Au secours : nomination en IME

Ou établissements de même type : IMPro, etc. (option D)
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Buchet
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Au secours : nomination en IME

Message par Buchet » 19 oct. 2004 14:52

Bonjour !

J'ai été nommée en AIS option D à l'IME au Havre et étant PE sans aucune formation, j'aimerais vous poser des questions pour y voir plus clair. Concrètement, j'aurai une classe avec des 16/20 ans d'un niveau "CP et encore" (sic) présentant une déficience intellectuelle moyenne à profonde avec éventuellement des troubles du comportement.

Mes questions :

Que veut dire "déficience intellectuelle moyenne à profonde" ? quelles manifestations ? quelles activités ?

Qu'entend-on par "troubles du comportement" ?

Que proposer à des ados de 16/20 ans (j'ai plutôt l'habitude des 3-5 ans !!!) ?

À quoi faire attention pour ne pas se "planter" ?

Est-ce que moralement, c'est dur ou pas ?

Où trouver des ressources pour les cours ?

En gros : comment gérer sans formation ???


Merci pour toutes vos réponses !
S Buchet

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 19 oct. 2004 19:35

Bonsoir,

Bon courage, donc...

Daniel donnera certainement des réponses plus précises à vos questions très concrètes.

En première urgence :
- le site de Muriel Duplessy, particulièrement la page "Exercer en CLIS/UPI/IME" : http://perso.wanadoo.fr/m.duplessy/exercerclisupi.htm
- le "Guide d'évaluation des élèves de CLIS" : http://ecolcircoutances.free.fr/telecha ... oc_ais.pdf
- le "Guide d'aide à la construction de l’identité professionnelle de l’enseignant exerçant sur des postes spécialisés relevant de l’option D du CAPSAIS" : http://perso.wanadoo.fr/m.duplessy/Guide_D.PDF
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

Roland

Message par Roland » 20 oct. 2004 03:24

Bonjour, je vais répondre sommairement à tes questions pour faire face dans l'urgence à la réalité des situations que tu devrais rencontrer. Avec un peu de temps et de lucidité, les nombreux sites, auteurs et collègues devraient t'aider à te former pour travailler efficacement sans "se griller" dans l'AIS.
Que veut dire déficience intellectuelle légère et profonde : La norme de l'OMS propose une définition (à connaître) qui révèle rarement les compétences en terme d'adapatation sociale, de communication et de relation des sujets, il s'agira pour toi d'identifier ces compétences afin d'articuler ton action dans leur réseau et d'envisager des situations permettant d'accroitre leur mobilisation. Un travail d'évaluation diagnostique au delà de il sait, il sait pas, mais qui permet de saisir la globalité de la personne. C'est dans ce cadre et en partenariat (avec, privilège des IME, une équipe au fait des projets des sujets et des instances de concertation et de décision).
"TCC" : manifestations parasites nombreuses et perturbatrices, instabilité, dispersion, conduites agressives !!! Vocable qui désigne une pathologie psychiatrique (partenaire ?). Dans la classe, ce sont souvent des manifestations dont l'enjeu dépasse le cadre de la classe. Cependant ces manifestations sont souvent un symptôme d'autres réalités que des situations pédagogiques réactivent. La contractualisation avec le sujet d'objectifs et d'une démarche permet souvent d'atténuer (l'évaluation des situations et le partenariat sont souvent des clefs) ces troubles. Le travail "en classe" peut proposer une nouvelle dynamique.
La questions des supports d'apprentissage est fonction des projets individuels et donc bien sûr des centres d'intérêt, des ressouces et moyens institutionnels disponibles. Certaines situations de maternelle adaptées au public en termes de compétences mises en oeuvre sont certainement pertinentes. Ne pas perdre de vue que les usagers (quelle que soit leurs problématiques) ont aussi les préoccupations de leur classe d'âge. Attention à l'infantilisme et aux manifestations parasites, privilégier des situations d'adaptation sociale (faire varier l'étayage)...
Pour ne pas se planter, il s'agit de mettre en oeuvre des qualités d'observation et d'organisation, d'adhérer au principe d'éducabilité, d'inscrire son action dans un projet global (partenariat), préserver une distance réflexive sur sa pratique, c'est à dire pouvoir lui donner du sens et des perspectives pour un service rendu de qualité (un IME est un établissement de soins à prix de journée, qui bénéficie dans certains cas de personnels EN dans son équipe).
Est-ce que moralement c'est dur ? C'est le "boulot", avec des jours meilleurs que d'autres mais aussi l'opportunité de travailler en équipe, de mettre en place des projets individuels, de découvrir une autre façon de travailler avec des jeunes très différents les uns des autres.

