Maintien en grande section et MDPH ?

Problèmes généraux (psychologues scolaires, option E, option G).
riri
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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par riri » 19 sept. 2008 01:24

Bonsoir,

Maintien en grande section? "moué" à condition effectivement que cela fasse partie d'un projet et ne soit pas une simple "solution" parce qu'on ne veut pas du gamin en CP...

J'ai cette année dans ma classe de CLIS une enfant qui n'a pas fait de petite section, ni de moyenne section, elle est donc arrivée en grande section en février pour ses 6 ans : elle ne parlait que quelques mots de français... Elle a fait une "seconde" grande section l'année suivante. Elle a été beaucoup malade (varicelle et autres joies des premiers contacts avec la collectivité) donc en tout a dû avoir une année scolaire complète ...

Equipe éducative... MDPH... CLIS .

Elle est donc depuis septembre dans ma classe avec arrivée en taxi, cantine pour la première année de sa vie, et taxi le soir. Aucune prise en charge à ma connaissance. Je ne sais son parcours que par son enseignante précédente. Je ne sais donc pas le pourquoi de cette orientation ni rien de son PPS. (Mais je vois l'enseignante référente la semaine prochaine).
Pour le moment j'essaye surtout de la rassurer.

Pour le moment je continue de m'interroger sur le pourquoi de ce redoublement en grande section et sur le pourquoi de son orientation. Cette enfant comprend visiblement très bien les consignes, les règles de vie de la classe, de l'école, est assez autonome mais parle très difficilement...
J'ai donc pris le manuel utilisé par ma collègue de CP et le fichier attenant et on avance à la même vitesse que les enfants de CP. (j'ai une petite idée d'intégration chez ma collègue en tête... J'attends la prochaine équipe éducative qui, faites-moi confiance, va avoir lieu bientôt)....

Le maintien oui et non... Si c'est sans projet pour le gamin : non , si c'est pour refaire les mêmes activités avec la même personne : non plus... mais dans certains cas, bien préparé, oui.

J'ai aussi une collègue de maternelle qui m'a annoncé qu'elle en avait une "pour moi" l'an prochain... Elle l'a maintenu en GS pour aider les parents à accepter la situation de leur enfant... (sans commentaire)

Je suis pour le maintien ultra ponctuel ultra préparé dans des conditions ultra particulières... :lol:
"Biens placés bien choisis quelques mots font une poésie... Les mots il suffit qu'on les aime pour écrire un poème" (Queneau)

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par Bidule » 28 janv. 2010 15:21

Bonjour,
Après avoir parcouru ce sujet, j'aimerais savoir ce qui se passe lorsque les parents eux-mêmes souhaitent un maintien en Maternelle et qu'en dépit des difficultés et du manque de maturité de l'enfant, on leur dit que la circulaire de toute façon impose de faire passer l'enfant en CP puisqu'en effet il n'est pas handicapé. Est-ce que des bases ne sont pas nécessaires pour passer d'une classe à une autre, et sont-elles évaluées dans ces cas-là ?
Je suis jeune enseignante dans le Second Degré et n'ai donc jamais été confrontée à la question du maintien dans les petites classes.
Une amie m'a interrogée à ce sujet, elle se pose beaucoup de questions sur le système scolaire et son adéquation avec son enfant, et elle se sent un peu démunie.
Comme je ne pense pas qu'elle ait envie d'aller vivre en Scandinavie... D'avance merci pour votre point de vue et les suggestions que vous pourrez me/nous faire !

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par Céline71 » 29 janv. 2010 07:27

Bonjour,
Après avoir parcouru ce sujet, j'aimerais savoir ce qui se passe lorsque les parents eux-mêmes souhaitent un maintien en Maternelle et qu'en dépit des difficultés et du manque de maturité de l'enfant, on leur dit que la circulaire de toute façon impose de faire passer l'enfant en CP puisqu'en effet il n'est pas handicapé.


Mais de quelle circulaire s'agit-il ??

Daniel Calin
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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par Daniel Calin » 29 janv. 2010 19:31

Je l'ai déjà écrit plus haut, je le répète : cette circulaire n'existe pas, c'est un pur fantasme. Ou une escroquerie ?
Cordialement,
Daniel Calin

Céline71
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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par Céline71 » 29 janv. 2010 21:53

D'accord, c'est bien ce que je pensais. Ouf ! Comme le "post" date un peu, je me demandais si j'avais raté une étape...
"on leur dit que la circulaire de toute façon impose de faire passer l'enfant en CP puisqu'en effet il n'est pas handicapé."
Qui leur dit que... ? L'instit ? Le directeur ? L'administration ?
Les parents peuvent toujours demander le numéro officiel de cette circulaire puisqu'elle n'existe pas...
En dehors de cette histoire de handicap qui vient un peu tout parasiter, ce qui doit être discuté avec l'ensemble des partenaires, c'est ce qui semble le plus judicieux par rapport à cet(te) enfant. Peut-être aussi qu'il convient de solliciter d'autres avis, par exemple celui du psycho scolaire du secteur...

