Des difficultés d'une maman

Questions générales sur les formations à l'enseignement spécialisé.
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sylvie gronzio
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Des difficultés d'une maman

Message par sylvie gronzio » 14 avr. 2008 19:38

Bonjour,
Je n'appartiens pas au corps enseignant mais je suis maman d'une fillette de 10 ans qui rencontre de grosses difficultés pour entrer dans la lecture et l'écriture.
A l'âge de cinq ans, elle a fait des crises convulsives et un foyer d'épilepsie a été diagnostiqué. Il est à noter qu'avant ses convulsions, elle commençait à lire et à écrire et ne rencontrait pas de difficultés particulières. A ce jour, elle n'a plus de traitement médical mais reste suivie par le CMPEA de MEZE (Hérault) et bénéficie de l'assistance d'une AVS en classe (CE2) à l'école élémentaire de BOUZIGUES. A ce jour, nous avons renouvelé la demande d'AVS pour l'an prochain mais n'avons pas de réponse et avons quelques inquiétudes quant au maintien de ce poste. De plus, une classe ayant été définitivement supprimée à l'école de BOUZIGUES, nous aurons, à la rentrée prochaine, des classes à double niveau à environ 25 élèves par classe. Lors de la dernière équipe éducative, il m'a été indiqué que le cas de ma fille ne pouvait relever d'une CLIS car son QI est trop élevé. Pour les ITEP, on m'indique 2 ans d'attente au minimum. Si le poste de l'AVS n'est pas renouvelé, je dois dire que je ne vois pas bien ce qu'il est possible de faire pour permettre à ma fille de suivre sereinement une scolarité. Je me permets donc de m'adresser à vous suite à un article paru dans l'Humanité Dimanche afin que vous m'indiquiez s'il existe d'autres solutions. J'ai bien conscience que ce forum s'adresse à des professionnels de l'enseignement, mais notre désarroi face à cette gigantesque machine qu'est l'éducation nationale est grand et j'ai malheureusement le sentiment aujourd'hui que si un enfant n'est pas rigoureusement formaté, il est voué inexorablement à l'exclusion. Vous remerciant par avance de l'attention que vous porterez à ce message, je vous adresse mes plus sincères salutations.

Sylvie GRONZIO

Pascal Ourghanlian
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Re: DES DIFICULTES D'UNE MAMAN.

Message par Pascal Ourghanlian » 14 avr. 2008 20:04

À chaque département, sa politique...
... Certes. Mais il existe cependant quelques règles d'application nationale !

Pour mémoire :
ITEP :
Les instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques accueillent les enfants, adolescents ou jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques dont l’expression, notamment l’intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages. Ces enfants, adolescents et jeunes adultes se trouvent, malgré des potentialités intellectuelles et cognitives préservées, engagés dans un processus handicapant qui nécessite le recours à des actions conjuguées et à un accompagnement personnalisé
Donc : troubles du comportement → difficultés psychologiques / à la socialisation et / aux apprentissages

CLIS :
Les CLIS 4 accueillent prioritairement des élèves présentant une déficience motrice. Toutefois, ce n’est pas la seule déficience motrice qui justifie l’orientation en CLIS, mais bien les besoins particuliers (fatigabilité, lenteurs et difficultés d’apprentissages qui y sont associées) qui font pencher pour le choix d’un dispositif collectif d’intégration offrant une plus grande souplesse. La gravité de l’atteinte motrice, l’existence de pathologies associées ne constituent pas, en elles-mêmes des contre-indications. Il est également possible de proposer l’orientation vers une CLIS 4 à un élève dont les difficultés d’apprentissage, en liaison avec une maladie chronique ou invalidante, peuvent nécessiter un aménagement du rythme des apprentissages.
Donc : troubles moteurs et/ou maladie chronique ou invalidante

À la réponse qui vous est faite : oui à l'ITEP, non à la CLIS, j'aurais tendance - sous réserve de mieux connaître la situation de votre fille - à répondre l'inverse : non à l'ITEP, oui à la CLIS 4.

Les CLIS 4 de mon département accueillent, parmi d'autres, des élèves sur le seul critère de l'épilepsie, stabilisée ou non, avec conséquences importantes sur les apprentissages.

Vérifiez s'il n'existe pas de telles CLIS dans l'Hérault, et si votre fille ne pourrait pas en relever.
Cordialement,
Pascal Ourghanlian

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Re: Des difficultés d'une maman

Message par Daniel Calin » 15 avr. 2008 10:58

Je confirme l'appréciation de Pascal : votre fille, telle que vous la décrivez en tous cas, ne relève absolument pas d'un ITEP et elle y serait certainement très malheureuse. Je ne comprends même pas qu'on puisse songer à une telle orientation, que je vous conseille, en tout état de cause, de refuser.

Son absence de déficience intellectuelle exclut effectivement son orientation vers une CLIS1, sauf s'il existe dans votre département une CLIS1 "dyslexiques" : même si c'est pour d'autres raisons, votre fille a des problèmes scolaires similaires à ceux des enfants qualifiés de "dyslexiques". Ces CLIS "dyslexiques" sont parfois classées CLIS1, parfois classées 4, selon les départements. Ce serait probablement l'orientation idéale pour votre fille. Sinon, effectivement une CLIS4 "ordinaire" : les pathologies motrices y sont parfois bien lourdes, mais en principe les enfants y présentent également un potentiel intellectuel "normal".
Cordialement,
Daniel Calin

benedicte
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Re: Des difficultés d'une maman

Message par benedicte » 15 juin 2008 21:11

Bonsoir,
je tombe par hasard sur votre message.
J'enseigne depuis 4 ans en ITEP et effectivement les places libres sont rares !!
Je ne connais pas assez bien votre département mais ce que je peux vous dire en ce qui concerne les ITEP, est que malheureusement le seul moyen de parvenir à une place à la rentrée est, une fois la notification MDPH obtenue, de ne pas hésiter à les appeler, rencontrer le médecin psychiatre, l'assistance sociale de l'établissement etc.....
Les inscriptions (en tout cas chez nous) se font souvent au cas "le plus urgent", faites leur donc savoir que le votre l'est tout particulièrement.
D'autre part, peut-être peuvent ils accueillir votre enfant à temps partiel ???
Si vos démarches n'aboutissent pas tout de suite, ne perdez pas courage, la loi va peu à peu s'adapter et nous espérons bien pouvoir prendre en compte tous les enfants qui en ont besoin le plus vite possible car pour les professeurs spécialisés, des situations comme la votre restent toujours frustrantes.

Bon courage

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