La solitude
26 avril 2006J’aime énormément à perdre mon temps, mais avec moi-même.
Jean Rostand – Carnet d’un biologiste – Librairie Stock, Delamain et Boutelleau - Paris – 1959 - Page 103.
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J’aime énormément à perdre mon temps, mais avec moi-même.
Jean Rostand – Carnet d’un biologiste – Librairie Stock, Delamain et Boutelleau - Paris – 1959 - Page 103.
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Le plaisir du chercheur : retrousser les jupes de la nature.
Jean Rostand – Carnet d’un biologiste – Librairie Stock, Delamain et Boutelleau - Paris – 1959 - Page 44.
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On n’a pas le temps de regarder un visage qu’il est déjà flétri.
Jean Rostand – Carnet d’un biologiste – Librairie Stock, Delamain et Boutelleau - Paris – 1959 - Page 34.
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J’aime les rues de Paris, flâner dans les rues de Paris ou battre le pavé des avenues de Paris. Avec le soleil, même glacé, de ces derniers jours, c’est presque le bonheur. Mais tout cela est pollué par l’éprouvante omniprésence du portrait de la dernière coqueluche des Français, Mme Royal. Je ne peux pas lever les yeux sans tomber sur Ça à tous les coins de rue ! Horreur !
Les habitués de mon site connaissent mon allergie au personnage, s’en étonnent parfois. Ils connaissent bien le fondement professionnel de cette détestation : c’est le rôle actif joué par cette engeance, avec quelques acolytes comme Kouchner, dans la promotion en France du neurocomportementalisme, à travers son exécrable circulaire qui a réinventé la dyslexie, comme à travers la colonisation de l’INSERM par des zélateurs de cette idéologie totalitaire. Dont on voit clairement maintenant l’une des implications : l’ouverture de la chasse aux bébés délinquants.
Ce n’est pas la seule racine de cette répulsion. Répulsion, justement : cette « femme » fait partie des assez rares personnes dont la seule vue me révulse. Réaction épidermique, certes, mais d’un genre auquel la vie m’a appris à faire confiance : mon radar intime vire à l’alerte rouge dès que je vois ou entends cette « chose », que je perçois comme une boule de haine rentrée et tordue, d’une dangerosité extrême. Dans la vraie vie, je fuis absolument ce genre de personnages.
En lien étroit avec cette répulsion, je ne peux pas pardonner à cette « femme » l’état de son malheureux compagnon. Qu’elle l’ait choisi comme ça ou qu’elle l’ait rendu comme ça, peu importe : il est comme ça, et c’est à gerber. La façon dont Mme Royal s’est lancée dans la course à la candidature PS, sans même en prévenir son compagnon, leader théorique dudit parti, est proprement renversante. Pauvre gros, déjà piétiné en permanence par les éléphants résiduels du mitterrandisme, par-dessus le marché conchié publiquement par sa « compagne » – j’en aurais presque pitié. Pitoyables exemplaires de l’espèce humaine, en tous cas, que ces deux-là, chacun à sa façon. Comment les Français peuvent-ils trouver « sympathique » un tel personnage ? Comment ont-ils pu devenir suffisamment malades pour plébisciter ÇA ? Veulent-ils tous être réduits par elle en l’état où se trouve son ballot falot ?
Mais le pire n’est pas là. Le pire, c’est la façon dont ce Torquemada enjuponné a conduit la chasse aux pédophiles en milieu enseignant. Je hais les pédophiles, mais je hais plus encore les inquisiteurs, qui déguisent en lutte pour le Bien leur ivresse de mort. Le sommet a été atteint avec l’affaire de Montmirail. En 1997, elle a déclenché une folle chasse aux sorcières, avec multiplication des affaires, procès de masse, etc. Dans cette atmosphère délétère, un professeur d’EPS, mis en cause par un élève et sa famille, happé par cette vague nauséeuse, s’est suicidé, d’une balle dans la tête, avant même que la justice ne mène son enquête. Or cette enquête s’est très vite retournée contre l’élève accusateur, mis en examen pour dénonciation calomnieuse. Ségolène Royal réagira publiquement à ce retournement en mettant en doute le bien fondé de cette décision de justice, supputant, sans l’ombre d’une justification, que l’enfant s’était rétracté sous la pression des adultes. C’est ce qui s’appelle cracher sur la tombe d’un innocent que l’on a personnellement contribué à acculer à la mort. C’est moralement ignoble. Rien que pour cela, une telle personne est indigne de toute fonction élective. Indigne tout court.
Plus tard, l’élève sera effectivement condamné. Mme Royal ne se remettra jamais en cause, ne présentera a fortiori aucune excuse à la famille de la victime innocente de ses fureurs médiatiques. Elle refuse encore aujourd’hui tout commentaire sur l’affaire d’Outreau, dont elle est pourtant, politiquement, largement responsable.
Je ne voterai jamais, en aucune circonstance, pour cette ignominie. Si le deuxième tour des présidentielles de 2007 venait à nous imposer un choix entre ça et Sarkozy, je prendrais des vacances. Peut-être même pour ne pas être tenté de voter Sarkozy : je ne suis pas sûr que Mme Royal ne soit pas plus dangereuse encore que ce gnome hystérique. Et je suis presque certain qu’elle est encore plus psychiquement malade que lui. C’est dire !
