directeurs d'école à... diriger
Diriger... ce n'est pas ce que j'essaye de faire... mais une recherche d'efficacité, oui ! Nous avons pas mal de personnes, la gestion n'est pas facile, qui gère quoi ?
le RASED est un dispositif de circonscription, placé sous l'autorité et la responsabilité de l'IEN
Tout à fait d'accord, les interventions à l'école ne doivent pas se faire n'importe comment ! Tout doit répondre à un besoin !
le RASED fixe ses propres priorités en fonction de l'existant et ses modalités d'intervention.
Le directeur doit être tenu informé...
Qu'un passage en force leur permette de franchir le pas, j'en doute fort...
Je n'essaye pas un passage en force, mais l'objectif du RASED, c'est quoi ?
Celui que vous décrivez existe sans doute (vous l'avez rencontré...).
Malheureusement ! Je reste persuadé que beaucoup trop d'orientations (ou de demande d'orientation, avec saisine de la MDPH par les parents après une demande "institutionnelle") n'ont pas lieu d'être...
Mais ce n'est pas à vous de juger des modalités de cette scolarisation ni d'en décider
Exact, pour les enfants "connus" par la MDPH, ce n'est pas le cas de la majorité des situations (chez moi).
Vous participez, avec d'autres, à la collecte des éléments d'information qui permettront à l'équipe pluridisciplinaire d'évaluation de la MDPH de décider des éléments du PPS que le référent aura à charge "de mettre en musique"
Jusqu'à maintenant aucun PPS... ni ESS... Je connais l'enseignant référent, qui me fait confiance... ou qui se sent soulagé de pouvoir compter sur moi... Donc je lui transmets les comptes rendus et le tien au courant des "péripéties"... Dans mon département, la MDPH semble avoir beaucoup de mal pour démarrer... les enseignants référents semblent complètement perdus ! Donc, parler de PPS n'est pas à l'ordre du jour !
Attention ! Vous êtes en première ligne parce que vous avez les gamins ET parce que vous avez les parents. De ce fait, vous ne pouvez pas sereinement mettre la distance nécessaire à la triangulation de la situation, triangulation indispensable, là comme ailleurs, pour que du sens partagé advienne. Dans le cas de la grande difficulté, le RASED est l'un des sommets du triangle ; dans les situations de handicap, c'est au référent qu'échoie ce rôle.
Je n'essaye pas de me mettre au centre ! Loin de moi cette idée...
Travailler avec une psy qui n'écoute pas, n'entend pas (au choix ou les deux), c'est comme s'il manquait une personne indispensable... Exemple : Nous (la psy et moi, à ma demande, car la mère semble être complètement perdue et est en demande d'aides) rencontrons une mère, avant d'avoir "connu" l'enfant, elle demande à la mère qu'elle saisisse la MDPH ! Quelques jours plus tard, elle vient me voir pour dire "finalement c'est une bonne décision ??? Elle aussi y était et le cousin y est" (en IME).

Ce qui me dérange : c'est le comportement de toute puissance, de décider pour les autres ! Les collègues voudraient maintenir des enfants en maternelle, souvent pour une question de maturité ! Là j'abuse : toute demande de maintien doit être accompagnée d'un projet et surtout ils doivent me convaincre, idem pour le RASED : Il n'y a plus eu de maintien ou redoublement depuis que je suis dans cette école : DESPOTE, peut-être, mais à eux de prendre le travail au sérieux et de préparer un projet s'ils trouvent que l'enfant en a besoin !

De temps en temps, il y a des tentatives de demande de redoublement de la part des collègues de l'école ou des membres du RASED mais aucun projet... Ce que j'observe, c'est que chacun s'épanouit plus en école élémentaire ! Contrairement aux prévisions pessimistes de tous les collègues ! Depuis, l'IA a envoyé une circulaire demandant que les cas de maintien ou redoublement soient limités car cela ne rend pas service aux enfants.
offrir à chacun la scolarisation dont il a besoin ET dans de bonnes conditions... (j'ai bien écrit "bonnes" et non pas "les meilleures possibles", ce comparatif ne garantissant pas qu'elles soient "suffisamment bonnes" - merci Winicott - ce qui est, me semble-t-il, l'objectif).
J'en suis loin... car un vrai travail d'équipe est nécessaire pour atteindre "de bonnes conditions"...

Merci pour votre réponse !

Est-ce qu'il existe des stats concernant les enfants ayant étaient orientés ?
Est-ce qu'ils intègrent un cursus "ordinaire" ?
Que sont-ils devenus ?

