De la servitude volontaire
31 mars 2008Au départ d’un repas amical sous la bienveillante protection de la Fontaine des Innocents, mon ami Pascal m’accueille avec cette citation d’Étienne de la Boétie, d’une constante actualité, mais peut-être plus actuelle encore en nos temps obscurs :
« Pour le moment, je désirerais seulement qu’on me fit comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un Tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui, que le contredire. »
Étienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire, D’après le manuscrit de Mesmes, 1549. Transcription en français moderne par Charles Teste, 1836.
Le texte intégral de ce Discours est librement accessible en ligne sur Wikisource.
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La même en VO :
« Pour ce coup je ne voudrois sinon entendre comm’il se peut faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelque fois un tyran seul, qui n’a puissance que celle qu’ils luy donnent ; qui n’a pouvoir de leur nuire, sinon tant qu’ils ont vouloir de l’endurer ; qui ne scauroit leur faire mal aucun, sinon lors qu’ils aiment mieulx le souffruir que lui contredire.«
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