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par Bidule » 06 févr. 2010 18:49

Bonjour,
Merci pour ces éléments de réponses. La fameuse circulaire n'a pas de légitimité, d'accord. Mais quel poids peuvent avoir les parents face à l'IEN quand une décision de passage est faite, même si cette circulaire n'existe pas ?
Pour l'enfant dont il est question, il n'a même pas été envisagé de rencontre dans le cadre d'une "équipe éducative" ou quelque chose du genre, car les parents ne sont pas dans le cas classique d'une opposition à un maintien, mais bien dans une demande de maintien ou, du moins, dans une demande d'avis éclairé. Et visiblement, les enseignants n'ont jamais eu affaire à ce cas de figure, et ils se retranchent – on les comprend ! – derrière les textes, tout comme le RASED.

N'est-il pas possible, légalement, de demander simplement à DONNER DU TEMPS à un enfant ? Tout le monde n'avance pas au même rythme, c'est peu de le dire...
Dans un cas comme celui-là, ne peut-on alors accompagner la famille dans une démarche de passage en classe à double niveau, GS-CP, qui pourrait permettre d'asseoir les bases sans cesser pour autant d'avancer ? Cette formule peut-elle être bénéfique ? Avez-vous les un(e)s les autres des expériences de ce type à relater ?

J'ai cru comprendre qu'en forçant un maintien contre l'avis de l'IEN, les parents risquent de "griller une cartouche" et prennent le risque d'un passage en CLIS ensuite si, malgré le maintien, l'enfant est toujours en difficultés.
Peuvent-ils refuser un passage en CLIS ?

D'avance merci pour vos contributions.

Pascal Ourghanlian
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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par Pascal Ourghanlian » 06 févr. 2010 18:53

Aucune orientation en CLIS ne peut se faire sans la demande expresse des parents auprès de la MDPH.
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

etcheverry
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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par etcheverry » 20 sept. 2010 15:18

Je suis dans la même difficulté, avec mon enfant adopté, arrivé le 27/7, non francophone, il est actuellement en GS de maternelle, après dérogation, mais l'expertise pédagogique (intégration, compétences) est favorable à un passage en CP, quand on sait que ces enfants sont très perturbés par le moindre changement ; les arguments : ne pourra plus redoubler en primaire si problème ultérieur, devrons mettre un PPS en place alors qu'il n'a aucun handicap ; bref je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangé ; pouvez-vous m'aider mr dcalin, corinne (75)

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par daniele » 31 oct. 2011 15:48

Les sciences humaines ne seraient pas des sciences ?
Que dire alors des recherches en psychologie qui progressent grâce à une méthode expérimentale, et proposent des théories réfutables ? La recherche fondamentale en psychologie utilise des méthodes expérimentales et constitue une science selon moi parce que ses conclusions sont toujours réfutables par la même méthode. Les théories sont remises en question et évoluent.
Cependant, tout ne peut être sujet à analyse scientifique, le redoublement par exemple, les variables sont bien trop nombreuses et en interaction pour permettre la mise en place d'un plan expérimental.
On pourrait a minima pour tester l'hypothèse de l'efficacité du redoublement commencer par réduire la problématique et tester par exemple l'effet d'un enseignement répétitif sur les apprentissages, et encore faudrait-il harmoniser les caractéristiques des sujets de l'expérimentation.
Si les sciences humaines ne sont pas scientifiques, il y en a au moins qui travaillent à le devenir et qui y parviennent : la psychologie cognitive par exemple qui a même démontré la pertinence de certaines opinions de FREUD sur l 'inconscient par exemple en travaillant sur les émotions, l'implicite et l'explicite etc (ça date mes études désolée). Par exemple, allez donc réfuter un psychanalyste quand il vous dit que vous avez refoulé, mission impossible parce que votre résistance est preuve de refoulement, tautologie, et le mot théorie usurpé en psychanalyse.
bon je défends mon bifteck, mais sciences humaines c'est quoi au juste ?

