Êtes-vous bien certains d’être Français ? (2)
5 février 2010Il y a un an et demi, dans un billet intitulé Êtes-vous bien certains d’être Français ?, j’avais déjà renvoyé vers un témoignage hallucinant d’une des implications les plus ravageuses de la vague nationaliste nauséabonde, à forts relents racistes, qui déferle sur notre pays, de Chevènement à Sarkozy, Hortefeux et Besson, à savoir la mise en cause de la nationalité dont se croient naïvement détenteurs des millions de Français pas franchement de pure souche.
Dans une salle d’attente médicale, je suis tombé sur un numéro du magazine Pause Santé, pas franchement révolutionnaire, c’est le moins qu’on puisse dire. L’éditorial de sa patronne, Fabienne Attali, daté du 21 janvier 2010, rapporte en détails comment, venue renouveler son passeport encore valable à la mairie de son arrondissement parisien, elle s’est retrouvée brutalement projetée dans la peau d’une escroc à la nationalité française, et même, pour tout dire, d’une barbare. L’histoire, vue de loin, fleure le comique surréaliste et incendiaire des meilleurs moments de Charlie Chaplin ou Buster Keaton. Sauf que ce n’est pas une œuvre d’imagination et que la dame concernée ne l’a pas trouvée drôle du tout. Elle est sortie de là, écrit-elle, bien élevée, « très agacée ». Pour elle, le problème s’est résolu très vite, par un coup de fil au « service de presse du ministère de l’Intérieur », entre quasi collègues. Comme elle conclut elle-même :
« Mon métier m’a facilité les choses mais comment font les autres?? Pas de morale à cette histoire, juste mon témoignage, une forme de contribution à l’actuel débat contesté et contestable sur l’identité nationale. »
Rentré à la maison, une rapide recherche sur le Web m’a conduit à la version en ligne de cet éditorial. Lisez-le vite, avant qu’il ne s’évapore dans la cybersphère. Il est intitulé :
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Mon dieu, que je hais tous ces gens qui « nous » font ça !
Petit rappel. Une étude de Michèle Tribalat intitulée Une estimation des populations d’origine étrangère en France en 1999, publiée en 2004, montre qu’il y avait alors 14 millions de Français dont au moins un parent ou un grand-parent était d’origine étrangère. Ma compagne en fait partie. Si l’on remonte à une génération de plus, on doit arriver à un bon tiers des Français. Mes enfants en font partie.
À quand les camps d’extermination des Français de pas bonne souche ? À quand la solution finale pour apurer notre « identité nationale » ?
Nous sommes, déjà, au bord, tout au bord, d’une innommable catastrophe.
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