Médicalisation de l'échec scolaire

Questions concernant la politique générale et l'organisation générale des enseignements spécialisés.
Répondre
titcamisol
Visiteur
Visiteur
Messages : 1
Enregistré le : 21 avr. 2006 17:47

Médicalisation de l'échec scolaire

Message par titcamisol » 21 avr. 2006 20:22

Ci dessous une dépêche AFP à pleurer, si, si,

J'ai peur d'y lire l'avenir, et vous ?

Jeudi 20 avril 2006

Echec scolaire: souvent des causes médicales, selon le Dr Olivier Revol

"J'ai compris pourquoi tu ne pouvais pas": c'est l'adage de base du Dr Olivier Revol à tous les enfants en situation d'échec scolaire qu'il reçoit dans son cabinet de l'hôpital neurologique à Lyon, et à qui on répète à l'envi "quand tu veux, tu peux".

Une attitude positive et une reconnaissance médicale des problèmes - tant vis à vis des enfants que de leurs parents et des enseignants - que le Dr Revol explique dans un livre qui vient de sortir "Même pas grave, l'échec scolaire, ça se soigne" (Lattès), alors que ce problème touche environ un enfant sur quatre.

Confronté quotidiennement à "des parents au bout du rouleau", il explique à l'AFP que "l'échec scolaire peut avoir des causes médicales qu'on n'a plus le droit de rater", plaidant pour "un dépistage le plus tôt possible" car, selon lui, lorsqu'un jeune est "bien dans sa tête", il est "bien dans son école".

La France était très en retard dans la lutte contre l'échec scolaire jusqu'à la publication, en 1999, du rapport de Jean-Charles Ringard, qui propose la mise en place de "centres de référence du trouble de l'apprentissage", pour évaluer les enfants avec des troubles sévères, former tous les intervenants et diminuer "les erreurs pédagogiques graves".

Dans son livre, le Dr Revol part de cas concrets pour décrire toutes les situations des enfants en difficulté à l'oral et à l'écrit, mettant un nom sur chaque cas et indiquant des "pistes à suivre" pour "repérer les signaux d'alerte" et "prévenir l'échec scolaire avant qu'il ne soit trop tard".

On peut distinguer les "enfants dys", qui sont confrontés à un problème de dyslexie (écrit), dysphasie (parole), dyspraxie (gestes), les dépressifs, les hyperactifs, les précoces, les victimes de TOC (trouble obsessionnel compulsif) et les dysharmoniques, des "enfants bizarres et déroutants".

Il s'agit d'un travail global qui s'intéresse à l'enfant et à ses parents, mais également aux enseignants. "Pour combattre la souffrance des enfants", écrit le Dr Revol, il faut "aussi ausculter leur carnet scolaire" et "pour les soigner", il faut "avant tout les réconcilier avec l'école".

Tous les enfants - de 3 ans pour des troubles de langage à 18 ans pour des troubles scolaires - qui arrivent dans son service passent d'abord par un "bilan instrumental" des outils d'apprentissage. Pour ceux qui "voudraient apprendre, mais qui n'y arrivent pas", des tests vont permettre de "dégager certaines pathologies spécifiques" comme les anomalies de la vision, de l'audition ou la déficience intellectuelle.

Après ce premier stade, "on ouvre un second tiroir", explique Olivier Revol, lorsque "l'enfant a les outils pour apprendre, mais qu'il ne s'en sert pas". On étudie alors "l'origine psychologique" de ces problèmes.

Une fois le diagnostic établi, généralement en une semaine, toute l'équipe soignante se réunit pour faire un bilan qui sera présenté aux parents et à l'enfant, puis transmis aux enseignants.

Résolument optimiste, le Dr Revol affirme que si "on ne guérit pas de la dyslexie, on doit guérir des conséquences de la dyslexie sur la scolarité" en prenant comme exemple ces problèmes de lecture, les plus largement répandus chez les jeunes.

Un optimisme partagé par des médecins et des enseignants qui sont de plus en plus nombreux à le contacter et à le faire venir pour présenter son travail.

clairea
Animateur
Animateur
Messages : 260
Enregistré le : 12 oct. 2005 08:58

Message par clairea » 23 avr. 2006 21:26

Plus qu'un avenir, ce texte est dans l'air du temps et pourrait même sembler ringard ;) ou pas assez innovant :)

Le débat sur la médicalisation de l'acte d'apprendre est vivement lancé et j'espère qu'il ne cessera d être passionné.

Une simple question si facile mais pourtant lancinante quand je parcours les projets de prévention à tout va...

Pourquoi éprouve-t-on autant le besoin, la nécéssité urgente de trouver une étiologie scientifique à tous nos maux ... et à ceux de nos élèves... ?

Le bénéfice de cette mise en catégorie 'simpliste' mais 'scientifique' n'est sûrement pas très loin de nos consciences et de nos idéaux malmenés...

Répondre