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par akila m » 31 oct. 2011 18:51

Bonjour Daniele, je me permets de vous répondre pour vous dire que j'ai du mal à vous suivre dans votre pensée. Cela m'inquiète car vous êtes psychologue (et je le suis devenue aussi presque par hasard et après beaucoup d'hésitations et de déceptions lors de la formation) ; j'aimerais essayer de comprendre le discours de mes collègues (dont vous) pour me reconnaître dans une identité professionnelle commune. Est-ce si important pour un psychologue (clinicien ?) de revendiquer un statut de science pour son objet de travail ? (la pensée, l'affectivité, les relations entre humains...)

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par daniele » 02 nov. 2011 19:19

Akila,
très difficile de répondre à votre question.
là je répondais à un message de Monsieur Calin qui disait que les sciences humaines ne sont pas scientifiques ('plus haut sur la page sur les redoublements)
j'évoque la recherche fondamentale en psychologie cognitive pas la clinique, d'ailleurs je ne suis pas clinicienne, je suis psychologue à l'école.
L'important n'est pas dans la réponse à la question posée d'ailleurs, psychologie science ou pas, elle est essentiellement dans le fait de se la poser, et d'être toujours attentif dans notre fonctionnement professionnel à ce type de questionnement. C 'est important de connaître la discipline qui nous "sert" et que nous servons aussi. Il faut connaître ses outils pour les utiliser à bon escient. J 'ajouterais que c'est d'autant plus important pour les psychologues qui travaillent en institution. Lisez si ça vous dit, "la mal mesure de l'homme", "Sommes nous tous des psychologues" de Leyens, (allez sur canal U et écoutez les cours de Joule, Beauvois et autres psychologues), observez leur méthodologie, de l'art, leur langage, de la poésie! mais je m'égare...
lisez le livre noir de la psychanalyse aussi où la problématique est posée avec plus ou moins de parti pris.
interrogez la philosophie à laquelle malheureusement je suis hermétique sur ce qu'est une science.
Finalement oui je pense que c'est important de revendiquer un cadre de référence sérieux et par conséquent le plus scientifique possible, issu de la recherche, pour éviter de tomber dans la psychologie quotidienne, celle des stéréotypes, des biais d'interprétation, des délires interprétatifs qu'on entend si souvent dans nos écoles, et de plus en plus des parents qui vous parlent de relation fusionnelle, de traumatismes etc etc. Une profession se définit par son cadre de référence. les psychologues scolaires ont pour mission d'analyser des situations ( et pas des enfants comme le suggère le sens commun parce que ça arrange tout le monde), il lui faut donc des outils valides (qui vont bien au delà de la psychologie clinique).
J'ai construit mon identité professionnelle en aller-retour(s) incessants entre la théorie et la pratique, avec une méthode de test d'hypothèses. Question d'honnêteté, d'ailleurs avons-nous d'autres choix?
Anecdote, remarque désobligeance et autoritaire d'un IEN agacé par les "il me semble que, tout se passe comme si " dans mes comptes rendus (s pas s à compte rendu je ne sais jamais) , je lui ai expliqué que l'examen psy était avant tout un test d'hypothèses à vérifier. Embêtant quand il s'agit de prendre une décision en commission!
En plus cette psychologie dont je parlais a fait ses preuves dans ses applications dans de nombreux domaines. Donc, elle a un sens sur le terrain.
Y aurait-il une idéologie selon laquelle la psychologie ne pourrait être scientifique et qui aurait une fonction bien définie en particulier en institution?
ben te vlà bien comme on dit, je réponds à ta question par une autre!!! (je suis passée au tu, ça dérange pas? )
et d'ailleurs, quel cadre de référence théorique revendiques-tu si bien évidemment tu considères que notre fonction va bien au delà de la passation de tests, ces objets mystérieux à tel point instrumentalisés qu'ils doivent être démystifies ici même sur ce forum, réduit à leur utilité pédagogique,dénigrés aussi parce que un test c'est avant tout une théorie de l'intelligence et des recherches, et je n'engage pas le débat sur l'instrumentalisation du psychologue que reflète cette présentation concrète des tests.
Pas d'inquiétude à avoir non plus, construis ton action, petit à petit, passionne toi, lis.
Je ne suis pas sure que les psychologues scolaires aient une identité professionnelle, nous sommes de plus en plus isolés, raison de plus pour la construire à partir d'un corpus théorique.
à ta disposition pour discuter si tu veux, on peut créer un nouveau sujet, identité professionnelle du psychologue à l'école.

