Nommée sur un poste maÎtre E

Les aides pédagogiques spécialisées (option E).
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Arven
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Nommée sur un poste maÎtre E

Message par Arven »

Je suis nommée à la rentrée sur un poste de maître E. Cela fait plusieurs années que je demande la formation mais comme je n'ai jamais travaillé dans l'AIS, ma candidature n'est jamais prioritaire. J'ai donc décidé cette année de faire le contraire, de demander un poste et je pourrai ainsi faire la formation l'année prochaine. Seulement voilà, je ne suis pas formée !!!!
Je sais bien qu'une formation ne fait pas tout mais ça me rassurerait quand même un peu. Cela fait 10 ans que je travaille en cycle 2, j'ai commencé de lire quelques livres dont 1 que vous avez conseillé "Comprendre et aider les enfants en difficulté scolaire", je suis allée sur plusieurs sites de maître E... Mais j'aimerais quand même avoir de vos conseils sur savoir quoi lire qui m'aiderait ? Que faire pendant les grandes vacances qui pourrait m'avancer pour la rentrée ? Ecouter les conseils des collègues qui ont eu leur 1er poste à la rentrée.
Un truc m'affole un peu aussi quand je lis vos messages : vous faites référence à des tas de tests dont je n'ai jamais entendu parler, vous dites des mots supers compliqués... Vais-je être à la hauteur de la tâche ?
Merci d'avance pour vos conseils et votre aide.
Arven
Je précise que je travaillerai en RASED

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian »

1. On évite l'angoisse : les vacances sont aussi faites pour se reposer.
2. On évite l'idée même de tests : ce qui importe avant tout, c'est une attitude d'écoute respectueuse du gamin, de ses manières de faire et de ne pas faire.
3. On prend le temps de se perdre dans le site de Daniel et sur ce Forum : des idées, des témoignages, des lectures, vous en trouverez à la pelle, y compris (surtout) pour commencer.
4. On oublie les mots compliqués : s'ils le sont, c'est que ce ne sont pas les bons, au bon moment, pour la bonne personne (il y a dans la mission de relation du maître E, quelque part dans les textes, la nécessité de se mettre à la portée de son interlocuteur).
5. On n'oublie ni son bon sens, ni sa précieuse (et riche, sans aucun doute) expérience de cycle 2 : ils sont à même de répondre à 75 % des besoins. Les 25 % qui restent c'est du boulot, du partenariat, de l'envie d'aider au plus près des besoins.
6. On rencontre les collègues du RASED : un réseau, c'est pas soi tout seul, c'est un gamin extraordinaire (les ordinaires, le réseau n'est pas appelé pour s'en occuper), des gens inquiets autour, des choses à reconstruire pour aider l'enfant à tourner la page (au propre et au figuré - c'est la définition de la résilience selon Jacques Lévine).
7. On appelle à l'aide si nécessaire : ici, ou dans la vraie vie, il y a toujours quelqu'un pour aider.
8. On se dit chaque matin qu'on va encore apprendre, et que c'est ça qui est bien : ça met l'adulte dans la position de celui qui ne sait pas, comme le gamin dont il va falloir s'occuper.

Bon courage !
Modifié en dernier par Pascal Ourghanlian le 17 juin 2006 19:47, modifié 1 fois.
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

Arven
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Merci

Message par Arven »

Je vous remercie pour cette réponse aussi rapide et surtout réconfortante.
Vous savez trouver les mots qu'il faut pour m'enlever toute angoisse !
J'espère trouver la façon de faire pour être plus qu'un maître de soutien ou un répétiteur, c'est surtout ça qui me tracasse.
Encore merci pour votre soutien.
Arven

Marief
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Message par Marief »

Je suis maître E depuis cette année (première promotion du CAPA-SH) et je regrette de ne pas avoir fait fonction avant de demander la formation car avec la nouvelle formule (alternance terrain/formation) on est très vite "jeté dans la fosse aux lions" (c'est une image, mes élèves sont dans l'ensemble très sympas :wink: ). On n'a donc pas plus d'expérience ou de connaissances qu'un faisant fonction, on ressent le même stress de ne pas savoir faire et on doit se plier au calendrier de l'alternance, sans parler de la rédaction du mémoire ! Je pense que l'expérience que vous allez acquérir auprès des élèves cette année vous sera précieuse lorsque vous serez en formation. Courage, le parcours n'est pas facile mais être maître E, c'est passionnant.
Marie