Mon souhait c'est que la MDPH fonctionne réellement et que cessent les demandes d'orientations abusives !
Anecdote : une école de banlieue, 10 classes. L'an dernier, des difficultés "ordinaires", quelques PPS. Cette année, changement de directeur, ancien éducateur en IR, 5 demandes d'orientation en ITEP !!!... Je traîne des pieds, style "poids mort".

Rappel : certains départements ont pléthore d'ITEP, d'autres aucun. Les premiers ont-ils plus de gamins ayant des troubles du comportement que les seconds ? Bien sûr que non ! Mais il y a des places à remplir, des locaux à entretenir, des personnels à rémunérer...
Bonne année à tous et comme je l'ai écrit: "Désolé si je semble être agressif mais ce n'est pas du tout mon intention. Merci encore d'avoir pris le temps de me répondre."

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 02 janv. 2007 17:27

En fait, je suis sans doute assez d'accord avec vous, même si je sens quelques "dérives" possibles ("ils doivent me convaincre, idem pour le RASED", "je n'essaie pas de me mettre au centre" - mais ce n'est pas ce que j'ai écrit) - mais je n'ai pas à en juger, encore moins par l'intermédiaire d'un forum :wink:

Par contre, d'où vient cette idée que saisir la MDPH c'est procéder à l'orientation du gamin ? Ce n'est ni le texte, ni l'esprit du texte, ni la réalité.

Pour ce qui me concerne, je "suis" un peu plus de 100 gamins. J'ai 57 PPS à faire valider par la MDPH (les autres le sont déjà, par absorption des situations des années précédentes), dont 7 orientations (2 CLIS IV, 3 CLIS I et 2 IME) - soit moins de 7 %.
Pour ce qui concerne les 2 élèves pour lesquels je "monte" une orientation en IME, il s'agit de 2 gamins avec autisme - qui ont assez souffert d'une scolarisation en milieu ordinaire qui, pour avoir été bien pensée et bien conduite, les met pourtant dans une situation de souffrance indescriptible, totalement inhumaine. Donc, je persiste : les besoins des gamins, ça peut, aussi, être une orientation...
Modifié en dernier par Pascal Ourghanlian le 03 janv. 2007 22:12, modifié 1 fois.
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

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Message par Moii » 02 janv. 2007 17:58

même si je sens quelques "dérives" possibles ("ils doivent me convaincre, idem pour le RASED"
J'en suis conscient... mais c'est d'abord l'enfant ! Les raisons avancées pour le maintien des enfants, c'est en général, "faible", "immature"... Pour moi c'est des raisons inacceptables !
Par contre, d'où vient cette idée que saisir la MDPH c'est procéder à l'orientation du gamin ?
Saisir n'est pas procéder à son orientation, mais n'est-ce pas la première étape ? Ensuite cette saisine suivra l'enfant : "on" a demandé une orientation mais ces méchants de la MDPH ne suivent pas la demande... Comme je l'ai écrit, dans mon département, la MDPH n'est pas encore fonctionnelle... donc la consigne c'est de faire comme avant ! D'où cette idée que saisir la MDPH c'est procéder à l'orientation...
les besoins des gamins, ça peut, aussi, être une orientation...
Tout à fait d'accord, mais combien de gamin cela concerne-t-il ? Car la majorité de ceux que j'ai pu voir c'est plus des "troubles du comportement", des enfants qui dérangent l'adulte...
C'est tellement plus simple de décréter que l'enfant ne relève pas de notre compétence !

Moi aussi, même si de par ma position je n'ai pas connaissance de la diversité, je persiste à dire que l'orientation doit rester une exception et la règle doit être la scolarisation de chacun en milieu ordinaire. Enfin, ce n'est que mon opinion et ce sera aux parents de prendre la décision.

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Message par patrick » 03 janv. 2007 14:12

