La désaffection de notre métier

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chenresi
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La désaffection de notre métier

Message par chenresi » 28 nov. 2016 10:48

En découvrant ce forum de discussion des enseignants référents, j'apprends que certaines académies recrutent parmi des non-spécialisés qui sont donc nommés à titre provisoire.
Étant ER depuis 2007, j'ai pu constater que notre métier/rôle/mission avait beaucoup évolué et pas toujours dans le bon sens.
Des débuts tonitruants avec tout à faire et à construire, des rencontres passionnantes avec les partenaires que sont la MDPH, le Conseil général, l'ARS... nous en sommes arrivés aujourd'hui à une situation douloureuse et frustrante.
Je reprends ici un courrier envoyé à un syndicat pour l'alerter sur les nombreuses demandes de notre profession qui restent à ce jour (depuis 10 ans) sans réponse de la hiérarchie ...

Il est important de prendre conscience que notre salaire reste le même depuis 2010 et le décret n°2010-953 instituant (enfin !) une indemnité de fonctions censée remplacer la NBI que nous avons perdue lors de notre prise de fonction en tant qu'ER.
Depuis l'instauration de l'ISAE, notre salaire est plus bas que celui d'un enseignant ordinaire (sans option E, A, B, C ou D).
Nos secteurs pour certains sont très étendus (vous savez que La Réunion compte parmi les plus grandes communes de France) et nous faisons parfois plusieurs centaines de km par semaine... non remboursés. Si on calcule le coût dû à l'usage de nos véhicules et au kilométrage, alors il est certain que notre salaire baisse chaque année.
Pas d'ISAE, pas de remboursement de frais de déplacements. Comprenant alors que certains ER décident de ne faire qu'une année dans la profession et qu'au moins 1 poste cette année reste sans personne (à St Denis).

Une convention entre la MDPH et le rectorat permettrait d'y voir un peu plus clair. Sachez que la plupart des MDPH de métropole ont une convention signée avec le rectorat sur laquelle est précisée qui fait quoi, qui paye qui, pour quelle mission... A quand cette convention ?

Nous réclamons des rencontres régulières avec les partenaires que sont la MDPH, l'ARS, le Médecin CT du rectorat, le SAIO... et depuis 2 années maintenant nous ne rencontrons plus personne. Pendant 1 temps, il y avait des représentants parmi nous qui pouvaient solliciter ce genre de rencontres et transmettre nos interrogations, alertes et autres difficultés... depuis plus rien.

Nous nous inquiétons du manque de place en établissements spécialisés, établissements médico-sociaux, CMP, CMPP... et même si la situation évolue, il manque encore des places en ULIS école ou en ULIS Collège dans certains secteurs (la liste d'attente peut être telle que certains ayant une notification n'en bénéficieront jamais).
La question centrale est bien à quand un réel PPS ? un document écrit par les MDPH et donné aux familles ? Et si le PPS existe un jour, quand sera-t-il de son application ? Quelle définition des réels besoins des enfants en situation de handicap ?

Nos conditions de travail sont assez disparates : au moins 1 ER n'a pas de local et doit travailler depuis son domicile, d'autres n'ont pas de connexion internet à leur bureau et doivent donc rentrer chez eux pour saisir les données demandées par l'ASH via une application ASHILE utile pour l'ASH mais d'une lourdeur parfois exaspérante et surtout inaccessible sans connexion. Certains ont commencé l'année scolaire sans poste informatique...
L'aide aux familles pour le dépôt des dossiers de demandes à la MDPH. La hiérarchie refuse d'admettre que nous accompagnons les familles et que pour la plupart il leur est impossible d'aller soit à la MDPH de St Pierre soit à celle de St Denis et que donc c'est nous qui déposons les dossiers. On se demande bien pourquoi ?

Les AVS (oui on ne dit plus AESH depuis la circulaire d’août 2016 n°2016-117 sur les élèves à BEP !) est le gros chantier de l'académie. <i>Quid</i> des contrats CUI, des contrats rectorat établissement ou autre ? Qui recrute ? Qui fait appel à des candidats, qui vérifie leur éligibilité, qui vérifie leur affectation, qui reçoit leurs doléances, qui les réaffecte, qui vérifie leur durée de contrat, qui prévoit leur remplacement, qui les forme ?
Cette "mission" est de plus en plus chronophage et demande un investissement, sans soutien et sans réel pouvoir, mais avec la responsabilité d'un fusible...

Nous avons l'impression de ne plus être écoutés, entendus et surtout respectés par une hiérarchie avide de demandes mais avare d'informations et de réponses.
Nous sommes le plus souvent seuls face à des responsabilités dont nous ne maîtrisons pas tous les tenants et aboutissants. Nous recevons les plaintes, récriminations des familles, des enseignants, des AVS, des chefs d’établissement, des partenaires médico-sociaux ou associatifs et quel est le soutien que nous recevons ?

En m'excusant de ce courrier un peu long.

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