Sujet mémoire CAPA-SH

Questions spécifiques concernant les formations à l'option E (aides pédagogiques spécialisées en RASED).
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LARDEY
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Sujet mémoire CAPA-SH

Message par LARDEY » 17 janv. 2007 13:10

Bonjour,
je suis chargée de regroupement d'adaptation, je ne suis pas spécialisée et je souhaite passer le CAPA-SH option E en 2007.
Je ne sais pas vers qui me tournait pour avoir quelques conseils.

Pourriez-vous m'aider pour l'élaboration de mon mémoire?
Je n'ai pas encore de problématique très claire mais dans ma pratique, je m'interroge sur:
Dans quelles mesures, comment le maître E peut-il intervenir dans sa mission de prévention des difficultés au niveau du langage en situation (surtout syntaxique et lexicale) en maternelle (MS ou GS)?

Je m'interroge sur ce sujet car j'interviens beaucoup en maternelle avec les enfants non francophones, qui ne parlent pas et comprennent peu le français. Que faire avec ces élèves? Le maître E doit-il intervenir?

Pensez-vous que cette interrogation peut aboutir à une expérimentation et à un mémoire CAPA-SH option E?

Merci d'avance pour vos conseils et vos aides.

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 17 janv. 2007 13:20

Prévention langage : oui.
Enfants primo-arrivants : plutôt non, si c'est ça le critère d'intervention. 1. Il devrait exister quelques postes CLINEE. 2. Les enfants primo-arrivants ne relèvent pas nécessairement de difficultés cognitives. 3. Le fait de parler et de comprendre correctement une autre langue est de très bon pronostic pour l'apprentissage de la langue française.

Donc prévention langage avec des enfants primo-arrivants et d'autres : oui. C'est bien la définition de la prévention primaire, d'ailleurs, que de ne pas constituer de groupes a priori, mais de faire bénéficier tous les enfants de la classe des actions de prévention.

Pour le travail sur la langue, une lecture de première intention : Brigaudiot et SURTOUT le remarquable (pour une fois) document d'accompagnement sur le langage à l'école maternelle : http://www.cndp.fr/archivage/valid/7336 ... -16586.pdf
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

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Message par Pascal Ourghanlian » 17 janv. 2007 14:01

Je réponds à votre message privé sur le Forum, pour qu'éventuellement cette réponse serve à d'autres...

Il me semble qu'un travail décontextualisé en vocabulaire ou sur la syntaxe en maternelle n'est ni possible ni souhaitable. Je pense que le recours à l'album est indispensable, des albums avec structures syntaxiques récurrentes, qui permettent l'anticipation et, donc, la production par les enfants eux-mêmes de "morceaux" de l'histoire, par dictée à l'adulte et/ou production écrite. Voir les albums PEMF et les contes de la collection À petits petons chez Didier jeunesse.

Par ailleurs, les mots inconnus sont plus facilement assimilés en situation d'écoute d'histoires (je cherche la référence de l'étude sur ce sujet et je vous la fais passer).

Un auteur très utilisé en maternelle est Philippe Boisseau et son idée de reformatage d'album avec une syntaxe adaptée. Je suis pour ma part assez réticent à cette idée, mais voici les références : http://www.crdp-reims.fr/cddp52/actuali ... biblio.htm
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

Dominique Douay
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Message par Dominique Douay » 23 janv. 2007 22:08

Bonjour,
Je me permets une digression, par rapport aux albums en syntaxe adaptée. J’ai travaillé, en tant que « vraie » maîtresse en classe maternelle (classe de PS-MS), et j’ai particulièrement apprécié le livre de Mireille Brigaudiot « Apprentissages progressifs de l’écrit à l’école maternelle ». J’ai été tentée par les idées de Philippe Boisseau qui était venu présenter son premier livre en animation pédagogique, il y a quelques années, mais autant l’idée d’album écho a été profitable pour aider les élèves à s’exprimer (légende donnée par les élèves par rapport à des situations vécues, et améliorée par la maîtresse afin d’être dans la ZPD de l’élève), autant je suis mitigée sur les albums en syntaxe adaptée. Je crois en effet plus profitable de garder la richesse du langage écrit d’un album, et de passer par différentes étapes pour faire accéder les élèves du langage oral au langage écrit. Pour aider mes élèves de PS à comprendre les albums, j’utilisais le dispositif « oral-images-écrit » qui permet, à mon avis, de bien clarifier les situations, contrairement au reformatage d’albums qui ne permet pas aux élèves de distinguer ce qui appartient à l’oral ou à l’écrit. En effet, dans un premier temps, la maîtresse joue une scène à l’aide de marottes (personnages du livre), le texte est alors oral, ce sont les personnages qui parlent. Dans un second temps, ce sont les élèves qui présentent la scène. Ensuite, lorsque l’histoire est comprise de tous, la maîtresse apporte un livre où seules sont photocopiées les images. Elle laisse les élèves s’exprimer, les élèves sont donc devant des images séquentielles. Dans un troisième temps, lecture du livre, où seules sont imprimées les pages avec le texte. Le texte est alors un récit écrit à la troisième personne, aux temps passé simple/ imparfait qui raconte la même histoire. Ils sont alors en compréhension du langage écrit. Le fait de travailler un album ainsi a permis à tous mes élèves, même ceux qui, au départ, semblaient très réfractaires aux histoires, d’apprécier les albums. Il est parfois rassurant en tant que maître de croire que l’on peut suivre une progression bien établie que les élèves vont suivre, mais c’est oublier qu’ils apprennent « sans » notre consentement.
D.D.

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 23 janv. 2007 22:34

Bien d'accord avec Dominique...

Il n'y avait que Descartes pour penser que l'on apprend du simple au complexe, selon un ordre pré-établi. Mais il tenait aussi un discours sur l'homme-machine... Je reste donc... pascalien : l'homme, roseau pensant. Contre Descartes.

Plus sérieusement (?), je pense que toute la richesse de la littérature de jeunesse de ces 25 dernières années est de donner à entendre, écouter, voir, lire, des textes de qualité supérieure, dont la fréquentation - y compris telle que décrite par D.D. - permet de construire un rapport à l'écrit qui en fait non pas une langue seconde de l'oral, mais une langue tout court.
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

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