J'ose intervenir dans cet échange, mais de grâce ne prenez pas tout ce que je dis au pied de la lettre et n'enfermez pas mes mots dans des cadres bleus de citation !!
Je n'ai rien à rajouter aux propos de Claire, si ce n'est que je pense qu'il y a un danger à s'occuper des difficultés des autres à partir d'une position idéologique trop stricte. C'est à mon avis le reproche que l'on peut faire aux auteurs des nouveaux textes sur le handicap.
Il n'y a pas d'un côté les gentils "scolarisants" et de l'autre les méchants "orienteurs". Ce genre d'attitude peut rassurer les uns et les autres, certains de leur bonne position, mais certainement elle ne permet pas de penser la personne en difficulté.
Oui, il faut faire référence à des théories de référence, oui, il faut s'ancrer le plus possible dans de l'explicite, oui, il ne faut pas avoir peur de passer pour un sectaire et ne pas se laisser aller aux confusions, mais alors il faut savoir que l'on parle de cette place que l'on s'est construite et qu'elle n'est pas la vérité. Cette "place forte" peut aider à penser un enfant à la seule condition que d'autres places soient reconnues et reconnues pour ce qu'elles sont, un cadre pour penser l'humain.
La référence aux textes écrits actuels (qui sont d'une confusion extrême) ne permet pas à mon avis de se construire une position d'aide, les textes n'ont pas pour fonction d'apporter des fondements théoriques, mais ils sont en général porteurs d'un esprit, d'une cohérence qui permet à chacun d'y trouver sa place. Ce n'est absolument pas le cas des nouveaux textes qui ne sont clairs que sur un point : c'est la personne qui est porteuse du handicap et non la situation qui crée le handicap, affirmation du maintien d'une position française face à la position anglo-saxonne. (Vous voyez que je ne rejette pas les idéologies !).
Merci en tout cas de votre intervention sur ce site qui s'enrichit des interventions des non spécialistes de l'AIS et vous comprendrez après ce que je viens de dire que ce n'est pas de la pommade pour mieux vous faire admettre un peu plus d'huile dans votre attitude.

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Message par Moii » 16 janv. 2007 12:00

La question de l'orientation, qui décide ?
Je vous rassure, ce n'est pas la psychologue scolaire, ni le directeur d'école, ni même l'inspecteur, cela reste les parents de l'enfant. La mise en place de la MDPH conforte cette réalité.
Dans mon département la MDPH n'est pas encore en état de marche... Cette structure est très critiquée par les collègues spé... N'ayant aucune info de première main je n'ai pas d'opinion... Mais il me semble que ne pas agir dans la précipitation soit plutôt une chose positive, temporiser...

Cette "grosse" structure où l'EN est très minoritaire fait peur ! Pourquoi ?

Dans l'attente, l'ancien secrétaire CCPE demande que l'on continue de fonctionner comme avant...

Comment doivent circuler les infos ? J'ai connaissance du canevas, point !

L'avis de la psychologue, du directeur, de l'enseignant, des partenaires extérieurs est requis de façon consultative mais en aucun cas un seul critère (genre QI) suffit à une orientation.
Pas plus tard qu'hier la psy vient me voir pour me demander une équipe éducative en urgence pour un enfant qu'elle vient de "tester" et il est dans la déficience... Donc, elle veut de toute urgence faire une demande des SESSAD... (Elle est convaincue que son test - fiable à 100%, sauf quand il y a erreur (c'est déjà arrivé cette semaine) détermine l'avenir de l'enfant, elle pense faire de son mieux pour les aider, toujours sauf quand elle se trompe - c'est déjà arrivé aussi !)

Connaissant le contexte particulier de cette famille, hospitalisation d'urgence de la mère, qui est sous psychotropes et très dépressive, j'ai demandé à la psy de prendre en considération ce contexte, elle me répond que son test est valable deux ans et que l'enfant est dans la déficience ! Donc SESSAD !

Je n'organiserai pas d'équipe pour cette enfant... Je temporise, c'est un enfant de GS avec une fréquentation très irrégulière, pour info la psy a demandé à tester cette enfant après avoir su que c'était un grand prématuré, sans une demande de l'enseignant de la classe...

J'ai l'impression d'être dans un tableau de Dali...

Est-ce que je me trompe ? Je me dis que si l'enfant est porteur d'un handicap quelconque il n'est jamais trop tard pour l'aider - il parle et travaille normalement - mais s'il est classé comme ayant un retard, il sera très difficile de le remettre dans le circuit ordinaire !

Je suis fatigué de me battre...
si je sens quelques "dérives" possibles
Ou suis-je dans une dérive ?

Hiérarchie de mes problèmes : 1- les collègues...