Pour les cours, tu peux trouver des propositions intéressantes avec l'internet ou des outils écoles à "bricoler" mais, une fois encore, le plus important est que tu saches clairement à qui tu as à faire et que tu choisisses (quitte à réajuster) des objectifs modestes collectifs et individualisés (accessibles). Je crois sincèrement que, une fois tes élèves mieux connus (besoins, difficultés mais aussi compétences, appétences....), l'établissement mieux connu aussi (projets en cours, moyens,collaboration et partenariat possible, la question de savoir que faire ? que préparer ? sera plus simple.
Ton action s'inscrit dans des allers retours "théorie" concertation/ pratique que des lectures, des échanges devraient enrichir ... et plus si affinité :-) CAPASH option D
Bon courage, ça va aller très bien. On peut en reparler si tu veux. Cordialement. Roland

Invité

Message par Invité » 14 mars 2005 18:54

Bonjour, je suis instituteur en IME sous contrat avec l'Etat (ADAPEI), de plus c'est la première fois que je participe à un forum sur internet, alors pardon pour mes fautes de frappe et mes phrases (vive le support papier).
J'aimerais connaître ta reflexion personnelle sur le monde du handicap, maintenant que tu as bien entamé l'année avec tes élèves.
Si je me permets de te poser une telle question, c'est parce que j'ai pu constater plusieurs différences dans l'approche de la pédagogie à l'égard des enfants et adolescents déficients entre mes collègues du public (peut être un peu trop proches des programmes) et notre manière pédagogique mais teintée également d'une approche éducative dans laquelle nous ne pouvons pas faire l'économie de l'affectivité tout en restant professionnels. (sujet constant de discussion dans l'équipe constitutée d'instit, d'éduc, de psy, AS, psychomot et ortho). Si tu veux, en plus de nous occuper de la pédagogie des personnes dont nous avons la charge, nous nous en préoccupons également ce qui, certes, empiète sur la classe mais qui est indispensable dans notre travail de pédagogue.
Thierry
PS : Je commence à échanger avec des collègues suisses et canadiens sur le thème de la pédagogie et du handicap.

Sophie C.
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Message par Sophie C. » 22 janv. 2006 14:42