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par akila m » 02 nov. 2011 21:44

Oui Danièle, mais il me semble que ça va être difficile de se parler ; je ne comprends pas où vous voulez en venir. Mon cadre de travail ne m'évoque pas la question de la science et dans ce cadre je n'éprouve pas le besoin de prouver scientifiquement ce que j'ai à dire à des parents, des enfants, des enseignants ou des supérieurs hiérarchiques.
J'essaie juste de comprendre en les écoutant la situation dans laquelle se trouve un enfant ; cela me semble chaque fois très complexe et unique ; mais une fois que des fils ont été dénoués, cela semble plus simple pour l'enfant qui n'est plus entièrement responsable de tous ces troubles diagnostiqués sur lui. J'ai décidé de lui laisser le temps de jouer, dessiner, parler, passer un test cognitif (cela va satisfaire la demande institutionnelle puisqu'on veut savoir comment il fonctionne - verbe que j'ai entendu une multitude de fois durant ma formation). Qu'un adulte neutre et disponible au sein de l'école cherche à comprendre ce qui lui arrive, voilà, c'est une synthèse du sens que je donne au travail du psychologue.
Mais nous n'avons pas les même lectures à ce qu'il me semble. Je viens de relire Delion "tout ne se joue pas avant 5ans"

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par daniele » 03 nov. 2011 19:36

Dans ce cas, quelle est la différence entre vous et tout autre personne qui manifeste de l'empathie et qui essaie de comprendre !
Nos références évidemment et quand elles peuvent être légitimées scientifiquement autant que faire se peut, nous avons une identité professionnelle.
Comprendre d'accord mais en psychologue ! Ça ne se fait pas n'importe comment et s'il suffisait de comprendre, ensuite il faut trouver des solutions pour amener un changement. Comment tu fais ?
La sollicitude et la disponibilité ne suffisent pas à faire avancer une situation complexe.
Effectivement, il faut pouvoir agir pour que tout ne se joue pas après 5 ans non plus !
Si tu veux envisager ce que je veux dire, va donc sur canal U ou lis au moins Sommes-nous tous des psychologues ? de Leyens.
Moi tu vois au contraire j'éprouve le besoin d'avoir des références que je sais sérieuses, d'ailleurs ce n'est pas un besoin, c'est une obligation professionnelle.
Quant aux tests, ils ont leur utilité pour affiner notre compréhension de l'enfant surtout quand différents troubles ont été diagnostiqués par ailleurs. Ensuite, heureusement qu'ils sont là, les chercheurs, pour nous informer et nous former sur tous ces troubles.
Je dois avouer que ta réponse me choque quand même, ton cadre de travail ne t'évoque pas la question de la validité de ta manière d'envisager ton action ! Tu essaies juste de comprendre ! Ben dis moi comment tu fais parce que moi comprendre, je n'utilise pas trop ce terme, je préfère interpréter mes observations en posant différentes hypothèses que je confronte ensuite de différentes façons et en les confrontant au réel la plupart du temps. J'agis, je réagis, je suis et ceci avec l'aide de mes collègues instit et rased mais également avec l'aide des parents.
Et je ne comprends pas la phrase "prouver scientifiquement ce que j'ai à dire ...." Il ne s'agit pas de prouver, il s'agit d'être crédible.
Je te repose la question donc : à quelles références théoriques fais tu appel dans ta pratique quotidienne ?
Désolée si ma réponse te paraît un peu sèche mais je ne fais qu'essayer de rationaliser ton discours. D'ailleurs l'expression "comment fonctionne un enfant" est certainement plus adaptée à la profession qu'est la nôtre que le verbe comprendre, bien que je préfère "comment fonctionne un système".
Un tiers nous serait utile pour reformuler notre échange, je m'explique peut-être mal, nous n'avons à l'évidence pas la même formation ni la même expérience.

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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par akila m » 05 nov. 2011 17:56

J'essaie grâce à vous Danielle qui me répondez de réfléchir à ma pratique ; je vais aller consulter les références que vous proposez.

Réfléchir à sa pratique devrait pouvoir se faire ailleurs dans des groupes de parole ou individuellement ; mais cela est coûteux sur plusieurs plans. Les groupes de rencontres entre collègues ne me suffisent pas même si j'y participe. Il y a une méfiance et une rivalité sous-jacentes, un accrochage à un jargon professionnel qui me met mal à l'aise. Chacun cherche le psychologue qu'il souhaite être, c'est ce que je ressens de positif de ces rencontres. Je m'aperçois aussi que c'est une place de psychologue que je ne veux pas si elle est déjà définie à l'avance par un modèle.
Mais nous pouvons être d'accord ensemble sur le cadre professionnel quand même ? J'en retiens la confidentialité, la liberté de dire des personnes que nous recevons, l'accueil des points de vue de chacun.... la création au sein de l'école d'un espace qui n'existe pas ailleurs.