Daniel Calin
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Message par Daniel Calin » 16 janv. 2007 13:15

Moii a écrit :Cette "grosse" structure où l'EN est très minoritaire fait peur ! Pourquoi ?
Parce qu'elle est directement entre les mains des politiques, ce qui est la pire situation envisageable pour organiser de façon distanciée et raisonnable la scolarisation adaptée des élèves handicapés. Sans parler de toutes les dérives que l'on peut déjà voir à l'œuvre ici ou là, qui relèvent ... disons, d'une "gestion très personnelle" du pouvoir !
Moii a écrit :si l'enfant est porteur d'un handicap quelconque, il n'est jamais trop tard pour l'aider
Erreur fondamentale. Tous les professionnels sont d'accord, de longue date, pour considérer les interventions précoces comme essentielles, comme ayant un potentiel d'efficacité sans commune mesure avec ce qui peut être fait plus tard. Et ce "précoce" renvoie à bien avant la scolarisation en maternelle, dès le berceau pour nombre de handicaps. C'est la justification même de l'existence des CAMSP.
La tolérance, assez générale, des équipes de maternelle à l'égard des enfants "hors normes" relève certes d'un bon sentiment, mais elle est souvent catastrophique dans ses effets. Je comprends les réactions à l'encontre de tout ce qui est perçu comme un "étiquetage précoce", mais la cloison est fort mince entre le refus de l'étiquetage précoce et l'abandonnisme ou le défaut de soins. Il y a là un vrai problème dans la culture professionnelle des enseignants de l'école maternelle, assignable pour un part au moins à l'absence à peu près complète de formation adéquate pour ce niveau de scolarisation.


Ceci étant posé, si votre psychologue scolaire est effectivement ce que vous en donnez à voir, je vous comprends et je vous plains ! :(
Cordialement,
Daniel Calin

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Message par Moii » 16 janv. 2007 17:13

Parce qu'elle est directement entre les mains des politiques,
Oui... ils ont toujours détenu le robinet à fric !
"gestion très personnelle" du pouvoir !
Celui qui détient le pouvoir a toujours le privilège de pouvoir en abuser...
Et ce "précoce" renvoie à bien avant la scolarisation en maternelle, dès le berceau pour nombre de handicaps. C'est la justification même de l'existence des CAMSP.
Encore faut-il que les parents en soient conscients... Ce n'est pas simple.
La tolérance, assez générale, des équipes de maternelle à l'égard des enfants "hors normes"
Mais les enseignants peuvent-ils poser un diagnostic ? Sont-ils habilités ?
J'en reviens (malheureusement) à ma psy, je l'ai toujours informée des enfants qui me semblaient "hors normes" et à chaque fois j'ai eu la même réponse : "ils sont trop jeunes, je ne peux pas les tester" !

Je comprends l'inquiétude des parents, qui ici sont en grande majorité dans une relative précarité. Heureusement la visite des 3-4 ans est effective donc j'espère que le médecin PMI saura diagnostiquer les enfants "hors normes". (Il me dit comme le médecin scolaire d'ailleurs que avec le peu de temps qu'il a il ne peut pas faire correctement son travail... Donc, ils agissent plus dans l'"urgence".)
Il y a là un vrai problème dans la culture professionnelle des enseignants de l'école maternelle, assignable pour un part au moins à l'absence à peu près complète de formation adéquate pour ce niveau de scolarisation.
Tout à fait d'accord avec vous... Déjà apprendre à être objectif... A agir avec discernement... Ne pas oublier que chacun évolue à son rythme.
mais la cloison est fort mince entre le refus de l'étiquetage précoce et l'abandonnisme ou le défaut de soins.
Que faire? Destabiliser les familles en les dirigeant vers le CAMSP ou CMPP ? Comment diriger les parents vers une consultation sans les inquiéter ? Ce qui me m'interpelle c'est : Tous les enfants en France sont suivis par un médecin généraliste ou un pédiatre... N'est-ce pas à eux de poser un diagnostic et de diriger les familles dès le plus jeune âge de l'enfant vers le CAMSP ?

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Message par Moii » 11 févr. 2007 12:14

Ceci étant posé, si votre psychologue scolaire est effectivement ce que vous en donnez à voir, je vous comprends et je vous plains !
Deux collègues du RASED, dont la psy, viennent me demander une équipe éducative pour un enfant (4ans), que j'avais déjà signalé au RASED et médecin PMI. Il a été demandé un bilan psy en attendant... C'était au printemps 2006.

Il y a un mois donc l'orthophoniste qui suit l'enfant appelle en urgence le réseau et c'est elle qui réclame l'équipe éducative. Pas de problème, je contacte tout le monde et une date (hors temps scolaire, à 12h30) est fixée.

(La psy a rencontré les parents et l'enfant et a conclu "problème simple: l'enfant dort dans le lit des parents... je vais régler cela rapidement...", je lui dis que si elle sait ce qu'elle fait...)

Mais lorsqu'elles sont venues me voir je n'ai pas pu m'empêcher de lui rappeler ses propos... "Je me suis trompée !" dit-elle...

