Big brother et les écoliers
28 janvier 2008La fascisation des esprits se porte bien, y compris dans la haute administration de l’Education Nationale, relayée le plus souvent sans états d’âme par sa basse administration qui révèle bien là son niveau de conscience éthique et politique – sans grande surprise, à vrai dire. Tous ces charmants petits hommes ont eu l’idée hallucinante de fliquer tous les enfants scolarisés du premier degré dans un fichier informatisé national, avec des informations aussi sensibles que, entre bien d’autres, le pays de naissance et l’année d’arrivée en France (informations masquées à l’écran… mais toujours présentes dans le fichier), la situation familiale avec toutes les coordonnées des membres de la famille, les compétences scolaires, les absences, toutes les raisons et les modalités des prises en charge pour difficultés ou handicaps, etc. Il est prévu que la plupart de ces informations soient conservées 15 ans, sans que l’on voie très bien ce qui pourrait empêcher de jouer les prolongations.
On ne voit pas quelle justification raisonnable un tel fichier peut avoir. On ne peut donc que lui imaginer des finalités inavouables. Si nous laissons passer un tel fichage généralisé de l’enfance, on ne voit pas non plus ce qui pourrait s’opposer à un fichage généralisé de l’ensemble de la population.
Une telle monstruosité bureaucratique ne doit pas passer. Une pétition est en ligne :
Nos enfants sont fichés, on ne s’en fiche pas !
Mais une telle insanité appelle plus qu’une pétition. Il me semble que c’est le moment ou jamais de lancer un mouvement de désobéissance civique. J’appelle pour ma part tous les professionnels de l’éducation dignes de leur métier, concernés par la mise en place de ce fichier, à refuser toute participation à cette bureaucratie totalitaire et à se regrouper pour agir en ce sens par tous les moyens.
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
(article 35 de la Déclaration Française des Droits de l’Homme et du Citoyen du 24 juin 1793)
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16 septembre 2008
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet appel à la désobéissance civique n’a guère été entendu. Le fichage généralisé des enfants se met en place sans grande protestation, dans le silence assourdissant de “nos grandes organisations syndicales représentatives”. Jean Pauly est un des rares objecteurs à cette infamie. Il s’en explique dans un texte publié sur mon site, Objection de conscience au fichier ‘Base élèves’. Il sauve l’honneur d’une profession qui n’en a plus guère.
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