Arven
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J'aurais aimé

Message par Arven »

J'aurais aimé savoir ce qui vous a aidé concrètement à travailler.
Comment s'est passée la formation ? Quel était ton sujet de mémoire ?
Merci d'avance
Arven

Marief
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Message par Marief »

Ce qui m'a aidée à travailler, c'est de trouver des réponses à mes questions (auprès d'autres maîtres E, sur ce site, sur celui de Thierry Berthou http://www.aideeleves.net, etc., et évidemment en lisant ...) ; c'est aussi d'écouter et d'observer les élèves qu'on m'a confiés, chercher avec eux ce qui ne va pas : ce n'est pas toujours facile de comprendre ce qui "coince" et ils en ont rarement conscience eux-mêmes, il faut les rassurer, leur dire "qu'ici, on a le droit de se tromper" et que grâce à ces erreurs nous allons avancer, apprendre à surmonter ou contourner les obstacles ... Le dialogue avec l'enseignant est lui aussi important.
Le sujet de mon mémoire portait sur les difficultés en lecture et la prise de conscience par les élèves des différentes stratégies permettant de devenir autonome . Rien de très original et exercice difficile quand on est de la génération "instit après le bac".
Quant à la formation, le contenu était dense, souvent théorique (alors que nous rêvions de conseils pratiques) et comme toute formation, un peu déstabilisante ... l'alternance terrain/iufm ne permettait pas vraiment de faire un break, on a beaucoup de mal à ne pas penser "utile" pendant les cours, mais les échanges avec les formateurs et les autres stagiaires sont enrichissants. Enfin, nous n'avons pas eu de séances d'observation chez un maître E expérimenté et cela nous a manqué (je crois que ça dépend des iufm, certains avaient des maîtres d'accueil)
En fait, comme tout métier, il faut un peu de temps pour digérer la théorie, acquérir de l'expérience et se sentir efficace.
Marie

Valérie
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Message par Valérie »

Je sais que certains "E techniciens" ne seront pas d'accord avec moi, mais à mon sens, l'esprit E c'est avant tout de changer de place par rapport à son métier d'instit.

Ne plus être celui qui "enseigne" qui "transmet" mais celui qui écoute.
Celui qui travaille dans l'école mais chez qui on peut se tromper, on peut essayer sans crainte.

La technique et les mots compliqués j'essaye de les apprendre depuis 4 ans que je fais ce métier, mais c'est pas mon truc..
Je ne sais pas si je les apprendrai un jour, j'ai crainte que ça endorme mon oreille et que je n'entende plus ce que les élèves me disent de leurs difficultés.
A mon avis c'est plus dans la rencontre que dans la technique du professionnel que quelque chose peut bouger.

patrick
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Message par patrick »

A mon avis on ne peut pas opposer technique et relation dans nos métiers d'aide. En E ou en G la relation est toujours agie, c'est une différence de fond avec de nombreuses positions thérapeutiques.
A partir du moment où le E ou le G agit, c'est bien les conditions de son agir qui sont au centre de son positionnement. La technique doit être le plus explicite possible pour permettre à la relation d'être plus libre.
Les " techniciens" ne sont pas des techniciens s'ils utilisent à leur insu la technique pour éviter la relation. Les techniciens peuvent se positionner comme technicien pour permettre au contraire à une relation de s'installer, alors qu'ils ont besoin de cette technique pour se lacher un peu. Les "relationnels" peuvent par une position trop inquiétante tout mettre en oeuvre implicitement pour empecher une relation égalitaire.
Aussi je pense que le problème est plus complexe qu'il n'apparaît à première vue. En tout cas je suis entièrement d'accord avec vous alors que je suis G, les E se trouve sur ce point dans la même situation que nous et le changement ne peut se produire pour l'enfant que dans une relation le reconnaissant comme acteur mais pas dans une réparation technique aussi bonne soit-elle mais le considérant comme objet à réparer.

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