Et le jour de l'équipe éducative elle n'était pas là ! Aucun représentant du RASED !! Pourtant l'enseignant référent lui a demandé 10 minutes avant où elle allait : "j'ai fait suffisamment de réunions !" a été sa réponse.

Il y a en moi une frustration qui monte, qui monte... Qu'elle se trompe, cela peut se concevoir mais ne pas oser l'admettre et/ou essayer d'y remédier est pour moi gravissime, du point de vue strictement professionnel !

D'où mes interrogations : à quoi sert ce psy ? n'est-ce pas mettre les enfants en danger que de les confier à elle ?

Car il est très difficile, du moins pour moi, de demander aux parents une consultation au CAMSP, surtout quand l'enfant est petit...
Tous les professionnels sont d'accord, de longue date, pour considérer les interventions précoces comme essentielles, comme ayant un potentiel d'efficacité sans commune mesure avec ce qui peut être fait plus tard
Mais n'étant qu'"enseignant", sur quels critères objectifs dois-je me baser ? Ne pouvant compter sur la psy je suis bien embêté ! restent les médecins...

Pour cet enfant j'accompagnerais surement la famille dans ses démarches mais je m'éloigne de mes attributions !

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Message par Daniel Calin » 11 févr. 2007 16:42

Une remarque à propos de votre message précédent, pour commencer. Les représentants de la Nation disposent, seuls, de la dépense de l'argent public. C'est un principe démocratique inscrit dans la déclaration de 1789. On peut appeler ça "détenir le robinet à fric", mais c'est dissoudre un principe démocratique essentiel. Avec la MDPH et quelques autres réformes récentes, il s'agit de tout autre chose : il ne s'agit plus de décider des cadres généraux de la dépense publique, ce qui est fondamentalement normal, il s'agit de confier aux politiques la possibilité d'attribuer de l'argent public à des personnes privées, individuellement et directement, au cas par cas, ce qui revient à institutionnaliser le clientélisme.

Pour le reste, les psychologues scolaires ont le même supérieur hiérarchique que les directeurs d'école, à savoir l'IEN. Le refus de participer à une équipe éducative est une faute professionnelle. Cela relève de l'inspection, pas de vous. Point.
Cordialement,
Daniel Calin

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Message par Moii » 12 févr. 2007 21:59

Avec la MDPH et quelques autres réformes récentes, il s'agit de tout autre chose : il ne s'agit plus de décider des cadres généraux de la dépense publique, ce qui est fondamentalement normal, il s'agit de confier aux politiques la possibilité d'attribuer de l'argent public à des personnes privées
Je ne comprends pas !

Pouvez-vous être plus explicite ?
individuellement et directement, au cas par cas, ce qui revient à institutionnaliser le clientélisme
Je n'ai qu'une toute petite expérience... mais le clientélisme semble régner ! Et ce depuis pas mal de temps...

Ce n'est pas pour autant que j'accepte ou accepterais ce règne!

Le ministère décide des suppressions de postes, le recteur répartit ces suppressions et l'IA applique... en écoutant les élus... n'est-ce pas du clientélisme ?


NB:
Le refus de participer à une équipe éducative est une faute professionnelle. Cela relève de l'inspection, pas de vous.
L'information a été communiquée.

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un plaisir

Message par monecole » 21 avr. 2007 20:10

Un plaisir de vous lire. Si effectivement dans notre secteur nous avions rencontré cette éthique nous n'aurions jamais créé une association de défense des droits à la scolarité adaptée de l'enfant handicapé ; et non à tout prix. Effectivement chaque enfant a droit à un traitement égal de ses chances. C'est la loi et ce même si l'égalité n'est pas de fait. Réduire un enfant à son diagnostic et ne lui permettre qu'une participation parcellaire de quelques heures à l'école c'est lui enlever dès le départ la moindre chance. Le pire pour les parents et certains enseignants c'est de se dire que si l'enfant est aujourd'hui orienté en institution est-ce à cause de son handicap ou lié au fait qu'il n'a pas eu les mêmes chances que les autres de bénéficier de l'instruction de notre école. Il ne faut pas psychologiser tous les comportements à outrance. Certains psychologues scolaires émettent en plus des diagnostics complètement erronés ; ce qui a pour effet de desservir l'enfant, la famille et de provoquer une certaine crainte chez les enseignants.
Vous pouvez prendre connaissance de notre association et de nos actions sur http://monecoleamoiaussi.free.fr
A bientôt
helen silvère
présidente

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