Situation

Enseignants référents, enseignants détachés à la MDPH...
Répondre
sigfred
Visiteur
Visiteur
Messages : 7
Enregistré le : 14 déc. 2007 22:32

Situation

Message par sigfred » 11 janv. 2012 16:28

Petite question aux ER que vous êtes : à l'issue de l'ESS, les parents refusent les propositions émises par l'ensemble des membres de l'équipe.
Comment réagissez-vous ? Que faites-vous ?

renavd
Utilisateur dynamique
Utilisateur dynamique
Messages : 51
Enregistré le : 09 déc. 2007 22:48

Re: Situation

Message par renavd » 11 janv. 2012 17:57

Je prendrais en note les avis des uns et des autres et soumettrait le compte-rendu de l'ESS à l'équipe pluridisciplinaire, à charge pour elle de convoquer les parents ou de faire des propositions.
Autre solution : proposer un rendez-vous à mon bureau aux seuls parents.
Qui trop embrasse, mal étreint.

ambre
Visiteur
Visiteur
Messages : 5
Enregistré le : 29 janv. 2012 00:59

Re: Situation

Message par ambre » 29 janv. 2012 01:42

Bonjour,
C’est une situation qui arrive de temps en temps : je fais un compte-rendu dans ce sens (demande des parents et avis de l'équipe éducative et thérapeutique)
Je transmets à la MDPH. L'EPE fait une proposition à la famille qui peut la refuser (et qui souvent dans ce cas, la refuse effectivement)
Dans ce cas, selon la loi de 2005, la famille est souveraine et prend ses responsabilités. Il est vrai qu'il arrive parfois que l'enfant soit de ce fait dans une impasse ou que la situation soit très difficile à gérer pour l'école
C’est mon travail d'ERH de rester à l'écoute de la famille et de l'école afin que tout se passe au mieux dans l'intérêt de l'enfant et d'accompagner les parents dans ce long et parfois douloureux
chemin

daniele
Utilisateur dynamique
Utilisateur dynamique
Messages : 59
Enregistré le : 14 avr. 2011 18:40

Re: Situation

Message par daniele » 30 avr. 2012 14:54

Non, ce n'est pas le travail de l'enseignant référent d'accompagner les parents "dans le long et douloureux chemin", c'est celui du psychologue !! L'accompagnement ne s'improvise pas. Il reste à définir "le tout se passe au mieux" et "l'intérêt de l'enfant", définitions dont vous disposez d'emblée comme si c'était une évidence institutionnelle dont vous seriez le garant.
L'accompagnement est un acte gratuit qui ne supporte pas les enjeux dont vous faites état, ce n'est pas une action dirigée vers un but (faire admettre la décision) ou sous-tendue par la représentation d'une mission institutionnelle quelconque (la fin justifie les moyens, j'ai le statut donc la compétence !!). Rien dans les textes d'ailleurs n'autorise les ER à s'approprier ce rôle, au contraire, il s'assure de la mise en place du PPS, cela ne veut pas dire qu'il l'assume seul.
La famille est effectivement souveraine et ce n'est pas uniquement une question de loi !! Vous en parlez comme si c'était un obstacle au bon déroulement des actions que vous avez envisagées et vos interventions "dans l'intérêt de l'enfant" auraient alors pour objectif de destituer les parents de leur souveraineté, si je suis logique. Ces mêmes parents dont on dit qu'ils démissionnent.
A l'interface, il y a pourtant l'intimité, le vécu, le psychologique qu'il faut envisager hors de toute contrainte et surtout avec des précautions garanties par des références éthiques et professionnelles. Il ne s'agit pas ici de responsabilités parentales mais d'espace pour la parentalité qu'il faut redéfinir, restituer.
Laissez le psychologique au psychologue car pour lui un enfant dans l'impasse, ça n'existe pas, justement parce que le rôle du psychologue est d'élargir l'espace, c'est pour cela qu'il a été formé.

renavd
Utilisateur dynamique
Utilisateur dynamique
Messages : 51
Enregistré le : 09 déc. 2007 22:48

Re: Situation

Message par renavd » 03 mai 2012 07:26

ARRÊTÉ DU 17-8-2006 :
L’enseignant référent est, au sein de l’éducation nationale, [...] l’interlocuteur privilégié des parents ou des représentants légaux de chaque élève handicapé fréquentant dans son secteur d’intervention un établissement scolaire. [...] Il assure auprès de ces familles une mission essentielle d’accueil et d’information.

