Les amoureux au ban public
24 juillet 2008Dans le billet précédent, Êtes-vous bien certain d’être Français ?, j’avais déjà souligné que la chasse aux immigrés, qui comme chacun sait viennent égorger nos fils et nos compagnes jusqu’aux tréfonds de notre beau pays, débordait, inéluctablement au fond, vers une chasse autodestructrice aux citoyens français eux-mêmes. D’abord aux (dizaines de) millions de Français dont les ascendants ne l’étaient pas tous, soit un bon tiers de nos concitoyens, dont mes propres enfants.
Mais ça ne s’arrête pas là. Habitués de longue date à se mélanger à tort et à travers, des milliers de nos concitoyennes et de nos concitoyens persistent à chercher l’amour au-delà de la France nationalement pure, à convoler avec étrangers et étrangères de tous horizons, et même à faire des enfants dans ces conditions anti-nationales. Heureusement, nos führer bien-aimés font tout ce qui est en leur pouvoir pour lutter contre de telles ignominies – et, notre veulerie nationale aidant, leurs pouvoirs n’ont plus guère de limites. Et cette politique ne date pas du quatuor Sarkozy-Dati-Hortefeux-Yade, ça remonte au moins au trio Chirac-Jospin-Chevènement : 1997-2000, déjà !
Bref, les “couples mixtes” ont la vie dure… “Couples mixtes”, c’est quand même une drôle d’expression, non ? Ça en dit long sur les fantasmes implicites de nos gouvernants racistes : c’est quoi, le contraire d’un “couple mixte” ?…
Un mouvement d’autodéfense des dits couples mixtes a fini par s’organiser, ils ont mis le temps, depuis le temps qu’on les maltraite – les amoureux, vous savez ce que c’est, le rapport au réel, c’est pas vraiment leur truc… Les amoureux au ban public, ça s’appelle – même dans la merde, les amoureux ont de l’humour. Ils ont tenu leurs États Généraux le 19 avril 2008. Ils ont adopté une plateforme de dix revendications exigeant une modification de la législation et des pratiques administratives à l’égard des couples mixtes.
Ils ont lancé une pétition :
Pour le droit des couples mixtes à vivre en famille
J’ai signé, une fois de plus. Avec la honte au front et la rage au ventre.
* * *
*





