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Message par AVD » 20 oct. 2007 17:45

Bonjour,

Un père me demande mon accord pour faire participer à l'ESS une enseignante en retraite, donnant bénévolement des cours particuliers à sa fille, ce à quoi je m'oppose fortement, l'intention de cet homme étant d'avoir un contrôle absolu pour tout ce qui concerne la scolarité de sa fille. Il a parlé à l'enseignante référente, d'un décret l'autorisant à inviter cette enseignante. Êtes-vous au courant ? Et suis-je dans mon droit en m'opposant à la présence de cette personne ?
Cordialement.
AVD

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 20 oct. 2007 21:59

Lors de la réunion de l’Equipe de Suivi de la Scolarisation, les parents de l’élève peuvent être assistés par une personne de leur choix ou se faire représenter. (Décret 2005-1752 relatif au parcours de formation d’un élève présentant un handicap - Art 7)...
l'intention de cet homme étant d'avoir un contrôle absolu pour tout ce qui concerne la scolarité de sa fille
Attention !
1. intention --> procès d'intention ? (qu'en savez-vous ?)
2. contrôle absolu --> c'est son droit ! (même si ça relève plus d'un fantasme que de la réalité)

Ne pas répondre à une maladresse par une autre maladresse...
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

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Message par AVD » 21 oct. 2007 08:20

Bonjour,

J'ai toujours eu du mal à accepter qu'un parent d'élève me dicte ce que je dois faire au sein de ma propre classe, surtout lorsqu'il s'agit d'injonction et non d'échange. Lorsque l'on se trouve face à quelqu'un qui est dans la toute puissance, qui est dans le déni concernant le handicap de son enfant, alors qu'il s'agit d'un handicap lourd, qu'il faut modifier son emploi du temps pour respecter ses exigences, subir une pression quotidienne (vis à vis de l'école, de l'établissement et de l'élève), il me semble que l'on peut être en droit de penser que certaines limites ne doivent pas être franchies et de rappeler que nous nous trouvons dans l'impossibilité, parfois, de répondre à l'ensemble des exigences de chacun. Il ne s'agit pas d'un procès d'intention, mais d'un constat.
Donc l'enseignante en retraite, qui fait travailler cette élève chez elle, en individuel, il me semble un peu déplacé qu'elle soit présente lors de l'ESS. Là situation est extrêmement compliquée, est à mon sens, ça surajouterait à la difficulté. Le problème n'est pas la présence de cette personne en elle-même, le problème réside dans le fait que la famille fait une comparaison systématique entre ce que l'élève réalise en individuel et ce qu'elle fait en classe. Et la famille refuse d'entendre que l'on ne se situe absolument pas sur le même plan. Je préfère donc que chacun reste à sa place, afin de ne pas tout mélanger.
Est-ce vraiment un tort?
Et pouvons-nous nous opposer (psy scolaire, directrice, référente et enseignante de la CLIS) à la participation de cette personne à l'ESS en donnant nos propres arguments.
Cordialement.
AVD

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 21 oct. 2007 09:44

Il me semblait que le texte - qui s'applique à tous - était clair...

Il ne s'agit pas de faire valoir des arguments en amont mais, au cours de l'ESS, d'argumenter... Le référent est là pour gérer ce genre de difficultés.

Quant à "la toute puissance" des parents, elle peut être réelle, elle n'en reste pas moins un système de défense et de protection. Comme le fait, pour les enseignants, de ne pas vouloir de la présence de l'enseignante retraitée à l'ESS...

Je complète : lors d'une ESS autour d'un gamin avec autisme, la famille est venue avec la grande prêtresse de TEACCH à la française comme conseil. Cette dernière a totalement bouffé la réunion, dictant (au sens propre) à l'enseignante et à l'AVS ce qu'il y avait lieu de mettre en place pour le gamin dans la classe. Tout le monde est sorti liquéfié de la réunion.
À la réunion suivante, référente, enseignante, AVS et itinérante avaient construit un projet pour le gamin, ne tenant pas nécessairement compte des injonctions familiales, mais en référence aux instructions officielles. Recadrée par un discours très professionnel, la famille (et surtout "la grande prêtresse") a mis pédale douce, et un travail commun a pu se mettre en place.
1. Etre débordé à un moment ne signifie pas l'être toujours. 2. Se cantonner dans un professionnalisme strict est souvent payant.

Rien de facile là-dedans (ce fut même très violent), mais ça a le mérite d'avoir été tenté sans ou malgré les a priori et d'avoir donné (quelques) fruits.
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

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Message par AVD » 21 oct. 2007 15:56

Je viens de lire votre réponse et je comprends parfaitement ce que vous dites et je vais, même si je me suis mal fait comprendre, dans ce sens.
Je ne suis pas réfractaire à la présence de cette personne ; je suis simplement en colère contre quelqu'un qui ne nous fait pas confiance et qui, par ses actes, met tout le monde en porte à faux. Nous sommes au clair quant à notre rôle au sein de l'école, le problème n'est pas là.
Par ailleurs, je ne suis pas convaincue que la présence de tous les intervenants extérieurs aux ESS soient une bonne chose (hors éducation nationale, hors domaine social, para-médical, médical...). Sachant, en outre, que cette personne s'est montrée très agressive à notre égard et se permet de porter un jugement sur ce que nous avons mis en place (parce qu'elle a enseigné il y a quelques années dans cette même classe et que, de son temps, ça n'était pas comme ça et que nous ne savons pas y faire...). Vous parliez de procès d'intention hier...
Je suis extrêmement favorable au travail en équipe, car je ne vois pas comment il pourrait en être autrement, je mets toujours en avant lien, cohérence et cohésion, car ils sont moteurs, à mon sens, d'un projet commun où chacun travaille avec des compétences qui lui sont propres, mais je suis farouchement opposée à l'application d'injonctions et d'ordres qui ne sont pas discutés en équipe, qu'ils viennent des parents ou d'autres personnes. Je vous assure que nous travaillons chaque ESS en amont pour essayer de dire les choses de manière à ne blesser personne, mais les dire tout de même. L'objectif étant toujours de veiller au bien être de l'enfant et à ce qui est le plus adapté pour lui en matière de scolarisation. Mais là, la famille n'entend pas, devient agressive lorsqu'on ne répond pas favorablement à sa demande. C'est épuisant. Et la première à en souffrir, c'est l'enfant qui ressent toutes les tensions générées par cette situation. On en arrive, après avoir tenté de respecter un nombre incroyable de précautions pour préserver l'élève, à dire : eh bien, puisque la famille le souhaite, allons-y. Et on verra bien. Si ça passe, tant mieux et si ça ne passe pas, tant pis. Sauf que lorsqu'on parle de "ça", il s'agit d'un élève, d'un enfant. Et que ça va totalement à l'encontre de ma manière de fonctionner que de permettre qu'un enfant se retrouve en souffrance, surtout lorsqu'en équipe, on avait anticipé la réaction. C'est donc plus compliqué que la simple présence d'une personne dans une ESS. Mais tout est lié. Et ce que nous vivons ressemble à du harcèlement. Je sais que les parents sont maîtres de la scolarité de leur enfant. Nous sommes, quant à nous, maîtresses et maîtres au sein de nos classes. Un cadre existe, il me semble primordial de le respecter ; ce qui n'exclut pas de faire du lien, d'échanger.
Cordialement
AVD

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