Transmettre ou réparer ?

Questions spécifiques concernant les formations à l'enseignement spécialisé des professeurs de lycées et collèges (2CA-SH).
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Invité

Transmettre ou réparer ?

Message par Invité » 14 oct. 2004 23:04

Je suis enseignante spécialisée et dans le cadre de notre formation j'avais compris que "transmettre" et "réparer" étaient deux métiers très différents !!!
Peut-on apprendre à "réparer" en 150 heures ?

Daniel Calin
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Former à "réparer"

Message par Daniel Calin » 04 nov. 2004 22:15

150 heures pour former à "réparer", c'est effectivement peu. Mais 400 heures "en alternance", ce n'est certainement pas terrible non plus.

Sur le fond, les choses sont plus compliquées qu'une simple question de durée de la formation. D'abord, parce que la capacité à "réparer" présuppose quelque chose qui n'a rien à voir une formation, quelle qu'elle soit, quelque chose qui est de l'ordre d'une "sensibilité" particulière, d'une "inclination personnelle" spéciale, qui renvoient à toute une "histoire de vie", et pas du tout à une durée de formation. Comme formateur expérimenté, je sais bien que certains des stagiaires qui nous arrivent ne sont tout simplement pas "formables", parce qu'ils n'ont pas le "profil personnel" adéquat, indépendamment d'ailleurs de toute question de "capacités". Avec ceux-là, que la formation soit de 150, 400 ou 750 heures ne change pas grand chose.

Ensuite, parce que, quelle que soit le temps global de formation imparti, la modalité d'utilisation de ce temps pèse fortement sur l'efficacité possible de la formation. Voir mon petit texte sur ce sujet : À propos de la formation des enseignants spécialisés. Voir surtout la forte réflexion d'Annie Langlois : Professionnalité, personne, temporalité de la formation : le cas de l’AIS, pour une défense des formations présentielles.

Enfin, parce que même une année de formation ne fait guère que "mettre le pied à l'étrier", en particulier pour ceux des stagiaires qui ont peu d'expérience antérieure de l'enseignement. Il faut certainement plusieurs années pour devenir un bon enseignant spécialisé, et plusieurs années "intenses", avec "la pratique", certes, mais aussi et surtout : lectures, recherches, échanges, réflexions, prises de tête...

Il faut de toutes façons souligner que l'ouverture de formations spécialisées aux enseignants du second degré, même au rabais, est en soi une bonne chose, la seule bonne nouvelle dans cette réforme par ailleurs catastrophique. Depuis le temps qu'on attendait cela ! Alors, on va essayer de faire au mieux, dans le cadre étriqué qui nous est donné... On verra à l'usage ce que ça donnera, mais c'est un défi intéressant, une sorte de brèche dans l'univers "spécial" de la culture professionnelle du second degré.
Cordialement,
Daniel Calin

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