Bonjour !
Ca n'est pas vraiment une réponse que je veux apporter, Buchet, mais plutôt un petit bout d'expérience personnelle. Je suis PE en IME, poste F (c'est rare... et personne ne sait pourquoi !) avec des jeunes de 14 à 18 ans déficients intellectuels légers à moyens avec troubles du comportement associés... J'ai atterri là il y a 3 ans, sans formation spécialisée... La seule différence avec toi, c'est que je l'avais demandé pour échapper aux postes éclatés qui sont le lot des enseignants débutants...
Evidemment, je me suis posée les mêmes questions que toi.
Je n'ai pas forcément trouvé toutes les réponses, mais j'y suis encore, et j'envisage la formation pour l'an prochain ! La preuve que c'est supportable (même si certains jours je rêve d'une GS de maternelle de centre ville :D !)
Pour moi, la plus grande difficulté, c'est d'être constamment tiraillée entre le confort du programme avec ses notions bien identifiables et ses exercices systématiques sensés leur faire maîtriser le a / à... et... la REALITE ! (où le a / à n'a généralement pas sa place... ). J'ai commencé à fonctionner comme avec une classe normale... ou comme avec une classe tout court... sauf que, même lorsqu'ils ne sont que 7 ou 8, ça n'est pas une classe ! Il n'y a aucune homogénéité, et il est impossible d'ignorer leurs problématiques, leurs troubles du comportement, leurs blocages psychologiques... Dans un sens, on travaille beaucoup plus comme en maternelle, avec des jeunes qui ont des niveaux de socialisation très différents, et les comprétences transversales tiennent une très grande place !
Alors bien sûr, j'essaie de baser le travail que je propose sur les programmes... de situer plus ou moins les jeunes dans un niveau, ou tout du moins dans un cycle... mais un même jeune peut avoir un niveau cycle 3 en technique opératoire et avoir une lecture fluide, et dans le même temps avec des compétences en compréhension ou en résolution de problème de début CP, et une production d'écrit de fin de grande section maternelle ! De plus, ils peuvent avoir de grandes difficultés à travailler en groupe, à rester silencieux (ou au contraire à s'exprimer...), à tenir assis plus d'un quart d'heure et à gérer leur matériel scolaire...
De plus, pour beaucoup, l'école est synonyme d'exercices écrits sur un cahier... C'est à la fois ce qu'ils détestent (parce que ça les a mis en échec) et ce qu'ils veulent, par désir de normalité... et bien souvent, quand on leur propose quelque chose d'un peu différent, ça explose...
Donc nous avons essayé différentes choses. Avec ma collègue également non spécialisée, nous nous sommes réparties les matières entre littéraire et scientifique, "façon collège"... Nous avons créé un journal des élèves qui est notre principal outil de production d'écrit. Nous avons créé des ateliers artistiques en collaboration avec les éduc spé et les éduc techniques, de façon à travailler ensemble (ce qui pour les jeunes - et pour nous ! - a apporté une certaine cohérence...) Nous montons chaque année un projet "institutionnel" avec tous les professionnels de l'IME : l'an dernier sur le thème de la 2nde guerre mondiale et le racisme, cette année sur l'environnement... (travail par groupes... films, visites... projets de réalisations, lesquelles sont effectivement réalisées en collaboration avec les éducateurs techniques).
Au final, nous travaillons tous ensemble (tous les jeunes et tous les adultes) une demie journée par semaine. Ca n'est pas un moment facile, car le cadre est beaucoup plus dur à tenir dans ce genre de travail qu'en classe... Mais c'est enrichissant pour eux, et peu à peu (les résultats sont lents !) ils s'inscrivent un peu plus dans les projets et s'investissent dans ce genre de travail.
Alors voilà... ce n'est peut-être pas très académique de dire qu'il faut ignorer les programmes, mais il me semble qu'on ne peut pas travailler en IME sans prendre en compte l'aspect éducatif... Je pense que tout ce travail autour de l'expression et du "travailler ensemble" est beaucoup plus utile à ces jeunes que des leçons de grammaire ou d'orthographe. Bien sûr, il reste plein de moments où nous faisons de la lecture, de la grammaire ou de la résolution de problème, adaptées au niveau de chacun. Mais je pense que l'aspect transversal doit tenir une très grande place dans notre travail.
En tous cas, bon courage à toi, et si j'ai un conseil à te donner, c'est de ne pas te mettre des objectifs trop ambitieux ! Et ne pas hésiter à modifier ou laisser tomber ce qui ne fonctionne pas... C'est parfois frustrant de ne pas voir de nets progrès, tels qu'on peut les constater dans un cycle 3 ordinaire... mais si on cible bien ses objectifs, ils avancent !
Sophie

julie80
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Message par julie80 » 07 juil. 2007 11:24

bonjour à tous!

à la rentrée je serais T2 et en IMP. La répartition des classes n'est pas encore bien définie mais j'ai de grandes chances d'avoir les plus jeunes (8-12 ans) qui sont scolarisés à 2/3 du temps pour certains et d'autres à 1/3. dans cette établissement les enfants souffrent de déficiences intellectuelles faibles et de troubles du comportement. La classe que j'aurai sans doute accueille des nouveaux élèves qui sont dans la plupart des cas en rupture avec le scolaire...

j'aimerai évaluer les élèves à la rentrée, chose qui n'est pas exceptionnelle; cependant je veux éviter les évaluations trop formelles qui risquent de bloquer les enfants. Avez-vous des idées de jeux, activités qui me permettraient d'analyser le niveau de chaque élève et ainsi d'adapter mes projets?

merci d'avance pour votre aide et votre expérience.
julie
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T2 à la rentrée: IMP

Pascal Ourghanlian
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Message par Pascal Ourghanlian » 07 juil. 2007 14:05

C'est dans ma réponse, en haut de ce fil : http://ecolcircoutances.free.fr/telecha ... oc_ais.pdf
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

julie80
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Message par julie80 » 12 juil. 2007 10:54

Merci beaucoup pour votre réponse !
J'ai commencé à regarder ce document.

Sur le site Mon cartable d'IME, il est question des tests Médial et Ferreiro. J'ai cherché sur le net mais n'ai trouvé aucune information. Quelqu'un les connaît-il ?
Sont-ils révélateurs des compétences déjà acquises par les élèves en rapport avec les programmes 2002 ?
Sont-ils faciles à utiliser ?

De plus j'ai commencé à lire l'enfant et la peur d'apprendre de Serge Boimare. Quels autres livres me permettraient de mieux comprendre le public d'IMP pour adapter au mieux ma pédagogie?

Merci d'avance de vos réponses,
Cordialement
julie
PE2 amiens
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T2 à la rentrée: IMP

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