Bonjour
Je suis assez d'accord avec ce que Daniele dit sur le rôle du psychologue. Ce qui n'empêche pas que les parents peuvent avoir besoin d'évoquer les solutions qui s'offrent à leur enfant dans un autre cadre que celui d'une réunion d'équipe éducative, vécue quelquefois comme oppressante, et qu'ils sont parfois à la recherche d'un interlocuteur en dehors de l'école. Notre mission d'information suppose d'entendre comment ils envisagent la situation, et même sans vouloir verser dans le psychologique, il n'est pas rare qu'en ces occasions, il faille tendre un mouchoir. Instaurer la confiance ne suppose pas forcément d'entrer dans la confidence : il faut savoir en effet renvoyer vers les personnels ou les institutions ad hoc lorsque nous sommes sollicités au-delà de nos compétences.
Qui trop embrasse, mal étreint.

daniele
Utilisateur dynamique
Utilisateur dynamique
Messages : 59
Enregistré le : 14 avr. 2011 18:40

Re: Situation

Message par daniele » 04 mai 2012 14:29

Sauf que je suis obligée de provoquer des réunions hors ESS pour pouvoir mettre en place un projet d'aide à l'enfant. Tout se passe comme si la reconnaissance de handicap réduisait l'espace d'intervention auprès de l'enfant au seul cadre institué par la MDPH. Quelque chose ne tourne pas rond ou tourne en rond, et ce quelque chose commence à émerger.
Je réfléchis à me repositionner : soit je renvoie systématiquement toute demande des parents ou enseignants au référent parce que j'en ai mare des référents qui ne m'invitent pas aux ESS alors que j'ai travaillé auprès de l'enfant et de la famille, ou des dates qui me sont données quelques jours avant sans considération de mon emploi du temps, ou des AVS attribuées sans qu'on me demande dans quel sens elles doivent travailler, ou de constater que ma maîtresse E ne peut s'exprimer en ESS parce que le référent l’interrompt toujours car ancien maître E, ou du référent qui s'impose aux REE et brûlent ainsi les étapes en parlant d'orientation alors qu'on en est pas là, qui m'appelle à l'aide alors que j'ai demandé réunion 3 mois auparavant, ou d'entendre un référent parler d'autisme à une maman alors que je viens de dire que je ne savais pas ce qu'avait l'enfant, (en cela elle avait sans doute contacté l'orthophoniste qui posait une hypothèse de troubles psychotiques pas d'autisme!! et l'éthique dans tout ça) etc etc et je n'exagère pas, ce sont des faits, ils se suffisent, je n'aborde pas mes impressions. Ces faits ne concernent pas une personne en particulier, je travaille avec plusieurs référents. Donc problème institutionnel, de définition des rôles.
Soit je crée un système parallèle de réunions hors ESS ce qui est en train de se mettre en place d'ailleurs et à la demande des enseignants ce qui est assez productif (sinon les enseignants ne resteraient pas deux heures le soir!) car la parole est plus détendue quand nous nous retrouvons parents enseignants RASED. Rien ne me l'interdit et finalement là est peut être la place de la psychologie. Ces réunions déplaisent aux référents semble t-il qui me disent vouloir être présents.
Pour moi le référent est de fait dans l'école, il accueille et informe sur les structures existantes, il entend mais renvoie l'écoute aux professionnels concernés et à l'équipe, il organise la communication et fonctionne en présence/absence forcément, pour laisser les acteurs travailler.

Répondre