Je trouve que le problème des psychologues est de vouloir se calquer sur le modèle médical pour exister aux yeux de l'institution ; tout en le niant avec virulence - on n'est pas là pour faire des diagnostics -, alors que ces derniers sont toujours sous-jacents dans leur esprit.
Ce n'est pas si simple de se positionner ainsi dans cette sorte d'ambiguïté qui est pourtant déniée.


Quand à la crédibilité du psychologue, j'espère que le fait d'avoir fait des études spécifiques, d'avoir obtenu le diplôme suffisent à la justifier et à justifier le poste obtenu au yeux de nos pairs (je ne pense pas que cela soit la préoccupation des enfants).

Mais ce qui me donne à moi le plus de crédibilité et de confiance pour tenir cette fonction, c'est d'avoir une connaissance relative de ma personnalité, d'avoir revisité mon histoire, d'avoir vécu des pertes et m'en être remise afin de mieux saisir ce qui se passe en moi lors des rencontres et de laisser ainsi une place ouverte à l'autre (sans chercher à le détourner de ce qui me dérange dans ce qu'il cherche à exprimer par exemple). Je différencie le savoir que les autres nous attribuent et ce qui fait qu'on se sent personnellement prêt pour tenir ce rôle. Je ne m'en sentirais pas capable ni le désir avec les seules connaissances données par la formation universitaire.

C'est d'ailleurs ce qui me dérange souvent chez les psychologues : de croire que ce savoir va permettre d'exercer un ascendant sur les autres. Mais peut-être que j'imagine des choses qui n'existent pas.

C'est la vacuité de ce dont je vous parle qui semble vous gêner, comme s'il fallait remplir cet espace du psychologue de savoirs irréfutables pour tenir et être reconnu dans cette fonction.

Quant au terme "fonctionnement" il ne me plait pas parce qu'on vit de plus en plus dans un monde qui parle des humains comme ils le font de leurs ordinateurs. Les enfants ne fonctionnent pas parce qu'ils sont changeants. Je n'accepte pas que quelqu'un me traite comme si je fonctionnais. Quand vous pensez est-ce que vous vous sentez fonctionner ?

Allez on va arrêter là ; si d'autres spychologues pouvaient aussi donner leur avis.

daniele
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Re: Maintien en grande section et MDPH ?

Message par daniele » 23 nov. 2011 22:37

ouf on a réussi à se trouver j'en suis heureuse et je suis en accord avec ta réponse sauf qu'ayant bientôt 54 ans je n'ai pas la même démarche personnelle, c'est pourquoi peut être je me garantis de moi par une intellectualisation, chacun son truc. Cependant la connaissance spécifique à ma formation constitue un moyen pour moi de cadrer les relations aux collègues, de le professionnaliser en fait et d'évacuer ainsi le parasitage lié aux relations "humaines", je démystifie aussi parce que les psy c'est jamais anodin pour nos interlocuteurs.
Quant aux collègues, j'ai la même impression que toi et en général de l'ensemble des intervenants spécialisés dans et hors l'école mais il faut faire avec. ils sont casse pied quand ils s'écoutent parler déguisés en psy.
oh oui je m'analyse en terme de fonctionnement, c'est plus aisé que de me juger tout le temps, par exemple, si je me dis que je fonctionne parfois en coups de gueule (ça t'étonne ?) c'est mieux que de me dire que j'ai un sale caractère parce que ceci ou cela d'une part (d'ailleurs j'ai du caractère et pas sale caractère) et ensuite, ça me permet de repérer les moments où je commence à m'énerver et d'enrayer le processus. Pas besoin de comprendre quoi que ce soit (puis un bon coup de gueule, quel plaisir !), suffit d'analyser le fonctionnement : tu passes du psychanalyste au comportementaliste. Dans ma fonction , je mobilise toutes les approches théoriques, je comprends dans le sens où tu l'entends ('ce qui veut dire j'analyse le fonctionnement émotionnel et ses répercussions) et j'analyse le fonctionnement cognitif. L'institution veut une analyse du fonctionnement, elle veut des choses simples qu'on peut caser, administrer.
bon au plaisir, sincèrement j'aurais plaisir à discuter avec toi, tu peux m'envoyer message sur ma messagerie ici je crois
bon courage

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