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Une anecdote pour compléter le portrait de ce regrettable personnage. Sur le site de L’Humanité, dans le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin, je lis ce paragraphe, que je me permets de citer in extenso :
Rigide. Scène que nous avons peine à croire. Dans un train qui la conduisait à Lille, Ségolène Royal a échangé quelques mots avec des représentants de la coordination lycéenne et étudiante venus spontanément la voir, sous les yeux d’une journaliste du Monde, qui rapporte ce doux moment de parole de gauche révolutionnaire. Aux jeunes qui l’exhortaient à s’exprimer sur la « répression » policière dans les manifestations, la reine des sondages a répondu : « Il faut savoir prendre son risque. » Stupeur générale. Incompréhension. « Mais, madame, certains ont pris deux mois de prison ferme, et ce n’était pas des casseurs ! », s’est alors émue une jeune fille. Réponse de la présidente PS de Poitou-Charentes : « C’est ça, les luttes ! » Conscience de classe, oui, mais d’abord en première… classe.
Vous avez dit « sympathique » ?
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Un de mes correspondants s’est inquiété de la signification des guillemets dont j’entoure le mot femme quand je l’applique à Mme Royal. Voici ma réponse :
Dans ce billet polémique, ces guillemets … font partie de la polémique : un de mes énervements vis-à-vis de Ségolène est la façon dont elle ne cesse d’utiliser sa féminité, voire de s’abriter derrière sa féminité. Alors même que cette féminité démonstrative me semble fort loin d’être convaincante. Ou alors, il faut admettre que Mme Thatcher était un modèle de féminité !
Plus sérieusement, il y a dans le personnage que se donne Ségolène quelque chose que je perçois comme profondément « faussé »… Elle m’évoque plus une fillette de dix ans qu’une femme de 52 ans. Sa coiffure lissée me semble très révélatrice de cette distorsion. Je crois qu’il y a quelque chose chez elle de bloqué à cet âge, dont les caractéristiques centrales sont la non-intégration de la pulsion sexuelle et la construction de l’identité sexuée autour d’une « image » groupale conformiste. Autrement dit, je pense que Ségolène n’a jamais intégré réellement, corporellement, ni sa sexualité, ni son identité sexuée. Elle s’applique d’autant plus à mettre en scène sa féminité, jusqu’à l’obscénité, qu’elle est restée au fond infantile… Je pense que la haine qu’elle « transpire » s’enracine dans cet échec psychologique, et qu’elle est au fond une haine de soi : Ségolène se hait comme femme. Comme toutes les puritaines.
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Une correspondante vient de me signifier vertement à quel point ce papier sur Ségolène l’a choquée. Elle n’est certainement pas la seule à l’être. Ce papier est clairement fait pour choquer les très nombreux adorateurs de la nouvelle madone des médias. Voici ma réponse, elle pourra servir à d’autres :
Comme vous avez pu le lire, j’assume, sans complexe, mes « répulsions » vis-à-vis de Mme Royal. Vous avez évidemment le droit de ne pas les partager, comme je revendique le droit de les exprimer. Dès lors que cette personne est, superlativement, une personne publique, qui de plus ne cesse de jouer de sa « publicité » pour servir ses ambitions politiques, elle s’expose elle-même à la « publication » en retour des sentiments que sa « publicité » inspire.
Caricature, dites-vous, dégradante pour son auteur, qui plus est. Je revendique le droit à la caricature, et ce n’est pas une certaine actualité récente qui va me persuader d’y renoncer. Après les déchaînements à l’encontre des caricaturistes de Mahomet, va-t-on voir se déchaîner les croyants du « royalisme » à l’encontre des atteintes portées à l’image de leur Dame ? Mal argumentée, ma caricature ? Mais depuis quand une caricature doit-elle être « argumentée » ? Par définition, la caricature est plus de l’ordre de l’émotion que de l’ordre de la raison. Que vous ne partagiez pas mes « émotions » ne vous autorise pas pour autant à les qualifier de « dégradantes ». Ou alors, il faut vous expliquer. Argumenter, donc.
Pour le reste, le papier que vous contestez ne se réduit pas à une caricature. Il met également en cause ce personnage présent sur la scène politique depuis 24 ans sur au moins deux points précis, liés à son action politique passée : son rôle actif dans l’implantation du neurocomportementalisme dans notre pays, et ses interventions dans certaines affaires judiciaires. Il n’est plus là question de caricature, mais de positions épistémologiques, éthiques et politiques pour le premier point, et de faits pour le second point. Ma critique du neurocomportementalisme est largement exposée et argumentée sur mon site, en particulier dans mes articles intitulés Qu’est-ce qu’un fait psychique ? et La question de l’autisme. Quant aux attitudes ignobles de Mme Royal dans certaines affaires judiciaires, les médias en ont largement rendu compte en leur temps, ce sont des faits du domaine public. Malheureusement, votre courriel ne comporte aucune réponse sur ces deux points.
Votre courriel montre seulement que je heurte votre révérence pour cette Dame. Ce n’est pas pour me déplaire : mon article visait bien à bousculer, avec mes très modestes moyens, l’atmosphère médiatique révérencieuse autour de ce sinistre personnage.
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Pour « nuancer » (très peu) ces propos, voir ces deux articles ultérieurs : Pathologisation de la politique et La tentation du silence.
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Il m’arrive d’adopter une opinion sans avoir eu le temps de m’en donner les raisons : je me fais crédit.
Jean Rostand – Carnet d’un biologiste – Librairie Stock, Delamain et Boutelleau - Paris – 1959 - Page 61.
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